19/03/2010
Ch. 22 f/g - LES AMIS D'AILLEURS - Chine et Indonésie
Récit détaillé d’un long cheminement de recherche
d’une vérité sur la motivation d’exister
et la valeur de nos croyances
__
Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes
Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.
http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00...
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Propos d’un octogénaire provenant
d’un milieu foncièrement chrétien,
élevé dans cette foi et en ayant bénéficié
de tous les avantages, mais subi les contraintes,
et qui a consacré les dix années
qui viennent de s’écouler à
s’interroger sur les motivations d’exister
et la valeur des croyances.
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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog
d'environ 25 pages, deux fois par semaine.
Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte
pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur
qui fera défiler les repères entre petites accolades { }
situés au début de certains paragraphes
et ainsi trouver rapidement un passage
suivant les repères { } situés en début de chapitre.
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(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)
AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d’apporter de l’espoir à ceux qui sont « un genou à terre » parce qu’écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir, en leur communiquant l’enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante de l’espoir. Il a permis à l’auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu’il l’a perdu, malgré les avatars d’une vie particulièrement douloureuse et difficile. Les faits sont scrupuleusement exacts et les nombreux témoins ou acteurs cités qui en ont pris connaissance, peuvent en témoigner s’ils sont encore en vie. D’autre part, cette « impudeur » des sentiments lui ont cependant été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.
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Compte-rendu détaillé des réunions inter-cultures avec l’essentiel de l’histoire de ces pays mis à jour :
22f. - La Chine {7}
Ô multitude racée
Comme un flot de sang immense
S'écoulant toujours intense
Sur nos terres épouvantées.
Ô grand peuple jaune en marche
Comme les vagues de l'arche
Qui s'enroulent en très longs flots
De la mer toute en sanglot.
Ô multitude gigantesque,
De plénitude « myrmiesque »,
Si vieux peuple du fond des âges,
Vous amassez les noirs nuages
De votre grande immensité
Sur notre monde épouvanté
.-----
{7} Le 27 janvier 1984, nous avons eu la grande chance de bénéficier d'un conférencier de choix en la personne du Chinois Edmond Tang, collaborateur et chercheur à Lumen Vitae (Centre international d'étude et de formation religieuse).
Il était de toute évidence l'ambassadeur idéal pour présenter la Chine, cet immense pays : orateur routinier et cultivé, maîtrisant parfaitement notre langue, il percevait avec une grande ouverture d'esprit toutes les contradictions de deux cultures d'autant plus éloignées l'une de l'autre qu'elles se compliquent aujourd'hui de l'opposition entre libéralisme et totalitarisme.
Avec grande finesse et diplomatie, il parvint à mettre l'accent sur tous les éléments de symbiose à exploiter pour rapprocher deux philosophies aussi contradictoires.
Nous fûmes conquis ... La salle était accrochée à des lèvres qui chantaient le parfum de tièdes rizières, les petites rues sous le soleil, le friselis des sandales sur la terre battue des ouvriers, artisans et paysans, en bleu du labeur ... et le murmure feutré des vestes de femmes ondulant sur un pantalon de toile « Mao », plus à la gloire de la révolution que de leurs charmes ... Et surtout, survolant tout cela dans les ruelles, l'insouciance éternelle des cris d'enfants heureux ...
Notre conférencier, avec talent, nous révéla deux faces peu connues de la Chine actuelle dont on ne présente généralement que la fourmilière industrielle, citadine ou ... militaire. Le pays profond est tout autre : moins gagné par le communisme, il reste attaché à ses traditions ancestrales.
Originaire de ces régions éloignées des centres urbains, Edmond Tang nous fit pénétrer dans un monde attachant de gens simples que le communisme effleurait sans trop le déformer.
Personne n'ignore, surtout maintenant, depuis son ouverture à notre monde occidental, que cet immense pays d'une superficie valant à peu près celle du continent européen (9.596.960 km2), habitée par environ un milliard trois cent vingt-cinq millions d'habitants (un homme sur quatre à cinq est chinois), recherche désespérément le compromis qui lui permettrait d'intégrer dans son système totalitaire la libre entreprise qui nous réussit si bien.
Sa préhistoire remonte très loin dans celle de l'humanité. Il semble que les premiers humains qui pratiquèrent l'agriculture plutôt que la chasse, la pèche ou l'élevage, proviendraient des plaines fertiles des bassins du fleuve jaune. Certains auteurs pensent que les premiers chasseurs-cueilleurs et éleveurs de l'humanité se seraient sédentarisés dans cette région fertile en y pratiquant la culture du sol associée à l'élevage.
Ce pas en avant énorme de l'homo sapiens-sapiens fut à l'origine d'un grégarisme de masse favorisant une agglomération de population avec l'éclosion de « Grands Chefs » à la tête d' « États » puissants, succédant aux bandes ou petits groupes d'individus nomades existant jusqu'alors.
Ce phénomène de regroupement sous une autorité suprême fut une des caractéristiques des populations chinoises qui dès le Néolithique se rassemblèrent en entité à caractère national (empires, États militaires pour défendre les frontières) avec un leader devenu rapidement potentat avec pouvoir de vie et de mort sur ses sujets.
Les frontières actuelles de la Chine ont parfois reculé jusqu'à la Corée et le Vietnam et son influence s'est ressentie, à certaines époques, jusqu'au Japon, à la Mongolie, au Tibet, à l'Iran, à l'Inde, ainsi qu'à l'Asie centrale et du Sud-Est (Indonésie, Philippines, Indochine) en s'approchant suffisamment du monde hellénique et plus tard islamique pour expliquer certaines concordances avec les croyances judéo-islamiques ou chrétiennes.
Il semblerait qu'on peut remonter à la fin du troisième millénaire (avant la civilisation du bronze) pour retrouver déjà des traces sérieuses d'une dynastie néolithique du nom de Xia.
Des vestiges de civilisations autocratiques existent datant de la seconde moitié du deuxième millénaire avant J.C. Les fouilles des sites Shang ont révélé des techniques avancées comme l'attelage de deux chevaux, les bases de l'écriture chinoise, une économie agricole complétée par l'élevage tandis que les seigneurs se réservaient la chasse. Cette civilisation était du type seigneurial avec un roi et sa parenté qui s'attribuaient les fonctions nobles (activités militaires, économiques ou religieuses limitées au culte des ancêtres du roi).
Comme partout ailleurs, le pouvoir religieux se développa en suscitant l'éclosion des premières activités culturelles dont l'écriture et les arts entraînant ipso facto le développement d'une élite intellectuelle influente manipulant l'autorité en place.
La défense des frontières de ces populations établies devint une priorité à cause de la menace permanente des tribus nomades de Mongolie ou autres voisins qui cherchaient à s'emparer de biens dont la sédentarité favorisait l'accumulation et le développement. Ces hordes de pillards étaient d'autant plus dangereuses qu'elles se dotèrent très tôt de cavalerie qui se déplaçait rapidement et combattait efficacement.
C'est une des raisons qui poussa les autochtones à se protéger de ces incursions équestres dévastatrices en élevant dès 500 avant J.C. une muraille d'abord primitive faite de talus de terre et de fossés, puis plus tard de briques et de pierre de taille enserrant un mélange de terre et de pierrailles élevé en murs épais, avec chemin de ronde au sommet.
Sa longueur dépasse 5.000 kilomètres, si on tient compte qu'elle suit les accidents du terrain et que son tracé a parfois été modifié et doublé au cours des siècles. Il est large d'environ cinq mètres, pour permettre d'y ménager à son sommet une voie de circulation permettant sa surveillance, son entretien et même son usage en tant que voie de passage. Il est doté de tours de guet, de créneaux, de bastions pour abriter la garde, et ... de tour à fumée d'alarme d'avertissement en cas d'attaque ...
L'édification d'un ouvrage aussi important nécessita un effort considérable de la population chinoise asservie par les régimes féodaux de certaines grandes dynasties (Qin, Han, Sui, Ming)
Les menaces extérieures de voisins agressifs, dangereux, mobiles, organisés en hordes efficaces furent les plus importants facteurs d'unité de la Chine qui connut cependant une interruption de près de deux siècles dans la pérennité de son histoire lors de l'invasion mongole de Temudjin (devenu, en 1206, Gengis Kan ou le Khan universel) et de ses successeurs qui se répandirent sur une bonne partie de l'Asie centrale et de l'Asie mineure jusqu'aux confins de l'Europe qu'ils menacèrent dangereusement.
Une dynastie mongole s'implanta, marquée des événements suivants : mort de Gengis khan en 1222 - élection de son fils Ögödeï en 1229, de ses petits-fils Batu en 1242 et Kubilai en 1274.
Quant à leurs conquêtes, signalons : Pékin et la Manchourie en 1215 - les bords de l'Indus en 1221, l'Iran en 1231, Moscou en 1238, Kiev en 1240, Anatolie (Turquie d'Asie) en 1243, l'Irak en 1258, mais échec contre les Mamelouks d'Egypte en 1260 et le Japon en 1274.
Les Mongols s'implantèrent, dès 1279, en Chine en conquérants et ce ne fut qu'en 1368 qu'un rebelle parvint à les renverser provoquant l'éclosion de la dynastie des Ming,
Pour bien situer l'époque, rappelons que l'Europe était déchirée par les problèmes religieux qui la divisaient et affaiblie par la peste noire (apparue, dès 1331, dans une Chine diminuée par les pillages mongols, puis dans toute l'Europe et une partie de l'Asie ainsi que dans le bassin méditerranéen)
Evoquons également l'incursion asiatique du père et de l'oncle de Marco Polo qui fréquentèrent la cour de Kubilai en 1265 et en ramenèrent une lettre pour le pape. Ils y retournèrent, en 1275, avec Marco Polo qui les accompagna pour dix-sept ans de service à la cour du khan.
De son séjour en Chine, Marco Polo écrira un livre resté célèbre « Le livre des merveilles », tellement dithyrambique de la vie à Pékin, que ses contemporains le considérèrent plus comme une belle œuvre de fiction que comme un récit authentique.
Marco Polo s'étendit davantage sur le confort, surprenant pour l'époque, qu'il retirait d'une ville bien organisée (poste, pompiers, voirie, hôtels, papier-monnaie, marchés) tout en profitant des plaisirs d'une cour fastueuse. Cependant, par souci de vérité historique, il faut rappeler que ce luxe citadin et de cour était subordonné au résultat de la pression exercée sur des régions surpeuplées et pauvres que les hordes mongoles saccageaient et opprimaient régulièrement.
On ne peut évoquer la pensée chinoise sans parler de Confucius qui vécut peut-être aux environs des années cinq cents avant J.C (s'il a vraiment existé). En fin de compte, il ne reste actuellement qu'un salmigondis de propos et de textes, qu'il n'est pas facile de lui attribuer ni d'en trouver l'origine.
Cependant, son nom et les effets de son rayonnement marquèrent profondément la Chine et certains de ses voisins (Japon, Corée, Vietnam...) par la propagation d'une certaine philosophie humaniste privilégiant un modèle de morale personnelle dite « junzi » qui se détache de celle dictée par la naissance et l'éducation pour se tourner vers ce qu'inspirent le cœur et l'esprit.
Cette évocation, trop succincte, ne cerne que de très loin ce que représente le personnage, ainsi que la philosophie, les écoles, disciples, et littérature qui se sont bâties sur et autour de lui. Monsieur Tang s'efforcera de mieux cibler ce courant de pensée religieuse dans l'exposé sur le bouddhisme qu'il nous donnera plus tard, le 25 octobre 1985.
Enfin, pour être complet, ajoutons qu'il semblerait, d'après certains auteurs, que Confucius aurait réuni dans le « Shu » (le livre) une centaine de documents qu'il aurait retenus de la compulsation des trois plus anciens livres qui faisaient autorité dans l'antiquité (Shu jing, Shi jing, Yi Jing). La vérité historique restera difficile à établir, en raison des nombreuses persécutions, destructions, incendies qui firent disparaître la plus grande partie des écrits.
Comme pour tout maître à l'origine des grands principes de la pensée humaine, des disciples, des écoles et des branches foisonnèrent et prétendirent étoffer ou continuer son enseignement tels Mencius, idéaliste (-372-289), Xunzi, matérialiste et rigoriste (-300-220), Yang Zhu, égoïste sans morale (vers -350)...pour ne citer que les plus proches de cette époque.
On ne peut se pencher sur l'histoire de la Chine sans évoquer le célèbre empereur Qin Shi Huangdi (259-210 av. J-C.) fondateur de la première dynastie impériale et son armée en terre cuite. Unificateur de l'empire, mais impitoyable tyran (il fit exécuter les lettrés, détruire les livres et exiler 125.000 familles aristocratiques, provoquant la fin définitive de la féodalité chinoise)
Il instaura un pouvoir autocratique centralisateur (administration impériale tyrannique, suppression des murailles intérieures au profit de la « grande muraille » en maçonnerie, unification de l'écriture et des poids et mesures, division de l'État en 26 « jun » administrés par un préfet et un gouverneur militaire surveillés par un surintendant dépendant de l'empereur, système pénal impitoyable etc.
C'est en mars 1974 que des paysans découvrirent enfouie dans le sol une armée de 6.000 guerriers en terre cuite peinte. Ils avaient été placés là en ordre de bataille comme pour défendre le mausolée. Dés 1925, des statues et des débris de celles-ci avaient été retrouvés çà et là autour du tumulus. Il semblerait qu'aucune tête ne soit identique afin d'assurer une plus grande vérité à leur représentation. Suivant certains auteurs anciens plus de 700.000 hommes furent « mobilisés » et certains « éliminés » pour réaliser l'ensemble du site.
Edmond Tang et son épouse étaient accompagnés de leur ravissante petite fille : famille souriante, simple, chaleureuse d'idéal élevé de partage ; ils nous firent percevoir la valeur élevée de l'âme chinoise et la profondeur cachée d'une population réduite au silence (à cette époque) par un régime qui s'efforçait au moyen d'un communisme rigoureux à la dure et d'une politique sévère de limitation des naissances de maîtriser sa surpopulation et son manque de ressources.
L'incompétence des politiques de l'époque à gérer la production agricole conduisit à l'échec les premières tentatives d'augmenter le rendement en négligeant les règles élémentaires d'assolement des sols, ce qui ne fit qu'aggraver la situation et plongea le pays dans la plus profonde misère malgré l'aide de son voisin soviétique.
Notre conférencier, avec dignité, s'efforça de les passer sous silence, s'attachant surtout à bien nous pénétrer de la vie simple, subtile et intelligente d'un peuple que l'histoire n'a jamais épargné.
Il nous parla de deux villages ou bourgades d'où il provenait : l'un agricole et l'autre élevant le ver à soie.
Nous avons suivi les hommes et les femmes dans les champs qu'ils cultivaient avec les moyens archaïques que leur industrie naissante n'avait pas encore été capable de remplacer.
Les diapos nous révélèrent des enfants peu nombreux et propres, des bœufs arc-boutés sur des charrues primitives, des dos arrondis dans des champs étroits et maigres cultivés par une population laborieuse, fataliste et soumise...
L'autre vision toute aussi surprenante nous fit découvrir une petite cité artisanale produisant de la soie, avec ses petites entreprises familiales d'élevage du « bombyx mori » et de la culture du mûrier, dont les feuilles sont la seule nourriture de cet insecte.
Notre amie coréenne Agnès nous a raconté qu'au début de son mariage, elle avait logé chez ses beaux-parents, propriétaires terriens, gros sériciculteurs et les nuits blanches qu'elle avait endurées tellement le bruit des mandibules de milliers de chenilles, rangées sur des claies, rongeant des feuilles de mûrier était lancinant, immense et angoissant. Elle a gardé de ces souvenirs une telle terreur que la simple vue de vers quels qu'ils soient la fait fuir avec de grands cris de terreur, ce qui nous amusait beaucoup quand elle nous aidait dans notre jardin de Meux.
Autre détail pittoresque à relever, révélateur de la valeur intellectuelle d'une certaine Chine profonde, sera celui de grands tournois d'échec opposant les champions du coin que des assistants reproduisent sur un grand échiquier peint sur le pignon de la plus haute maison et qui est tenu à jour au moyen de figurines accrochées représentant les pièces en jeu déplacées au fur et à mesure des coups. Ces joutes sont suivies avec passion par tout le village et chacun ira de son commentaire sur la tactique à développer.
La famille Tang obtint un très grand succès et fut la meilleure ambassadrice qui soit auprès de notre public conquis et convaincu de l'avenir fantastique de cette immense nation, grâce à sa politique actuelle de rationalisation et de discipline culturelle.
Nous avons terminé la soirée avec le devenu traditionnel thé, au jasmin pour l'occasion, ce qui permit la formation de petits groupes animés partageant l'unanimité de leur enthousiasme pour ce monde tellement méconnu et décrié.
°°°°°
22g. - L'Indonésie {8}
Tu es le berceau des hommes
Aux silences du passé :
Pithécanthrope trouvé
Bien loin d'Adam et la pomme.
De tes îles éruptives
Sans cesse bourgeonnantes
Les mers sorties captives
Des entrailles grondantes,
Déchireront le ciel,
De malheur et de fiel.
Grand peuple de misère,
Attaché à ses mers,
Implore toujours tes dieux
Pour qu'ils t'épargnent bien mieux.
{8} Notre ami Michel qui, on s'en souvient, préparait un doctorat en anglais à l'université néerlandophone de Bruxelles, nous avait présenté son « maître de thèse », Josèphe Hus, directeur du centre météorologique de Dourbes dans les Ardennes, qui se lia d'amitié avec notre famille. Intéressé par notre démarche, il devint un des plus enthousiastes participants à nos réunions, dénichant parmi ses étudiants étrangers des présentateurs de qualité.
C'est ainsi qu'il nous mit en relation avec Condradus Danisworo, qui présenta le 24 février 1984, son pays : l'Indonésie.
L'Indonésie est le plus grand archipel du monde. De 1.919.440 km² de surface (avec la Nouvelle Guinée occidentale qui fait partie du continent australien), elle est constituée de 17.508 îles dont environ 6.000 ne sont pas habitées et comptait 222.600.000 habitants en 2004 (quatrième pays le plus peuplé du monde après le Chine, l'Inde et les USA). Capitale et plus grande ville : Jakarta.
C'est la zone volcanique la plus active du globe (130 volcans en activité) : tremblements de terre et tsunamis fréquents (celui du 26 décembre 2004 a fait près de 200.000 morts).
C'est un gros producteurs de riz, après la Chine et l'Inde, mais, en période de sécheresse, comme c'est la principale nourriture de ses habitants, il est forcé d'en importer.
Cette graminée produite essentiellement en Asie exige un énorme labeur humain, beaucoup de chaleur et d'eau, et n'est rentable que dans des contrées à forte densité de main-d'œuvre bon marché.
Elle présente aussi le gros avantage de ne pas exiger d'assolement (alternance de culture) comme le blé : on peut cultiver le riz en rizières inondées sans discontinuer jusqu'à obtenir deux récoltes annuelles pendant des décennies (même des siècles) sans appauvrissement des sols.
Le riz blanc que nous consommons est d'un rendement faible de 50 à 60 kilos pour 100 kilos de grains bruts ou « paddy ». Son faible prix dans nos régions est dû au coût misérable de la main-d'œuvre locale, sinon cette denrée serait un luxe sur nos tables.
Les îles principales de cet archipel sont : Java et ses satellites Madura et Bali, ensuite Sumatra et enfin le groupe des îles de Bornéo, Célèbes, Moluques et l'ouest de la Nouvelle Guinée qui fait partie du continent australien.
Java est devenu célèbre, en 1891, suite à la découverte à Trinil par le paléontologue néerlandais Eugène Dubois d'un fragment de crâne qui devait appartenir à un de nos ancêtres, qu'il nomma Pithecantropus erectus et que l'on considéra comme le « chaînon » manquant entre les Primates et l'Homo sapiens.
L'archipel indonésien regroupe un grand nombre d'autochtones de races, de cultures et de langues différentes. Comme souvent, c'est la colonisation qui fait l'unité d'un pays et en l'occurrence celle des Hollandais, surtout au dix-septième siècle, dans un but principalement commercial (c'était l'époque de l'enrichissement par les épices : un gramme de clou de girofle valait plus qu'un gramme d'or).
Ce n'est qu'à la suite de la faillite de la Compagnies des Indes Orientales, au dix-neuvième siècle, lors du « puputan » (suicide collectif) de 1910 et du livre révélateur de Vicky Baum « Sang et volupté à Bali », que le gouvernement hollandais d'abord et puis la Couronne batave s'efforcèrent d'imposer une politique sociale et éducative plus humaine, interrompue malheureusement par la seconde guerre mondiale.
Autre fait marquant à signaler, l'influence de l'Islam qui s'y introduisit en douceur en s'adaptant harmonieusement aux coutumes, imité par la suite par les bouddhistes chinois. A la fin du treizième siècle, Marco Polo signalera déjà l'émergence de régions islamisées dans le nord de Sumatra. Et dès le quinzième siècle, on relèvera la création des premiers États musulmans à Java, avant leur expansion générale au seizième siècle
Les Portugais avec Vasco de Gama en 1498 apparaîtront en Inde avec la prise de Goa en 1510 ainsi qu'en Indonésie, la même année, avec la conquête de Malaka. Il est intéressant aussi de signaler l'arrivée de Magellan aux Philippines en 1521.
Cependant l'incursion des Portugais fut de courte durée et profita aux musulmans déjà bien implantés : cette « conquête chrétienne » dérangeante favorisa l'expansion de l'Islam mieux intégré et bien adapté aux coutumes locales tout en symbolisant l'opposition à l'envahisseur portugais.
De nos jours, cette population considérée habituellement comme musulmane (officiellement 87%) ne l'est que superficiellement . Confrontée à une quantité de croyances de toutes sortes, en raison de la multiplicité des races et des cultures qui s'y rencontrent, elle a trouvé plus habile et plus sage de se donner une constitution de « compromis déiste » appelée « Pancasila » où il n'y a pas de place pour l'athéisme, chacun vénérant le ou les dieux qu'il veut dans une pratique et une tradition musulmanes.
Les Hollandais, grands commerçants et grands voyageurs s'étaient introduits dès 1600 pour y installer des « comptoirs » dont la célèbre « Compagnie des Indes orientales ». Anglais, Français et Japonais firent de même.
Cependant les agents de la compagnie hollandaise bien organisés et habiles finirent par s'implanter en tirant adroitement profit des conflits qui ne cessaient d'opposer princes, seigneurs, sultans et manants du coin.
S'appuyant sur les autorités locales, ils créèrent un réseau bien organisé de cellules villageoises avec chef de village élu par les paysans ou d'entités citadines surtout portuaires de marchands et commis prospères.
L'unification religieuse, linguistique et administrative d'une population aussi hétéroclite ne put se réaliser qu'à la faveur de facteurs liés à la montée d'un Islam bien intégré, tolérant et adapté aux coutumes locales, comme déjà signalé, mais aussi d'une extension linguistique du malais (à la base de l'actuel indonésien) qui sera imposé dans les écoles, le tout étant couronné par une gestion administrative dure des Néerlandais.
De la Révolution à l'Empire, l'Europe connaîtra des bouleversements de régime suivis de nombreux changements de monarque et modifications de frontières. Louis Bonaparte deviendra roi des Pays-Bas (1808) et les Anglais, maîtres des mers, opèreront un blocus de l'île. En 1811, ils rattacheront le comptoir néerlandais au gouvernement général des Indes anglaises pour le restituer en 1814, après la chute de Napoléon, sous certaines conditions dont le maintien de Singapour sous la bannière britannique.
Dès 1830, les Pays-Bas revenus dans leur ancienne colonie imposent un régime sévère de colonisateur avec le « kultuurstelsel » ou régime des cultures : contrôle par les autorités de l'exploitation des produits d'exportation et abandon au gouvernement d'un cinquième des terres et d'un cinquième du temps de travail de chacun.
La création du canal de Suez réduira les distances et les colons néerlandais afflueront (ils seront près de 75.000 en 1900) avec des fortunes diverses en raisons des aléas inhérents à ce genre d'exploitation (maladies, chute des cours de matières premières, modernisation des installations).
Pressée par l'opinion publique mondiale, la Hollande accordera l'indépendance au pays le 17 août 1945, mais ne sera effective qu'en 1949 avec Soekarno comme premier président du pays. Il s'efforcera de maintenir l'unité du pays menacée par le conflit entre religieux et communistes.
Elle éclatera cependant en 1965, lors de la révolution du commandant la garde de Sukarno, Untung, qui prétendit déjouer un coup d'État. Le général Soeharto, commandant les réserves générales de l'armée, écrasera cette tentative de prise de pouvoir des communistes en leur faisant une chasse génocidaire (500.000 à 1.000.000 de morts) alimentée par la haine des musulmans pour les athées rouges. Soeharto force Soekarno à lui transférer le pouvoir.
Avril 1997, crise financière asiatique et crise économique. Les émeutes à Jakarta, en 1998, provoquent la démission de Soeharto.
Comme si ça ne suffisait pas, ce douloureux pays fut encore victime d'attentats perpétrés par des musulmans fanatiques inspirés d'Al-Qaïda qui frappèrent Bali, surtout le 12 octobre 2002 dans la ville de Kuta, en y faisant 202 morts et 209 blessés dont une majorité d'Australiens.
Cependant espoir quand même avec les premières élections démocratiques en 1999 et la première élection présidentielle au suffrage universel en 2004.
Notre conférencier, Contradus Danisworo, était un maître-danseur, art subtil et raffiné très en vogue dans les milieux cultivés des « Îles ». Il nous fit une démonstration étonnante et pleine de charme de son talent, accompagné de quelques musiciens recrutés par l'ambassade d'Indonésie.
Monsieur Tobing, ministre plénipotentiaire d'Indonésie, répondit aux questions qui fusaient de partout, montrant l'intérêt et l'attachement que notre public apportait à ce grand et valeureux pays.
Les employés de l'ambassade nous gâtèrent en nous présentant un film magnifique « L'aurore du monde », superbe document sur l'histoire de « l'homo » que révèle l'île de Bali et en nous servant ensuite un thé indonésien accompagné de « tchata » (sorte de biscuit).
°°°°°°°
09:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, muraille, gengis kan, peste noire, marco polo, confucius, qin, soie, bombyx muri, échecs, indochine, archipel, volcans
16/03/2010
Ch. 22 d/e - LES AMIS D'AILLEURS - Le Liban et le Maroc
Récit détaillé d’un long cheminement de recherche
d’une vérité sur la motivation d’exister
et la valeur de nos croyances
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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes
Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.
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Propos d’un octogénaire provenant
d’un milieu foncièrement chrétien,
élevé dans cette foi et en ayant bénéficié
de tous les avantages, mais subi les contraintes,
et qui a consacré les dix années
qui viennent de s’écouler à
s’interroger sur les motivations d’exister
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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog
d'environ 25 pages, deux fois par semaine.
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situés au début de certains paragraphes
et ainsi trouver rapidement un passage
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(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)
AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d’apporter de l’espoir à ceux qui sont « un genou à terre » parce qu’écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir, en leur communiquant l’enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante de l’espoir. Il a permis à l’auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu’il l’a perdu, malgré les avatars d’une vie particulièrement douloureuse et difficile. Les faits sont scrupuleusement exacts et les nombreux témoins ou acteurs cités qui en ont pris connaissance, peuvent en témoigner s’ils sont encore en vie. D’autre part, cette « impudeur » des sentiments lui ont cependant été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.
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Compte-rendu détaillé des réunions inter-cultures avec l’essentiel de l’histoire de ces pays mis à jour :
22d. - Le Liban n> {5}
Liban des Phéniciens,
Navigateurs anciens,
Fondateurs de Carthage,
La patrie d'Hannibal.
Liban des cèdres antiques
Enfouissant leurs racines
Dans le sable des portiques
De luttes intestines.
Grand peuple voyageur
Qui proclame au prétoire
Les souvenirs vengeurs
De ses plaies d'histoire.
Dans le passé lointain,
Au creuset des humains,
Sommeillent toujours les traces
De l'éveil de nos races.
{5} Quand nous avons commencé nos rencontres, nous avions prévu de nous en tenir à cinq séances par an, en saison d'hiver, les derniers vendredis des mois d'octobre et de novembre, ainsi que de janvier, février et mars.
La saison prit donc fin avec la réunion de mars et ne recommença que le 28 octobre 1984, avec notre ami libanais, Oussama, étudiant en médecine qui habitait avec ses frères juste en face de chez nous, au quatrième étage d'un complexe de huit appartements.
Garçon d'une grande maturité, due aux épreuves subies dans un pays exsangue et déchiré par les conflits entre Israël et ses voisins, il nous avait conquis ainsi que nos fils qui l'interpellaient par les fenêtres de nos deux immeubles se faisant face dans la rue.
Devenu vite un habitué de la maison, en avons-nous passé de moments agréables en conversations-confidences sur les grands problèmes et déchirements de cette région-clef, berceau de nos civilisations, abcès toujours virulent, inguérissable, de nos conflits philosophiques et religieux !
Nous interpellant, il expliquera pourquoi lui, chrétien maronite, s'était converti à l'Islam, alors que ses frères et ses parents restaient fidèles à la religion de leur milieu. Il nous avait convaincus du bien-fondé de ses arguments, dans un contexte de lieu et de circonstances. Idéaliste pur, il défendait ses convictions avec une chaleur enthousiasmante, attendrissante aussi.
Quel étonnant pays que ce Liban, étroit territoire de la taille d'un grand département français ; mouvante destinée que celle de cette petite nation, lieu des origines de l'histoire du monde hébraïque, islamique et chrétien, que des courants politiques divergents ont bouleversé depuis 1975, et qui se trouve sous la menace permanente d'une dislocation proche de l'anéantissement.
Pauvre petit coin de terre que des voisinages agressifs et turbulents ont perturbé depuis toujours en l'occupant et l'asservissant, qui ne dut son salut qu'à l'étonnante faculté d'adaptation et de délocalisation qui a toujours caractérisé son peuple, contraint de subir et mourir ou s'éloigner pour revenir.
Avec sa foi de néophyte d'un Islam pur, notre ami Oussama aurait aimé faire comprendre à des chrétiens le bien-fondé d'un autre message aussi valable que le sien quand il est compris dans son sens fondamental.
Cependant, par délicatesse et respectueux de la sensibilité de son auditoire, il s'en abstiendra et se contentera de commenter les images merveilleuses d'un film primé à un festival du film du tourisme français.
Un autre film aussi surprenant, intitulé « Liban, terre des hommes », mettra en valeur toute la richesse culturelle d'une région de plateaux, montagnes et vallées que l'histoire a privilégiée, véritable creuset d'échange culturel entre les grandes confessions monothéistes du monde.
Belle région au climat de côte d'azur dans beaucoup d'endroits avec culture de la vigne, de l'olivier, des bananiers et des orangers mais aussi du blé et des pommiers dans la Beqaa (plaine de 120 km. de long sur 8 à 15 de large, entre 500 et 800 mètres d'altitude, très fertile mais très disputée par les belligérants depuis 1975.)
Ses riches voisins arabes, surtout à partir de 1968 jusqu'au conflit de 1975, apprécieront la douceur et le pittoresque de ses plateaux montagneux en y venant nombreux, touristes avides de fraîcheur, contribuant ainsi à sa grande prospérité.
Rappelons aussi ce que nos livres d'histoire nous ont enseigné sur Baalbek, (Baal Beqaa = le seigneur de la Beqaa) ancienne Héliopolis, en bordure de la Beqaa dans laquelle vivaient les adorateurs de Baal et où Salomon aurait construit un temple
Le Liban est un des endroits du monde dont le voisinage multiculturel est des plus variés et des plus spectaculaires qui soit. Avant 1975, il y avait 17 communautés religieuses : des maronites ( sous l'autorité du patriarche d'Antioche, rite d'influence latine, reconnaissant le pape ; ils sont environ 700.000 actuellement au Liban avec le syriaque comme langue liturgique) ; des grecs orthodoxes et catholiques ; des arméniens orthodoxes, catholiques et protestants ; des syriens orthodoxes ou jacobites, des syriens catholiques ou syriaques ; des chaldéens catholiques uniates (reconnaissant le pape, mais conservant leurs rites et organisation), orthodoxes ou nestoriens (de l'hérétique Nestorius) ; des latins, chrétiens arabes rattachés à Rome ; des musulmans (surtout chiites, ensuite sunnites, druzes, alaouites, ismaéliens (Syrie) et enfin des israélites à Beyrouth.
En ce qui concerne les orthodoxes, rappelons qu'ils se sont séparés de Rome dès avant le schisme d'Orient de 1054. Leur désaccord porte sur trois points : l'infaillibilité du pape et son autorité, l'immaculée conception de la Vierge qui est considérée comme une innovation doctrinale inutile et un désaccord « Byzantin » sur la trinité appelé le filioque (et du fils), l'Esprit saint procédant du Père et du Fils selon Rome et non du Père par le Fils selon les orthodoxes (sic). Rappelons aussi qu'ils admettent le divorce des civils et le mariage des prêtres, s'il a eu lieu avant le diaconat (dernière étape avant la prêtrise).
Depuis 1975, le pays fut ravagé, déchiré par les nombreux conflits qui n'ont pas cessé de l'appauvrir et de le désorganiser, provoquant l'exode (surtout des chrétiens) vers tous les pays du monde. Les musulmans en resteront les plus nombreux (60 %)
A l'époque où Oussama fit son exposé, des événements politiques graves déchiraient son pays-martyr. En 1982, les forces israéliennes (opération Paix en Galilée) avaient occupé une partie du Liban pour repousser les Palestiniens avec lesquelles ils étaient et restent en conflit permanent, les forçant à s'opposer aux alliés syriens de ceux-ci. Le 21 août 1982, une force multinationale viendra au secours des Libanais en s'efforçant de pacifier la région au détriment des israéliens qui s'étaient interposés.
En 1983, s'ouvriront des négociations israélo-libanaises, sans concertation avec la Syrie, aboutissant au traité de Naqoura (17 mai 1983) qui fut dénoncé par la suite (en février 1984) sous la pression d'une fraction libanaise partisane de la Syrie, si bien que l'opération « Paix en Galilée » fut inutile pour les Israéliens qui par la suite durent se replier jusqu'à une bande de sécurité.
La FINUL (Force Interimaire des Nations Unies au Liban) a été créée en mars 1978 par les résolutions 425 et 426 des Nations Unies. Elle comprenait 4.000 hommes au départ et devrait en compter 15.000 dans l'avenir dont la moitié d'Européens. Sa mission consistera à appuyer les 15.000 soldats de l'armée libanaise pour former une zone tampon entre le Liban et Israël.
Tout cela réveille en mon souvenir les conversations intéressantes (en confidence) que nous avons eues avec Oussama sur cet abcès de la politique mondiale et sur ce traité de Naqoura (entre Israël et le Liban) et le président chrétien libanais Gemayel qui l'avait conclu... Très gentil et idéaliste, notre ami tentait de minimiser les tensions et d'expliquer le bien-fondé de toutes les positions...
Il nous dira aussi le drame de sa famille, deux de ses frères que nous connaissions bien, partageaient l'appartement avec lui, alors que ses parents et le plus jeune des fils restaient au Liban. Il se souciait beaucoup de l'avenir de ce jeune frère, presque analphabète, qui n'avait pu faire d'études dans cet environnement perpétuellement bouleversé par les conflits.
Nous terminerons la soirée, en conversations animées autour d'un thé libanais, délicieusement sucré, accompagné de « makroun » et « awamat », spécialités de son pays que sa maman, en séjour chez lui à cette époque, avait préparées à cette occasion.
°°°°°°°
22e. - Le Maroc {6}
Magrib al aqsa,
Qu'un djinn embrassa
En soupirant de ferveur
Pour ses beaux sables rêveurs.
Maroc, prosterné, tout en chant
Vers Allah, au soleil couchant,
Après l'appel des muezzins
Qui sortent des hauteurs voisines.
L'Africain, bâtisseur d'empires
Entouré de chefs qui conspirent
Offrit à la France un joyau
De gloire et de rois conquérants,
Devant lui comme des agneaux
Malgré la fierté de leur rang.
Et toi, désert saharien,
Peuplé des seuls bédouins,
Trop grande immensité brûlante,
Aux caravanes nonchalantes,
Tes oasis, ouvertes aux cieux
Sont fraîcheur et cadeau des dieux.
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{6} Notre fils Patrick, après son cycle du secondaire, avait entrepris des études d’optométrie (partie de l’optique qui concerne la correction de la vision). Il s’était lié d’amitié avec un condisciple d’origine marocaine, Abdel, qui ne tarda pas à devenir un ami de la maison.
Bel athlète, souriant, serviable et gentil, il nous accompagnait pratiquement tous les week-ends dans notre propriété de la campagne, où il nous aidait à terminer la grande « véranda » qui couvrait la piscine et ses abords.
C’était un de ces jeunes venus dans notre pays rejoindre son frère, tentés tous deux par « l’eldorado » européen, et qui s’était arrangé pour obtenir une bourse d’étude des autorités belges.
Très jovial et ami de mon fils, il eut l’art de s’insérer adroitement dans notre « tribu » d’une douzaine de personnes (lui, Agnès, Michel et leurs enfants, ma mère, nous deux, nos filles et l’un ou l’autre de nos fils et neveu quand ils n’étaient pas occupés ailleurs).
Fort d’un équipage de deux voitures dont un «break version familiale » avec remorque, nous émigrions, chaque week-end et congés, vers cet éden qu’était devenu notre havre de Meux,
Mon épouse régentait tout cela avec son habituelle maîtrise, sa gentillesse et un don de l’organisation qui l’a toujours caractérisée.
Considérées avec le recul du temps, nous devons avouer que nos relations avec Abdel sont difficiles à analyser avec objectivité. Fut-il sincère dans son amitié ? Ne profita-t-il pas des idéalistes « bonasses » que nous étions malgré nous ?
En confidence, ne suggéra-t-il pas à Agnès d’en « profiter » ce qui, pour le moins, manquait « d’élégance » à notre égard !
Et puis surtout, il y a cet étonnant incident du prétendu décès de sa mère qu’il nous annonça avec un réel chagrin dans la voix. Nous compatîmes et le soutînmes affectueusement.
Plus tard, mon épouse rencontra son frère que nous ne connaissions pas, qui, scandalisé, déclara : « Ma mère vit toujours, il raconte n’importe quoi pour se faire remarquer».
Devant mon clavier, je pense à lui et n’arrive pas à lui en vouloir. Je revois sa bonne tête bouclée de méditerranéen, son sourire si franc pourtant et me rappelle les bons moments que nous avons eus ensemble. J’en avais fait un ami qui m’aidait beaucoup dans nos travaux d’aménagement de notre véranda-piscine et d’entretien d’une propriété de près d’un hectare.
Pourquoi avait-il raconté cette histoire ridicule de la mort de sa mère, alors qu’il savait que nous finirions par rencontrer son frère qui habitait la région ? Était-il mythomane ou mendiait-il tellement l’affection qu’il en « inventa » ce drame pour trouver une intimité affectueuse qu’il ne connaissait pas et qu’il « enviait » quand nous la prodiguions à notre entourage familial ?
Quand nous lui proposâmes de présenter le Maroc, le 25 novembre 1983, il paniqua, ne se sentant pas assez cultivé pour se défendre lors des questions que ne manquerait pas de lui poser son auditoire.
Je le rassurai en lui suggérant de l’aider en posant moi-même de nombreuses questions dont nous conviendrions des réponses à l’avance.
Nous préparâmes un certain nombre de sujets que nous répétâmes ensemble. Ce fut parfait, il se débrouilla en vrai conférencier. Cependant, à une question que je lui tendais en perche salvatrice d’une toute simple venant de la salle, il fut pris de panique, ne se souvenant plus de son texte. Il me regarda avec des yeux désespérés, comme s’il voulait que je lui souffle la réponse …
Et puis, ça lui revint … et toujours en me regardant : « Ah, oui … » comme le potache qui se rappelle un texte. Je dus me pincer le nez pour ne pas rire. C’était cocasse, le subterfuge était dévoilé. … Mais attendri et indulgent, personne n’en souffla mot.
Le Maroc, pays du soleil couchant, (Magrib al-‘aqsa) s’est, selon les meilleurs auteurs, développé progressivement à partir de colonies phéniciennes qui y établirent des comptoirs dès la moitié du cinquième siècle avant Jésus-Christ.
Dangereusement menacée par Carthage lors des guerres puniques (souvenons-nous d’Hannibal qui avait franchi les Alpes avec des éléphants), Rome s’imposera finalement ainsi que dans le reste de l’Afrique du nord, > contribuant au développement de la partie méditerranéenne du pays qui s’étendra progressivement à l’intérieur du continent africain.
A la fin du troisième siècle de notre ère, Rome en crise perdit son hégémonie et la région entra dans une période noire, abandonnée à la domination de ses chefs berbères.
Du VIIème au XVème siècle, l’Islam s’imposa progressivement en soumettant et convertissant les tribus berbères qu’ils enrôlèrent dans leurs armées parties à la conquête de l’Espagne, victoires et défaites se succédant (ainsi Tolède fut reprise en 1085 par les chrétiens).
Pendant tout le quinzième siècle, les troupes ibériques (Espagnols et Portugais) ne cesseront de harceler les Arabes avec des fortunes diverses ce qui ne fit qu’augmenter le sentiment religieux qui favorisait l’unité et l’opposition à l’étranger. Ce mysticisme suscita des débordements de foi allant jusqu’au maraboutisme, (vénération d’anachorètes considérés comme des saints).
De 1912 à 1925, le Maréchal Lyautey, un des grands hommes français, celui qu'on appela "Lyautey, l'Africain" et le "bâtisseur d'Empire", réussira à imposer son pays malgré l'opposition de ses voisins espagnols et portugais et l'action du rebelle Abd-el-Krim dans le rif.
Je me souviens que tout gamin, nos maîtres parlaient du grand Français à nous petits Belges comme d'un personnage de légende qui avait été un des plus précieux artisans de la francophonie méditerranéenne.
Son action déclencha un puissant mouvement d’émigration de 40.000 de ses compatriotes (de 1919 à 1922). Par la suite, la politique de la France connut des fortunes diverses en colonisant les régions rurales où s’installèrent des « Européens » avec des méthodes de conquêtes militaires qui mécontentèrent les populations locales.
En novembre 1942, les Américains débarquèrent dans le pays pour appuyer les alliés. Roosevelt rencontra le sultan du Maroc (en 1943 à Anfa) et encouragea le nationalisme marocain. C’est ainsi que la France se retrouva seule pour défendre sa position aux Nations Unies, face à l’Espagne et aux états arabes et asiatiques musulmans qui encourageaient son indépendance.
Acculé par la guerre d’Indochine (mai 1954) et l’insurrection algérienne (1er novembre 1954), le gouvernement français fut forcé d’accorder l’indépendance au Maroc (2 mars 1956) tout en se réservant difficilement quelques privilèges.
Sa population atteint maintenant 30 millions d’habitants, avec une extension urbaine mettant en danger son équilibre démographique (trois cents agglomérations urbaines et 13 millions de citadins dont trois millions à Casablanca et un million à Rabat, capitale politique et administrative )
L’émigration (un million deux cent mille résidents à l’étranger) est un phénomène important qui conditionne l’économie du pays par l’apport de devises et les échanges culturels qu’elle génère.
Les richesses naturelles ne sont pas très importantes, en dehors du phosphate dont le sous-sol contient les plus riches réserves du monde.
L’histoire du Maroc sera marquée par la personnalité de ses souverains qui oeuvrèrent magistralement à sa démocratisation et son indépendance : Mohammed V (1909-1961) sultan de 1927 à 1953 et grand allié de la France en 40-45, déposé par elle de 1953 à 1955 parce qu’il réclamait l’indépendance que, réhabilité, il obtint en 1956 (il fut proclamé roi en 1957) ; Hassan II (1929-1999) lui succédera en 1961 ; il sera un artisan de l’unité autour du trône en combattant le front Polisario qui cherchait à rendre le Sahara indépendant.
Le 30 juillet 1981, après les émeutes tragiques de juin, le roi Hassan II s’engagera à modifier la constitution en réduisant les pouvoirs de la monarchie en la rendant plus constitutionnelle (sous-entendu moins théologique de droit divin).
Son fils aîné, Mohammed VI, né en 1963, qui lui succèdera en 1999 à sa mort, se fera remarquer, dès le début de son règne, par de nombreuses mesures de réconciliation avec l’opposition (libération du cheikh islamiste Yassine, retour de l’opposant Serfati et des enfants de Ben Barka, indemnisation des victimes de tortures, écartement du dur ministre de l’intérieur Basri). Il parviendra en outre à rallier le monde extérieur à sa politique d’assainissement et de développement tout en affaiblissant l’opposition du front Polisario.
Ce mouvement restera toujours la grande pierre d’achoppement à la politique d’unification du territoire défendue par tous les monarques et dirigeants du Maroc à l’encontre de ce front de plus en plus puissant qui milite pour une reconnaissance internationale du territoire saharien en une seule nation la « République arabe sahraouie démocratique »
Son action déclencha un puissant mouvement d’émigration de 40.000 de ses compatriotes (de 1919 à 1922). Par la suite, la politique de la France connut des fortunes diverses en colonisant les régions rurales où s’installèrent des « Européens » avec des méthodes de conquêtes militaires qui mécontentèrent les populations locales.
En novembre 1942, les Américains débarquèrent dans le pays pour appuyer les alliés. Roosevelt rencontra le sultan du Maroc (en 1943 à Anfa) et encouragea le nationalisme marocain. C’est ainsi que la France se retrouva seule pour défendre sa position aux Nations Unies, face à l’Espagne et aux états arabes et asiatiques musulmans qui encourageaient son indépendance.
Acculé par la guerre d’Indochine (mai 1954) et l’insurrection algérienne (1er novembre 1954), le gouvernement français fut forcé d’accorder l’indépendance au Maroc (2 mars 1956) tout en se réservant difficilement quelques privilèges.
Sa population atteint maintenant 30 millions d’habitants, avec une extension urbaine mettant en danger son équilibre démographique (trois cents agglomérations urbaines et 13 millions de citadins dont trois millions à Casablanca et un million à Rabat, capitale politique et administrative )
L’émigration (un million deux cent mille résidents à l’étranger) est un phénomène important qui conditionne l’économie du pays par l’apport de devises et les échanges culturels qu’elle génère.
Les richesses naturelles ne sont pas très importantes, en dehors du phosphate dont le sous-sol contient les plus riches réserves du monde.
L’histoire du Maroc sera marquée par la personnalité de ses souverains qui oeuvrèrent magistralement à sa démocratisation et son indépendance : Mohammed V (1909-1961) sultan de 1927 à 1953 et grand allié de la France en 40-45, déposé par elle de 1953 à 1955 parce qu’il réclamait l’indépendance que, réhabilité, il obtint en 1956 (il fut proclamé roi en 1957) ; Hassan II (1929-1999) lui succédera en 1961 ; il sera un artisan de l’unité autour du trône en combattant le front Polisario qui cherchait à rendre le Sahara indépendant.
Le 30 juillet 1981, après les émeutes tragiques de juin, le roi Hassan II s’engagera à modifier la constitution en réduisant les pouvoirs de la monarchie en la rendant plus constitutionnelle (sous-entendu moins théologique de droit divin).
Son fils aîné, Mohammed VI, né en 1963, qui lui succèdera en 1999 à sa mort, se fera remarquer, dès le début de son règne, par de nombreuses mesures de réconciliation avec l’opposition (libération du cheikh islamiste Yassine, retour de l’opposant Serfati et des enfants de Ben Barka, indemnisation des victimes de tortures, écartement du dur ministre de l’intérieur Basri). Il parviendra en outre à rallier le monde extérieur à sa politique d’assainissement et de développement tout en affaiblissant l’opposition du front Polisario.
Ce mouvement restera toujours la grande pierre d’achoppement à la politique d’unification du territoire défendue par tous les monarques et dirigeants du Maroc à l’encontre de ce front de plus en plus puissant qui milite pour une reconnaissance internationale du territoire saharien en une seule nation la « République arabe sahraouie démocratique »
Le Sahara, morcelé lors des colonisations, sera toujours âprement disputé par le Front Polisario qui lutte, depuis 1966, pour l’indépendance du territoire et sa réunification en une seule entité saharienne.
Rappelons que le désert saharien s’étend sur dix millions de km² et comprend dix États (Algérie, Egypte, Libye, Niger, Mali, Maroc, Mauritanie, Soudan, Tchad, Tunisie) qu’il n’est peuplé que de bédouins nomades autour des oasis sur un territoire dont le point le plus élevé est situé à 3415 mètres ; quant au Maroc, il comprend de nombreux sommets au-dessus de 4.000 mètres, avec le point culminant de l’Afrique du nord, le djebel Toukbai à 4165 mètres.
Après de nombreuses interventions guerrières aux fortunes diverses, affaiblissant les deux parties, L’ONU parviendra à établir un plan de paix en août 1988, le Polisario étant contraint de reconnaître la supériorité militaire et la puissance de l’organisation territoriale des autorités marocaines.
Nous avions pu nous procurer pour cette séance deux films vraiment intéressants sur un pays dont l’histoire remonte très loin dans l’antiquité phénicienne, romaine ou carthaginoise.
L’un, « Villes Impériales » fut un délire de mosquées, minarets, palais de sultan, ciselures, arabesques et couleurs à couper le souffle que beaucoup connaissent maintenant avec la démocratisation des voyages et les documentaires de haute qualité diffusés à satiété par nos téléviseurs.
L’autre, « le Grand Sud vu du ciel », impressionnant de vues grandioses dans ses couleurs sahariennes, nous offrit, par le miracle du montage aérien, la vision sereine et majestueuse d’un spectacle réservé aux grands rapaces qui la survolent en planant lentement.
Notre public fut particulièrement chaleureux lors de cette réunion et le manifesta lors du thé marocain que mon épouse et mes filles leur servirent accompagnés de « mharka », délicieux gâteaux marocains que nous avions confectionnés selon une recette que la maman d’Abdel avait transmise à son fils.
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09:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : berceau civilisation, liban, beqaa, baalbeck, magrib al aqusa, carthage, hannibal, ben barka, polisario, lyautey orthodoxes, filioque, musulmans, finul
12/03/2010
Ch. 22b/c - LES AMIS D'AILLEURS - Inde et Bengladesh
Récit détaillé d’un long cheminement de recherche
d’une vérité sur la motivation d’exister
et la valeur de nos croyances
__
Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes
Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.
http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00...
-------
Propos d’un octogénaire provenant
d’un milieu foncièrement chrétien,
élevé dans cette foi et en ayant bénéficié
de tous les avantages, mais subi les contraintes,
et qui a consacré les dix années
qui viennent de s’écouler à
s’interroger sur les motivations d’exister
et la valeur des croyances.
__
Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog
d'environ 25 pages, deux fois par semaine.
Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte
pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur
qui fera défiler les repères entre petites accolades { }
situés au début de certains paragraphes
et ainsi trouver rapidement un passage
suivant les repères { } situés en début de chapitre.
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(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)
AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d’apporter de l’espoir à ceux qui sont « un genou à terre » parce qu’écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir, en leur communiquant l’enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante de l’espoir. Il a permis à l’auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu’il l’a perdu, malgré les avatars d’une vie particulièrement douloureuse et difficile. Les faits sont scrupuleusement exacts et les nombreux témoins ou acteurs cités qui en ont pris connaissance, peuvent en témoigner s’ils sont encore en vie. D’autre part, cette « impudeur » des sentiments lui ont cependant été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.
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Compte-rendu détaillé des réunions inter-cultures avec l’essentiel de l’histoire de ces pays mis à jour : {22b et c) L'inde et le Bengladesh.
22b - Les amis venus d'ailleurs : L'Inde {3}
Un enfant au bord du Gange,
C’est un joyau dans la fange.
Un enfant en rue à Delhi,
C’est un oiseau tombé du nid.
Un enfant dans les grands yeux noirs
De sa mère indienne,
C’est une perle dans le soir,
Les fleurs qui reviennent.
Un enfant, dans le temple des dieux,
Est la prière qui monte aux cieux.
{3} Le 25 février 1983, un mois plus tard, notre rencontre aborda une Inde troublante et déconcertante. Un ancien équipier de Frères des Hommes, qui avait œuvré là-bas de longues années, y avait épousé une gentille Indienne, Mathilda, qui nous conquit d’emblée.
Ils habitaient à quelques rues de chez nous : les épouses et les enfants ne tardèrent pas à se fréquenter. C’était pour nos rencontres, un relais idéal à nos amis coréens.
L’ambassade nous fournira un très beau film qui permit à l’assistance de s’émerveiller de sites enchanteurs, mais aussi de l’insolente richesse des temples et palais de maharadjah ; aussi, le film suivant, réalisé par Frères des Hommes, nous ramena-t-il à une réalité plus dure, celle d’un monde rural très pauvre, mal développé et tirant de son environnement à peine de quoi subsister.
Depuis, j’ai découvert (maintenant que les moyens audiovisuels - Internet et chaînes spécialisées en voyages et histoire - sont une fenêtre ouverte sur le monde permettant la vision de reportages d’une vérité dure et crue - ) l’étonnant pouvoir d’adaptation de la population citadine, grouillante dans son monde « d’asticot », qui survit de presque rien dans un engluement de ville intolérable pour nous ; à tel point que certains touristes n’en supporteront pas la promiscuité dérangeante, atteints qu’ils seront d’un mal grave, appelé syndrome du voyageur, à soigner en clinique avec rapatriement d’urgence.
Un de ces films m’a révulsé à en être malade alors que j’étais confortablement installé dans mon fauteuil. Avec le cameraman, on subissait le fourmillement intense des rues, misérable microbe dans l’angoisse égocentrique de la multitude des autres. C’est réduisant … humiliant … frustrant … mais surtout terrifiant … Même réfugié dans un véhicule, on étouffe, englué dans une masse qui s’écoule par spasme.
Pourtant, mon écran ne me communiquait ni la touffeur moite et fétide de l’air, ni l’ampleur du bruit et en tout cas m’évitait l’anxiété du claustrophobe que je suis.
Vision surréaliste aussi que ce Gange, charriant dans son eau boueuse toute la misère animale (nous y compris) d’un monde surpeuplé d’êtres vivants, dans une promiscuité où se côtoient riches et pauvres pour des ablutions sacrées, alors que brûlent sur les berges les restes des corps qu’on vient d’amener en grande pompe pour un autodafé rituel.
L’Inde, étonnant conglomérat de plus d’un milliard d’êtres humains, regroupés en castes des plus riches et puissantes aux plus misérables,… jusqu’aux parias, … ceux qui n’ont pas le droit, eux, d’être « un humain »,… ceux qu’on désigne du vocable révoltant d’« intouchables », … qu’on écrabouille sans souci de leur sort … impurs par hérédité et pour toujours dans l’indifférence générale des autres.
Bien que la République de l’Inde l’ait aboli, en 1947, sous la pression du Mahatma Gandhi et du pandit Nehru, cette discrimination reste toujours effective dans les faits et les mœurs.
Au sommet de cette pyramide sociale déconcertante se trouvent les brahmanes, prêtres détenteurs des textes fondamentaux, sur lesquelles aucune puissance terrestre n’a autorité. Entre ces « élus » privilégiés et les parias exclus, il y a toute la gamme des autres, de toutes conditions depuis les plus misérables jusqu’aux plus riches - les maharadjahs et les industriels de l’inde moderne - comme dans toutes les sociétés du monde.
Datant de près de trois millénaires avant notre ère, l’Inde fut peut-être la première grande civilisation qui s’inscrira en tant que telle dans l’histoire, sa caractéristique principale étant son appartenance religieuse brahmanique qui au fil des temps s’incrustera dans le tissu profond de la mentalité indienne faite de l’esprit des castes et la philosophie de la prédestination.
Aucun pouvoir ni personnalités politiques de grand charisme n’arriveront à renverser cette tendance, même au prix de leur vie, tel le Mahatma Gandhi, père de l’indépendance (assassiné en 1948), ainsi que le Pandhit Nehru, premier ministre, sur proposition de Gandhi pendant 17 ans (de 1947 jusqu’à son assassinat en 1964), intellectuel agnostique qui mena le pays avec doigté et intelligence en politique respecté et écouté, reconnu dans le monde entier, de même que sa fille Indira Gandhi (du nom de son époux, un fidèle du Mahatma dont l’identité de nom est fortuite) qui sera une première-ministre démocratique soutenue par les plus misérables, mais aussi combattue par les plus riches et les religieux (assassinée en 1984 par un fanatique) et enfin, Rajij, son fils qui lui succédera jusqu’en 1989, assassiné lui aussi en 1991, lors d’élections qui devaient lui faire retrouver un poste qu’il avait perdu bien que n’en ayant pas démérité.
Avec beaucoup de doigté et de finesse, notre conférencier s’ingéniera à n’aborder ces questions qu’avec grande diplomatie, mettant surtout l’accent sur le charisme des différents dirigeants qui se sacrifièrent depuis cinquante ans pour faire de l’Inde une grande nation libre, s’efforçant surtout de nous sensibiliser à cette culture indienne faite de philosophie profonde et de pensée intelligente, respectable malgré l’injustice des castes.
Mathilda, son épouse indienne, était attendrissante, féerique tant elle semblait sortir d’un livre d’images, princesse d’un monde coloré de maharadjahs enturbannés avec de gros rubis et saphirs aux doigts. Sa grâce racée faisait supposer qu’elle ne pouvait provenir que d’un monde de seigneurs ; elle n’était pourtant que la cendrillon des régions pauvres qui n’avait jamais connu de palais.
Un jour, elle nous fit une demande bouleversante, révélatrice d’une logique difficile à comprendre pour des occidentaux engoncés dans leurs préjugés et leur conception étriquée de la psychologie familiale.
Nous lui avions fait part du désir d’adopter un enfant que formulait une célibataire de notre entourage professionnel. Spontanément, avec une logique qui n’est pas la nôtre, Mathilda nous proposa un enfant de sa sœur qui comme tous ceux de sa famille vivaient très misérablement mais avec la grande dignité des vrais démunis.
Interloqués et surpris, nous avons reculé ainsi que notre amie devant l’incongruité d’une telle situation à nos yeux étroits d’occidentaux.
Cette jeune collègue adoptera quelques années plus tard un petit sénégalais orphelin, adolescent maintenant fort heureux. Avec le recul, on pourrait imaginer les choses autrement et penser à l’opportunité qui aurait pu se présenter pour elle d’une ouverture sur un monde de grande profondeur malgré les contraintes de la misère, avec l’avantage de l’approche d’une société tellement intéressante et d’une culture déconcertante.
Cette conception de la société et de ses valeurs affectives ou morales par d’autres civilisations nous interpellera durement comme nous le serons par ces autres géants de l’Asie, le Japon, quand nous nous y rendrons plus tard pour le mariage de notre fils et la Chine que nos amis Tang nous présenteront quelques temps après.
Par la suite, nos autres amis du quartier « venus d’ailleurs » nous feront découvrir leur pays. C’est autour d’une bonne table ou d’une boisson conviviale, chez eux ou chez nous, que nous échangerons des valeurs, enrichies de confidences et considérations suscitées par ces rencontres.
Autrement qu’un voyage d’agrément touristique « dirigé » par des professionnels ne livrant qu’une vision édulcorée ou fausse de sites sélectionnés en spectacle, ce sera l’occasion pour notre public de percevoir la sensibilité profonde de nos nouveaux « amis » qui leur parleront avec leur cœur et leurs tripes de leur région ou de leur pays.
Quel plaisir pour nous de voir les yeux de l’assistance s’allumer à l’écoute de nos conférenciers improvisés qui évoquaient leurs terres lointaines, le charme de leur rue ou de leur village, de leurs champs de riz ou de blé, la beauté et le mystère des temples et des dieux, les ciels chauds, lourds ou d’acier bleu, leurs hommes et leurs femmes inclinés dans le soleil couchant.
C’était cette ferveur-là que ces « somptueux ambassadeurs » nous transmettaient quand nous préparions les réunions et c’était cette « religion-là » que nous avions l’ambition de communiquer à ceux qui participaient à nos soirées.
Aussi ce sera dans cette atmosphère particulièrement fervente et amicale que nous clôturerons la soirée en servant un thé indien « chaï » accompagné d’une sorte de biscuit appelé « Tchata ».
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22c - Les amis venus d'ailleurs - Le Bengladesh {4}
Ils ont chanté le Gange,
Dansé dans les rizières.
Ils ont planté le riz,
Récolté la misère.
Alors qu’ils rêvaient
De blés ensoleillés
Et de récoltes blondes,
Ils ont cauchemardé
De typhons, de noyés,
Et de la fin du monde.
Comme des grains de sable
Refoulés par la mer,
Ils reculent ou avancent,
Abrutis de souffrance,
Multitude anonyme,
En quête du bonheur.
{4} Pour la réunion suivante du 24 mars 1984, nous avons profité de l’opportunité que la secrétaire paroissiale qui dactylographiait notre feuille d’invitation avait épousé un Bangladeshi et revenait justement d’un grand voyage au pays de son mari. Ils en avaient ramené de nombreuses diapositives dont ils firent un montage très réussi.
L’ambassadeur du Bengladesh assistait à la réunion et se chargea de l’introduction. A notre demande, il la fit avec grande discrétion, évitant d’aborder les points chauds de la politique et de la religion.
Le Bengladesh est devenu une région très pauvre depuis son indépendance, son niveau de vie est un des plus bas de l’Asie. Les raisons en sont multiples : pillage et mauvaise gestion des colonisateurs britanniques qui l’avaient mal gérée, mais surtout démographie galopante (environ 130 millions d’habitants majoritairement musulmans, avec 12 % d’Hindous, harmonieusement intégrés).
Aussi, dès 1960, sera mise en place une politique sérieuse de contraception à laquelle les religieux de l’Islam ne s’opposeront pas, rappelons qu’en général ceux-ci la tolère (certains théologiens l’admettaient déjà au XIème siècle).
En outre, ce qui n’arrange rien, ce pays connaîtra les plus grands cataclysmes de la planète ( famine et inondations en 1975 et en avril 1991, cyclone sur les côtes – 125.000 morts, 10 millions sans abris, 1,78 milliards de $ de dégâts).
En 1947, lors de la décision prise par les Anglais de transformer l’empire britannique hérité de l’époque victorienne en États souverains en regroupant les anciens dominions, protectorats et colonies dans l’entité associative du « Commonwealth of Nations », les deux Pakistans (pourtant éloignés géographiquement dont les anciens colonisateurs n’avaient fait qu’une seule nation) n’arriveront pas à s’entendre pour former un État cohérent, aucune affinité ne se trouvant en dehors de la religion musulmane. Leur seule motivation à la formation d’un État hybride fait de des deux entités sera de rester indépendante de l’Inde qui les séparent géographiquement.
C’est la raison pour laquelle fin 1971, après insurrection, déplacement de population et misères de tous genres, les Pakistanais de l’est capitulèrent et un nouvel État, le Bengladesh, très appauvri et surpeuplé, sera reconnu par les grandes puissances.
Le pouvoir politique de ce nouveau pays, souvent corrompu, ne sera pas à la hauteur d’un redressement valable, bien que soutenu par les grandes nations sans doute pour éviter des débordements préjudiciables à l’équilibre des forces dans cette partie du monde.
La moitié de la population active s’emploie à l’agriculture qui est mal équipée et continuellement anéantie par les cataclysmes naturels.
En 1947, lors de la dislocation de l’empire britannique, le futur Bengladesh, ne disposait que de très peu d’industries (le jute produit était transformé en produits finis à Calcutta, en Inde).
L’industrie cotonnière cependant et celle de l’habillement se développèrent. Plusieurs milliers d’entreprises gérées surtout par des Coréens, exploitent des « petites mains » bon marché (95 % de jeunes femmes).Cependant la matière première est produite ailleurs, la précarité de sa culture n’en autorisant pas le développement.
Ces points chauds et délicats seront évités par les conférenciers qui s’eff orceront surtout de nous faire apprécier la richesse de la culture artistique d’une population raffinée, souriante et courageuse dont quelques représentants talentueux nous firent une démonstration de chants et danses avec costumes et accompagnement instrumental.
Dans la bonne ambiance de notre petite salle, régna très vite un courant de chaude affection envers ces jeunes qui s’efforçaient, loin de chez eux, de nous transmettre toute la ferveur qu’ils ressentaient pour leur coin de terre déshérité qui leur collait tant au cœur.
Aussi les avons-nous chaleureusement applaudis, entourés, remerciés, encouragés en sirotant un thé délicieux et de petites friandises qu’ils nous servirent avec tant de gentillesse et de grâce.
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09/03/2010
Ch. 22a - LES AMIS D'AILLEURS : La Corée
&
&
Récit détaillé d’un long cheminement de recherche
d’une vérité sur la motivation d’exister
et la valeur de nos croyances
__
Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes
Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.
http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00...
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Propos d’un octogénaire provenant
d’un milieu foncièrement chrétien,
élevé dans cette foi et en ayant bénéficié
de tous les avantages, mais subi les contraintes,
et qui a consacré les dix années
qui viennent de s’écouler à
s’interroger sur les motivations d’exister
et la valeur des croyances.
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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog
d'environ 25 pages, deux fois par semaine.
Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte
pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur
qui fera défiler les repères entre petites accolades { }
situés au début de certains paragraphes
et ainsi trouver rapidement un passage
suivant les repères { } situés en début de chapitre.
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(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)
AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d’apporter de l’espoir à ceux qui sont « un genou à terre » parce qu’écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir, en leur communiquant l’enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante de l’espoir. Il a permis à l’auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu’il l’a perdu, malgré les avatars d’une vie particulièrement douloureuse et difficile. Les faits sont scrupuleusement exacts et les nombreux témoins ou acteurs cités qui en ont pris connaissance, peuvent en témoigner s’ils sont encore en vie. D’autre part, cette « impudeur » des sentiments lui ont cependant été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.
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Compte-rendu détaillé des réunions inter-cultures avec l’essentiel de l’histoire de ces pays mis à jour : {22.2} La Corée du Sud (nos amis Agnès et Michel Lee) -
Chap. 22a - LES AMIS D’AILLEURS : La Corée du Sud.
Mon pays est un village
Et la terre est ma patrie
Disait le poète.
Mon frère habite ma rue,
Mais aussi la ville voisine
Et encore bien plus loin,
Tellement loin
Que c’est trop loin
Pour y aller.
Cependant,
Quand j’entends le vent,
C’est son chant qu’il m’apporte,
Et la nuit,
C’est sur les mêmes étoiles
Que nos yeux vont se chercher.
Mon frère est si loin
Que c’est trop loin pour y aller.
Mais, lui, peut-être, un jour,
Il sera devant ma porte,
Fatigué du long voyage.
Mais peut-être qu’alors, en lui
Je ne verrai qu’un « étranger ».
{1} Ainsi qu’évoqué plus avant, dans le cadre d’une action d’ouverture à d’autres cultures, nous avions proposé à la paroisse de nous charger de l’organisation de réunions de quartier centrées sur l’accueil des réfugiés qui s’y établissent en leur donnant l’occasion de parler de leur pays et de leur culture.
La rencontre merveilleuse de Noël tombait à pic. Non seulement nous avions une première famille à faire connaître et à intégrer dans nos quartiers, mais aussi c’était une raison supplémentaire de nous en rapprocher.
Aussi le 28 janvier 1983, nous inaugurerons dans la salle paroissiale une rencontre « inter-culture » qui sera la première d’une série d’une petite vingtaine d’autres qui s’échelonneront tout au long des années 1983 à 1986.
Nous serons forcés de les interrompre à la suite d’ennuis de santé provoqués par le stress de ma profession, mais aussi d’infirmité visuelle et problèmes cérébraux me contraignant à suspendre mes activités professionnelles et faire opérer un cœur défaillant, ainsi qu’abondamment décrit par ailleurs. Malgré tous nos efforts, nous n’arriverons jamais à transmettre le flambeau, faute de relais sérieux.
Une feuille d’invitation attrayante intitulée : « Des habitants du quartier présentent leur pays » annonçait nos séances. Nous la distribuions dans la plupart des boîtes aux lettres de la région, tandis que la feuille paroissiale, de son côté, l’évoquait dans son édition mensuelle.
Il m’a semblé utile dans l’intérêt de ces pays de mettre à jour la partie historique des textes qui relatent ces rencontres en puisant aux meilleures sources : Encyclopédia Universalis, Wikipédia (après vérifications logiques), Jacques Leclerc, Encarta et les sites des ambassades. Les références de ces sources seront reprises en appendice alphabétique du livre.
Si cette initiative pouvait amener un regard intéressé sur ces populations malmenées, nous en serions ravis, mon épouse et moi, prolongeant dans le temps une action que nous n’avons pu continuer.
Cette actualisation fut un travail considérable de recherches, consultations et rédaction pour fournir la relation la plus objective, la plus complète tout en la faisant succincte, de la destinée douloureuse de ces pays que nos civilisations ont sacrifiés sur l’autel de leur confort et de leur progrès depuis toujours.
Il y en a d’autres dont Israël que nous avions préparé et que les circonstances évoquées plus avant ne nous ont pas per mis de présenter (Je terminerai cependant ce chapitre par une étude-plaidoyer en faveur de ce peuple, à l’origine de nos civilisations, afin de contrecarrer tant d’idées préconçues) ainsi que tous ceux d’Afrique, d’Amérique Centrale et du Sud (sauf la Bolivie et Haïti) ou d’ailleurs…..
Nous nous efforcerons dans ces rencontres de ne blesser personne et d’observer une neutralité politique et religieuse rigoureuse. En accord avec les autorités de la paroisse qui mettait à notre disposition son infrastructure (salle, secrétariat, feuille paroissiale mensuelle de contact…) ces rencontres devaient être une ouverture vers les autres venant « d’ailleurs » dans un grand esprit de fraternité en dehors de toute démarche de récupération religieuse.
Ce fut une grande aventure qui nous mobilisa tous : mon épouse prenait les contacts, rassemblait le matériel, organisait la réception de fin de séance, préparant et fournissant souvent les boissons et accompagnements du « drink », et terminait la séance avec quelques mots de clôture et d’invite à la dégustations des mets et boissons (préparations du pays concerné) ; mes fils Patrick et Benoit s’occupaient d’organiser la salle, se chargeaient des projections (matériel loué, souvent difficile à adapter et dont l’utilisation tenait de l’aventure) ; nos filles en hôtesses souriantes et affables se chargeaient de l’accueil et faisaient équipe avec mon épouse ; quant à moi je préparais les textes, la feuille d’invitation ainsi qu’une courte introduction et animais ou suscitais les questions des débats (Patrick me remplaça quelques fois surtout lors de l’accident cérébral qui m’handicapa momentanément).
{2} Au programme de la première séance réservée à la Corée du Sud, terre de nos amis avec la projection de trois films, un sur le pays moderne et industrielle qu’il est devenu, un autre sur ses traditions et un troisième sur les religions qui y sont pratiquées (Chamanisme, Bouddhisme et Christianisme).
Avant d’en parler, je tiens à donner un bref aperçu de l’histoire tourmentée de ce peuple, brimé d’abord par ses grands voisins la Chine et le Japon et ensuite victime de l’affrontement est-ouest entre le communisme et le capitalisme qui caractérisa la seconde moitié du vingtième siècle. Nous nous garderons bien d’en toucher mot dans nos séances publiques pour éviter à nos amis des problèmes auprès de leurs autorités consulaires.
Aussi, maintenant que j’écris ces « mémoires », je me sens un devoir de faire justice à ce petit peuple intelligent (dont, rappelons-le, proviennent nos deux filles) qui fut toujours victime de ses grands voisins, la Chine et le Japon et qui fut sacrifié, après la guerre de 40-45, sur l’autel de l’entente américano-soviétique qui reniera les accords pris au Caire en novembre 1943, par Roosevelt, Churchill et Tchiang Kai-Chek (Chine Nationaliste) de créer enfin une Corée libre et indépendante.
Malheureusement les événements qui suivirent se passèrent à son détriment quand à Yalta, en février 1945, les quatre grandes puissances ( les Etats-Unis, l’Angleterre, la Russie et la Chine de Tchiang Kai-Check) décidèrent que la Corée (possession japonaise depuis 1910) serait partagée en deux zones d’occupation situées de part et d’autre du 38e parallèle, dévolues aux USA pour la partie sud et à la Russie pour la partie nord.
Finalement en 1948, après de nombreuses altercations et confrontations entre le bloc communiste et les pays « libres », les deux Corées se donnèrent des constitutions, sous l’appellation de République Populaire Démocratique de Corée (R.P.D.C.) d’un côté et de République de Corée de l’autre, ce qui amena les Américains et les Russes à évacuer leur zone d’occupation en 1949.
C’est ainsi que ce petit pays qui avait souffert depuis toujours des grands conflits internationaux fut entraîné malgré lui dans les camps opposés du communisme et du capitalisme, pour subir le paroxysme de la haine et de l’agressivité lors des douloureux affrontements de juin 1950 à juillet 1953 qui opposèrent aux pays occidentaux la Corée du Nord, armée par les Russes puis appuyée par la Chine communiste.
En effet, le 25 juin 1950, la Corée du Nord envahira le sud avec dix divisions de soldats équipés par les Russes en chars et avions. Le sud, avec ses huit divisions mal armées sans appui terrestre lourd, ni matériel aérien, s’écroula et se trouva rapidement envahie, au bord de la défaite.
Le 27 juin, l’ONU fut saisie de l’affaire et vota (sans l’URSS mais avec la Chine nationaliste de Formose, la Chine communiste de Pékin n’étant pas reconnue par les occidentaux)
Le 16 juillet, fut constituée une armée à laquelle participèrent seize nations : c’est-à-dire, outre les Sud-Coréens, les contingents australiens, belges, luxembourgeois, canadiens, colombiens, éthiopiens, français, britanniques, grecs, hollandais, néo-zélandais, philippins, sud-africains, thaïlandais et turcs plus les unités médicales danoises, indiennes et suédoises. Leur commandant était l’américain Douglas Mac Arthur.
Le 15 septembre, les armées de l’ONU débarquent près de Séoul, la libèrent le 28 et les Sud-coréens envahissent le nord le 30, appuyés par l’ONU le 7 octobre.
Les Chinois se prétendent menacés et envoient le 25 octobre une armée, dite de volontaires, forte de 850.000 hommes d’où renversement de la situation et repli des forces coalisées. Séoul est repris le 4 janvier 1951 par les communistes. Le Président américain Truman annonce que le recours à la bombe atomique est à l’étude.
Après une difficile contre-offensive des troupes de l’ONU et de la Corée du sud qui essuient de lourdes pertes, les coalisés reprennent Séoul le 14 mars 1951 et franchissent à nouveau le 38ème parallèle. Le général américain Mac Arthur qui commande les troupes veut continuer jusqu’en Mandchourie, mais le président Truman s’y oppose et lui enlève le commandement (Ce fut peut-être l’erreur qui empêchera la réunification de la Corée….)
Le conflit s’éternisera jusqu’au 27 juillet 1953, avec quelques escarmouches sur un front stabilisé au 38ème parallèle. Les pertes en vies humaines dans ce conflit furent considérables : 2.415.600 suivant l’ONU dont deux tiers de civils.
Finalement, les accords de Genève de 1954 couperont définitivement le pays en deux nations situées de part et d’autre du 38ème parallèle. On sait qu’actuellement, la Corée du Nord est toujours sous dictature communiste avec un « potentat » cruel, tandis que la Corée du Sud jouit des avantages de notre « système capitaliste».
La Corée fut toujours dominée par ses voisins chinois et japonais qui ne cessèrent de l’envahir et de se la disputer, comme la Belgique le fut par ses voisins français, hollandais et allemands. Cette similitude de situation historique fut un facteur supplémentaire d’affinité et de sensibilité nous rapprochant de nos amis coréens.
De tout temps, les Coréens serviront de plaque tournante assurant le relais des cultures et des techniques entre le Japon, la Chine et la Mandchourie que celles-ci proviennent des Chinois de l’époque des Hans (IVe s. av. J.C.) et ensuite des Mongols et Mandchous jusqu’au XVIIe siècle ou encore à la suite d’incursions de barbares venus par la mer.
Dès 1592, les Japonais s’attaqueront à la Chine en passant par la Corée mais seront repoussés grâce aux combats héroïques que leur livrèrent les Coréens aidés des Chinois. Ces incursions dont celle de 1636 qui réduisit le prince héritier coréen à la vassalité envers l’empereur nippon, permirent aux Japonais de profiter des techniques avancées de la Corée dont celle, dont ils furent les inventeurs, de l’imprimerie avec caractères mobiles.
Très éclectiques, les érudits coréens s’intéressèrent aux connaissances de leur voisin chinois (école Kao-tcheng-hio) et un certain nombre se convertit même au catholicisme pour mieux approcher les sciences occidentales jusqu’à ce qu’ils furent persécutés et interdits par le pouvoir japonais en 1786.
En 1813, la famine atteignit deux millions et demi de paysans coréens (un tiers de la population) avec soulèvement et appel à l’étranger (à la France en premier lieu) ce qui poussa le Japon qui se sentait menacé à s’isoler et conclure des traités d’amitié avec les occidentaux.
La Chine, le Japon et la Russie se disputèrent l’hégémonie de ce malheureux petit pays, pendant tout le 19ème siècle. Le Japon, puissant guerrier, remporta la guerre sino-japonaise de 1894-1895 et se défit des Russes lors du conflit de 1904-1905.
Le 29 août 1910, le peuple coréen fut envahi et brimé par les Japonais : interdiction d’association, de réunion, recensement des terres et distribution de celles dont la propriété n’avait pu être prouvée, notamment celles de l’ancienne royauté, à des colons japonais ou à des « locataires » coréens.
De 1937 à 1940, les Coréens furent vraiment asservis. Le mot n’est pas trop fort : les Japonais imposèrent aux écoliers coréens leur langue et leur histoire en s’efforçant de faire disparaître toute trace du passé ; livres, revues et journaux coréens furent interdits ; leur identité fut bafouée en les forçant à porter des noms japonais ; ils furent obligés de vénérer les kamis ou divinités du Shintoïsme, croyance animiste du Japon, ce qui les ulcéra profondément ; des jeunes coréens furent engagés de force dans l’armée japonaise et près de cent mille très jeunes filles des écoles secondaires durent servir de « femme à soldat » pour les militaires japonais en guerre.
Toutes les grandes nations qui ont « construit » l’histoire du monde, ont été un jour dominées par des bourreaux impitoyables qui martyrisèrent, écrasèrent, réduisirent ceux qu’ils voulaient soumettre ; toutes ces nations se sont enrichies du savoir et des biens qu’ils leur volaient pour finalement, outrecuidance suprême, transformer en pages de gloire, écrites cependant en lettres de sang, un passé de conquête réalisé à force de pillage, brimade, avilissement et esclavage de ceux qu’ils avaient vaincus.
Que ce soit chez nous, en Europe - depuis l’agressive Albion asservissant les nations du Dominion (un tiers du monde sous Victoria), la France napoléonienne, l’Allemagne des deux guerres mondiales, l’Espagne des Conquistadors, l’Italie des empereurs jusqu’à nos voisins bataves, oppresseurs des Indes Néerlandaises et nous-mêmes, cruels négriers, sous Léopold II, et tous les conquérants qui de tout temps, ailleurs dans le monde, se sont rendus coupables des mêmes impitoyables exactions.
Ce fut la raison pour laquelle, lors de notre séance du 28 janvier 1983, nous n’effleurerons pas ces sujets pénibles par souci de ménager les sensibilités politiques. Positivement, nous nous efforcerons de démontrer à un public vraiment conquis toute la richesse culturelle de ce valeureux pays, traversé d’un courant permanent de savoir et de traditions, construisant malgré les épreuves sa propre culture originale avec sa langue et son écriture.
Aussi l’écran de notre salle nous révéla-t-il toute la beauté naturelle d’un pays riche en paysages d’une grande finesse de lignes et de couleurs aux versants ensoleillés où des chercheurs de Ginseng (racines aux vertus médicinales et aphrodisiaques) dénichent très difficilement leur récolte. On la cultive maintenant cette racine qui épuise tellement le sol qu’il faut vingt ans de mise en jachères avant de la replanter.
Beauté également des paysages, la caméra s’attardant longuement sur des printemps aux collines parées d’azalées en fleurs, sur les ciels lourds de la paresse des automnes fruités et sur l’éclat des hivers tout en neige vaporeuse sur fond de métal bleu dur.
Révélation aussi du génie d’un peuple méconnu fécond en découvertes que s’approprieront les voisins, conquérants sans scrupules. On nous enseigne que c’est Gutenberg qui inventa les caractères typographiques mobiles et l’imprimerie (entre 1397 et 1400) alors qu’il est certain que les Coréens avaient fabriqué des planches gravées près de deux cents ans avant lui (nous en avons détenu au début de notre commerce d’antiquités coréennes de très belles, sans doute moins anciennes), de même que les caractères interchangeables en métal.
il est aussi prouvé que sous le règne du roi coréen Taï-Djong (au 14 ème siècle) non seulement fut utilisée l’imprimerie à caractères mobiles mais également l’alphabet coréen qui simplifiait l’enseignement de la langue et son impression en remplaçant les difficiles écritures idéographiques chinoises ou japonaises.
L’alphabet coréen ou Hangul, 19 consonnes et 21 voyelles, peut être considéré comme un des systèmes d’écriture les plus rationnels qui soit et qui sert à toute la population (99 %) .
Cette homogénéité de l’écriture utilisée, simple et rationnelle, contribua à élever le pays au rang des nations les plus alphabétisées (presque 100 %) avec le coréen comme langue véhiculaire et, dès l’age de 12 ans, l’anglais comme langue secondaire (six à sept heures par semaine, quasi au même rang que la langue nationale et les mathématiques) et, à partir du lycée (les trois dernières anées du secondaire chez nous), le choix d’une troisième langue, le chinois, le japonais, le français, l’allemand ou l’espagnol.
Ces langues supplémentaires seront approfondies parallèlement aux études supérieures (4 ans et un doctorat) dans des écoles privées qui foisonnent et pour lesquelles sont recrutés des autochtones étrangers. Ce sera la première activité que notre amie Agnès créera à son retour d’Europe et dans laquelle elle embrigada notre fils aîné Patrick.
Autre trouvaille, le céladon, cette merveille de la poterie d’art que des artisans coréens poussèrent au summum de sa perfection en glacis vert-eau et dont les Chinois jalousaient déjà la facture au début du douzième siècle. Nous en avons également vendu de très beaux pas aussi vieux, ni aussi précieux.
Ingéniosité aussi de cette race subtile qui inventa le chauffage par conduction en installant dans le sol des gaines en briques qui transmettaient la chaleur d’un foyer creusé en dessous, alimenté en combustible difficile à utiliser directement, comme la tourbe, le brai de houille ou autres se trouvant en abondance dans le pays.
Une particularité typique de ces gens, rappelant ceux du midi de la France, est la forte odeur d’ail provoquée par la consommation abondante de « Kimchi », préparation condimentaire qui accompagne tous leurs repas.
Il s’agit d’une mixture à base de légumes (surtout des choux-chinois passés un quart d’heure à l’eau bouillante), champignons, huîtres (elles sont aussi abondantes que les moules chez nous) et herbes diverses où l’ail domine (il y a autant de recettes que de familles, chacun trouvant la sienne en fonction des opportunités légumières du moment ou de la région).
Les divers composants sont tassés dans des jarres de terre cuite par couches successives des ingrédients emballés dans des feuilles de choux-chinois largement farcies de pili-pili.
Le tout est ensuite couvert d’un gros poids afin de bien le comprimer et enterré à ras du sol pour y subir les gelées des hivers coréens rigoureux (15 à 20 degrés en dessous de zéro).
Le mélange est détonant ; nous l’avons « dégusté » souvent, il accompagne admirablement la cuisine coréenne où les légumes presque crus et les lanières de viandes cuites à la flamme au travers d’un « wok » (sorte de cône métallique à petits trous) dominent. On transpire abondamment, on s’éponge, mais on ingurgite et on ingurgite sans discontinuer tous les plats, au travers d’un estomac « troué » en « s’arrosant » de rosé bien frais ou de soju apaisant (thé coréen d’orge torréfié).
Mes fils et mon filleul Bruno finirent par se mesurer en joutes « kimchïennes » avec notre ami coréen Michel, pourtant recordman en la matière. Pendant les cinq ans que dura le séjour de nos amis, en avons-nous apprécié de ces repas joyeux, chaleureux de grande amitié dans lesquelles nos épouses se surpassèrent en préparations et qui nous lieront tellement fort que ces ripailles mémorables rivaliseront avec nos plus chaudes retrouvailles familiales.
Nous terminerons cette première réunion de « quartier » en offrant des kimbabs, amuse-bouche fait de riz collant, farci de lamelles d’œufs durs, carottes et légumes verts, puis coupés en tronçons de deux à trois centimètres, après avoir été entourés de feuilles d’algue cueillies au fond de la mer par des plongeuses coréennes spécialisées.
Disposés en pyramide sur un plat, c’est très joli : les feuilles d’algue conservées sous vide qu’on se procure aisément maintenant, enveloppent d’un noir brillant de jolis cylindres de riz asiatique, avec en leur centre le bouquet coloré rouge et vert des légumes ainsi que le blanc et jaune des œufs durs. Accompagnés du thé soju ou de rosé, c’est très agréable à l’apéritif en « amuse-gueule ». (La mode d'en consommer s'implante chez nous depuis quelques temps).
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09:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire de la corée, traditions, kimchi, kimbab, ginseng
05/03/2010
Ch. 21b - Nous pleurons, les autres réveillonnent.
Récit détaillé d’un long cheminement de recherche
d’une vérité sur la motivation d’exister
et la valeur de nos croyances
__
Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (un ordre permanent de quelques euros en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes
Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.
http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00...
-------
Propos d’un octogénaire provenant
d’un milieu foncièrement chrétien,
élevé dans cette foi et en ayant bénéficié
de tous les avantages, mais subi les contraintes,
et qui a consacré les dix années
qui viennent de s’écouler à
s’interroger sur les motivations d’exister
et la valeur des croyances.
__
Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog
d'environ 25 pages, deux fois par semaine.
Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte
pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur
qui fera défiler les repères entre petites accolades { }
situés au début de certains paragraphes
et ainsi trouver rapidement un passage
suivant les repères { } situés en début de chapitre.
__
(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)
AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d’apporter de l’espoir à ceux qui sont « un genou à terre » parce qu’écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir, en leur communiquant l’enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante de l’espoir. Il a permis à l’auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu’il l’a perdu, malgré les avatars d’une vie particulièrement douloureuse et difficile. Les faits sont scrupuleusement exacts et les nombreux témoins ou acteurs cités qui en ont pris connaissance, peuvent en témoigner s’ils sont encore en vie. D’autre part, cette « impudeur » des sentiments lui ont cependant été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l'athéisme comme hypothèse de réflexion.
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TABLE DES REPÈRES : {21.5} Dramatique réveillon de Nouvel An : mon père décède brutalement au sortir d’un office religieux - {21.6} Meux est devenu un « havre de bonheur » pour tous, depuis nos activités d’ouverture aux autres cultures (voir chapitre suivant) jusqu’à recueillir (sans le savoir) deux jeunes gens qui fuyaient la justice -– {21.7} Participations aux activités de la paroisse : épouse catéchiste, réunion d’études religieuses et théologiques, mais surtout organisation de rencontres « inter-cultures », sans orientation religieuse dans la salle paroissiale, destinées à bien intégrer les « réfugiés » des pays opprimés - {21.8} Découverte de celle qui deviendra notre petite sœur coréenne, ainsi que son mari et ses deux enfants à la messe de minuit de Noël 1980
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{5} Le réveillon du « Nouvel An » 1972 fut dramatique pour nous. Le dimanche, situé entre les deux fêtes de fin d'année, mes parents s'étaient rendus à l'église pour y suivre l'office dominical.
Pendant sa célébration, mon père fut pris de violentes douleurs thoraciques. Au bras de son épouse qui le soutint comme elle put, il abandonna l'édifice religieux pour demander secours dans une épicerie voisine.
A peine fut-il entré qu'il prononça ce qui furent ses dernières paroles : « Je faiblis »... Il s'écroula devant ma mère et les clients épouvantés... C'était la rupture d'anévrisme dans toute son horreur brutale...
Comment n'avait-on pas décelé cette anomalie artérielle lors des examens que de nombreux avatars de santé (problèmes hépatiques, gastriques et circulatoires) avaient nécessités ?
Cela entrera dans le domaine de l'incertitude médicale et de ses possibles erreurs. Quelques années auparavant, la « Faculté » se permit même un diagnostic erroné de cancer de la rate, en ne lui laissant que quelques semaines de sursis.
Par ailleurs, un moral fragile, héritage congénital, ne lui permettait pas d'affronter les aléas de la vie, aussi déprimait-il facilement, ce qui le contraignait à un suivi médical régulier.
Il faut cependant rappeler, comme en témoignent les souvenirs relatés plus avant dans ce livre, que son existence fut particulièrement éprouvée par des problèmes professionnels, les crises et la guerre, la maladie grave de deux de ses enfants, suivie surtout du décès de l'un des deux : un papa de trente-cinq ans.
Il était bon, fidèle et dévoué à tout son entourage. Nous l'aimions énormément et ses petits-enfants l'adoraient. Il avait l'art d'endormir les plus turbulents, comme Benoit, dans des bras protecteurs doucement refermés : il les coiffait alors de sa casquette qu'il enfonçait jusqu'aux oreilles sur leurs yeux soyeux et les calmait en leur fredonnant quelques douces chansonnettes.
Appelé d'urgence à la morgue de l'hôpital où l'ambulance l'avait conduit, je l'ai retrouvé livide, perdu dans son manteau d'hiver qu'on avait, à la hâte, mal boutonné.
Sa tête paraissait si pâle dans l'ouverture béante du vêtement dans laquelle elle flottait comme sortant d'un sac de patates... et ses lunettes paraissaient si grandes, si grandes pour une tête devenue soudain si émaciée,...perdue, insignifiante ...
Pourquoi regardes-tu si loin
Petit papa aux yeux tristes ?
Pourquoi ton regard inquiet ?
Pourquoi cette peur du ciel ?
Petit papa, écarte ce nuage
Qui étire ton visage ;
Perds-toi dans ces rêves d'azur
Que tu sortais d'un regard pur.
Tes yeux se baignaient de pastel
Ton âme chantait la couleur
Tu aimais les fleurs des champs
Petit papa pour cœur d'enfant.
Tes genoux comme asile,
Tes bras de douce chaleur,
Ton cœur est comme une île
Qu'on retrouve avec ferveur.
Quand tu regardes très, très fort,
Pour revoir ton enfant qui dort,
Que tu appelais petit Pierre,
Alors tu bois le vin amer
Du souvenir de ses yeux morts :
Petit papa tu pleures encor.
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{6} A l'évocation des moments de tristesse qui entourent ces séparations cruelles, on pourrait éprouver scrupule et gêne à évoquer les moments de bonheur qui suivront et qui viendront embellir l'existence en nous gonflant la poitrine comme les alpinistes qui atteignent les sommets après une douloureuse ascension. La mémoire du souvenir est ainsi faite qu'elle écarte le malheur pour réserver toute sa place au bonheur.
Aussi c'est avec un attendrissement heureux que je me remémore ces promenades en famille, par temps ensoleillé, Béatrice-koala sur mon bras et Patrick, très indépendant, près de son cousin Bruno qui vivait avec nous, depuis la mort de son papa, tandis que mon épouse se chargeait de Christine, dans une poussette ou à la main, et que tous nous surveillions Benoit qui ne ratait aucune occasion de s'éclipser.
Notre écrin de verdure champêtre dans les campagnes namuroises devint alors un havre édénique dans lequel pouvait s'ébattre ce petit monde, le week-end et les vacances.
Les petits nains avaient enfin trouvé leurs petites sœurs et avaient grandi, aussi les protégeaient-ils en vrais grand frères. Goulinouf toujours aussi horrible et méchante avait maintenant fort à faire avec ces petits bonshommes de plus en plus malins. Et les trois filles s'entendaient si bien pour jouer des tours aux garçons.
Dans cet espace privilégié que nous avions bien agrandi, notre petit monde s'ébattait joyeusement. Les saules s'étaient développés et offraient leurs branches pour des espaces de jeu pittoresques.
J'avais bien sûr contribué à l'aménagement de l'ensemble en fixant aux deux plus beaux arbres une échelle que j'avais trouvée dans la grange, ce qui en faisait un passage aérien merveilleux pour de jeunes aventuriers.
Ses échelons constituaient de plus d'excellents agrès pour balançoires, anneaux, échelle de corde, trapèzes et autres engins d'exercice physique. Evidement, les garçons eurent tôt fait d'aménager cabanes aériennes et observatoires dans les fourches des arbres.
Un paradis ne le serait plus s'il n'était accueillant et notre cœur était si chaleureux que nombreux étaient ceux qui voulaient s'y réfugier. Aussi fut-il ouvert à tous ceux que nous côtoierons, amis de nos fils ou amis étrangers que nous avions l'ambition d'intégrer dans notre quartier.
Et ils ne manquèrent pas, tellement nous fûmes sollicités de toutes parts, et tellement notre naïveté d'idéalistes nous livra à l'appétit de certains profiteurs qui ne manquèrent pas de sauter sur l'aubaine.
Ce fut ainsi le cas pour deux aventuriers, rencontre interlope que notre fils Patrick ramena d'un soir de guindaille et qui furent bien aises de trouver abri et couvert dans notre paradis perdu au milieu des champs.
Généreux et peu curieux, nous les y avons gardés un bon mois à l'abri des créanciers et de ceux qui les poursuivaient.
En plus du gîte, nous leur offrîmes l'amitié que l'un des deux trompa sans scrupule en chapardant quelques affaires de peu de valeur, l'autre heureusement se confia, nous révélant la vérité de leur situation et (sans garantie de véracité) le drame de son histoire.
Lors de son départ pour des cieux sud-américains moins dangereux, reconnaissant, il nous laissa un beau dessin au pastel de notre fermette dans son décor champêtre qu'il avait assez talentueusement exécuté pendant son séjour. Nous le fîmes encadrer pour l'accrocher au mur de notre hall de Bruxelles.
Quand nous entrons ou sortons de chez nous, ce pastel nous remet en mémoire cette belle époque de rêve où enivrés de l'aubade des alouettes, de la vie des champs et du murmure lointain des moissonneuses, nous nous trouvions en si grande harmonie avec les moutons et les agneaux, les enfants et les fleurs, les amis et ceux qui cherchaient asile.
Une table et le bonheur attendaient ceux qui entraient, sans souci de ce qui encombrait leur âme, sans crainte de l'envie ni de la méchanceté qui rôde.
Cet état d'esprit fit de nous des « victimes » idéales pour les « œuvres », notamment celles de la paroisse qui nous embrigadèrent dans leur action. On nous invita à des réunions de travail où, repérant notre bonne volonté, on nous transforma très vite en exécutants entreprenants.
{7} Ma chérie fut chargée de former les jeunes enfants à la vie d'adultes pratiquants. Intégrée dans une équipe de catéchistes, elle s'efforcera de donner à de nombreux jeunes adolescents des valeurs de vie correspondant à notre idéal de solidarité et d'ouverture aux autres.
C'est-à-dire un sens élevé de morale naturelle avec le moins possible de bondieuseries, enrichi de lyrisme et d'idéal qui ne pouvait qu'être bénéfique à des jeunes souvent en mal de réponses à des contradictions religieuses évidentes.
L'équipe de catéchistes à laquelle elle collabora, était constituée de personnes très ouvertes et très libres, désireuses surtout d'apporter à des jeunes enfants d'une douzaine d'années les principes essentiels de la morale chrétienne actuelle, à savoir la solidarité et l'amour des autres, sans trop s'encombrer des problèmes liés aux domaines dogmatiques, philosophiques, historiques ou liturgiques.
A leur tête, une personne remarquable, femme de grande culture, férue d'histoire du peuple juif et très avertie en langue hébraïque. Sous sa conduite et avec la qualité des participants, leurs réunions de préparation étaient, aux dires de mon épouse, un régal de découvertes dans de nombreux domaines, allant de la philosophie à la théologie et à l'histoire du peuple hébreu.
Mon épouse fera équipe avec une dame très cultivée, universitaire, qui deviendra sa grande amie et avec laquelle elle organisera dans le cadre de leur action paroissiale des manifestations à caractère culturel et religieux de qualité.
Son mari, enseignant très croyant, était un homme agréable avec qui j'eus d'intéressantes conversations lors de nombreuses rencontres que nous eûmes dans leur appartement à la côte belge ou lors de séjours que nous fîmes ensemble à l'abbaye d'Orval.
Nos discussions auxquelles participaient nos épouses prenaient vite une orientation à connotation religieuse.
Très en recherche, nous étions à l'affût de toute démarche qui pourrait étayer ou remettre en question une croyance reçue de nos « pères ».
Intellectuellement honnêtes tous les deux et avides de vérité, nous avions l'espoir de trouver, à force d'enquêtes, une réponse valable à notre questionnement.
Nous réalisions aussi que nous n'atteindrions jamais la vérité absolue et profonde, pas plus que quiconque d'ailleurs, mais avions l'ambition de trouver une « quasi-certitude » qui répondrait bien à notre attente.
A la longue, il faut dire que ces actions nous placeront vis-à-vis de notre entourage dans des positions « inconfortables », en porte-à-faux de notre milieu très croyant.
C'est pourquoi mon épouse, par délicatesse envers son amie « catéchiste », s'en est éloignée cruellement dans le souci de ne pas ébranler une foi à laquelle elle et son mari tiennent beaucoup.
Je me suis trouvé dans une position analogue vis-à-vis de mes amis George et Christian, qui sont décédés maintenant, depuis que je leur avais soumis les pages qui précèdent et je m'inquiétais de leur en livrer la suite tellement j'appréhendais de les atteindre dans ce qui avait été la raison de toute leur vie, d'autant plus qu'ils étaient tous les deux fragilisés par une condition physique très déficiente.
Cette investigation métaphysique nous a poussés à participer ou assister à de nombreux cours et conférences dans de multiples domaines.
Dans cet ordre d'idées furent organisées par la paroisse des réunions-débats axées sur l'étude de « cahiers » rédigés par des moines-théologiens à l'intention de ceux qui désiraient étayer plus intellectuellement leur foi religieuse.
Ces cahiers étaient fort bien faits, mais entraînaient le lecteur dans des considérations théologiques que seul un croyant convaincu pouvait partager.
En fait, c'était un approfondissement de la foi religieuse. Il fallait s'en tenir aux vérités révélées par la tradition, les « Pères » de l'Eglise et les diktats du Vatican. Les dogmes, bien sûr, n'étaient pas discutables même s'ils pouvaient être contredits par la science et l'histoire.
Tous les chrétiens en recherche et de bonne foi sont ébranlés par ces contradictions et sont forcés d'isoler leur démarche religieuse du contexte rationnel dans lequel ils aimeraient placer leurs interrogations.
Nous connaissons ces déchirements occasionnés par des positions que la loyauté ne nous permet pas de cacher et souffrons de l'isolement que nous nous sommes imposé par respect pour la foi qui habite encore la plupart de nos amis et parents.
Un jour, un paroissien, intellectuel croyant que j'interrogeais à ce sujet, eut cette réponse révélatrice de l'état d'esprit de beaucoup : « Il y a des domaines que j'ai écartés... et ajoutait-il, ... je m'abstiens surtout d'aller y voir ».
Nous restons pourtant très attachés au système lui-même : nous avons beaucoup d'admiration pour le clergé en général qui est sublime d'abnégation et de courage dans un environnement devenu indifférent ou hostile.
Nous éprouvons la plus grande estime pour les pratiquants convaincus qui s'efforcent de sauver ce qui peut encore l'être, tout en regrettant l'obstination papale dans des domaines aussi douloureux que la contraception, le célibat des prêtres et autres problèmes inhérents à notre époque de grande amélioration du confort et de la condition humaine.
Ce besoin de sortir des sentiers battus, de libération de notre pensée et d'ouverture vers d'autres options philosophiques, trouvera concrétisation grâce à une initiative que nous nous sommes permis d'introduire, dans le cadre d'une action paroissiale d'ouverture vers les étrangers établis dans nos quartiers.
Acteurs privilégiés par notre composante familiale, nous recherchions les contacts avec toute forme d'entité culturelle ou familiale, hors de nos frontières philosophiques.
{8} La messe de minuit de Noël 1980 sera marquée par une rencontre heureuse qui changera fondamentalement notre vie et celle de nos enfants et fut le début d'une aventure merveilleuse d'ouverture et de découverte profonde d'autres cultures telles que nous les recherchions.
La cérémonie avait été réalisée avec le faste habituel d'une paroisse aisée, très active et bien organisée. Nous y avions participé avec nos deux filles qui furent très attentives malgré la longueur du service religieux.
Les instants qui suivirent, mémorables à plus d'un titre, se révélèrent très vite les prémices d'un véritable conte de fées...
Après l'office, mon épouse et moi descendions l'allée centrale, nos deux filles à nos côtés quand, soudain, nous aperçûmes, se préparant à sortir, dans le halo enchanteur des lumières de Noël, un couple merveilleux : une belle jeune femme coréenne ravissante dans une robe traditionnelle de son pays, très colorée et superbement brodée de fil d'or.
Les yeux rieurs et vifs, elle était accompagnée de son mari et de deux adorables enfants, un garçonnet bien sage et une charmante fillette souriante et mystérieuse.
Spontanée et ravie, mon épouse se précipita vers eux en leur tendant les bras : elle avait réalisé que c'était la famille coréenne dont une jeune voisine, impliquée dans les mouvements paroissiaux, lui avait signalé l'arrivée toute récente.
Ce fut fait avec un tel élan affectif et une telle ferveur que seuls peuvent l'expliquer l'endroit, le moment privilégié et le désir de communiquer malgré le fossé d'une culture et d'un langage différents.
Avec beaucoup de gestes et de rires de part et d'autre, nous nous précipitâmes dans notre maison toute proche, nos deux filles qui avaient à l'époque une dizaine d'années, s'occupant des deux enfants avec lesquels des liens chaleureux s'établirent spontanément.
Nous avons appris par la suite que c'était un couple de Coréens chrétiens récemment venus à Bruxelles pour permettre au mari, déjà docteur en géologie de Séoul, d'acquérir un doctorat supplémentaire à l'université néerlandophone de Bruxelles, sa thèse pouvant être défendue en anglais.
Son épouse, une ravissante et primesautière jeune femme, elle-même universitaire, l'accompagnait avec ses deux enfants. Avec le peu d'anglais que je baragouinais, nous parvînmes à nous entendre pour nous retrouver le soir du nouvel an et réveillonner avec eux.
Cette nuit de la Saint Sylvestre fut émaillée d'instants merveilleux de bonheur et de joie partagée. Nous nous sentîmes en symbiose de sentiments si profonds qu'il n'est pas facile de les expliquer.
Quelques jours après, ma toujours attentive et attentionnée épouse, s'étant enquise de leur adresse, se rendit chez eux. Stupéfaite, elle les trouva au lit, grippés, dans un « garni-taudis » que des gens peu scrupuleux avaient eu la malhonnêteté de louer à un étudiant étranger trop confiant.
Aussi, scandalisés, nous prîmes les choses en main, cassâmes le contrat qui les liait et découvrîmes dans une rue voisine un logement à de bonnes conditions que nous nous chargeâmes de meubler avec ce je pus récupérer dans une réserve de mobiliers déclassés qui étaient stockés à Labofina.
Quant aux appareils, frigos et autres accessoires de ménage, nous dénichâmes facilement dans la famille et autour de nous des « doubles emplois» pour les équiper confortablement.
D'autre part, le hasard voulut que le propriétaire soit représenté par l'archevêché de Malines gérant le bien au nom du cardinal Suenens qui l'avait reçu en héritage, et que l'employé qui en avait la charge administrative, conquis par l'histoire, nous loua aux meilleures conditions en nous autorisant à emprunter dans le grenier tout ce qui pourrait servir. Nous y trouvâmes des quantités de choses utiles et indispensables qu'un locataire précédent y avait laissées.
Quand ils allèrent avec mon épouse à l'archevêché signer le contrat de location, adorable, notre nouvelle amie s'est écriée avec quelques mots sortis de son dictionnaire : « Maintenant, printemps de Belgique ! ».
Une grande affinité liera étroitement nos deux foyers, surtout les épouses et les enfants. Chrétiens, ils avaient un prénom de baptême occidental : Agnès et Michel et les petits, Gabriel et Julia. Mon affectueuse compagne fera d'Agnès sa petite sœur et nous restons toujours intimement liés, malgré la distance et la séparation. Nous allons avoir le plaisir de la revoir dans quelques mois quand elle viendra en Belgique avec sa fille et son beau-fils.
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09:03 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : décès, autres cultures, rencontres inter-cultures, corée
02/03/2010
Ch. 21a - Les plus beaux yeux venus du ciel
Récit détaillé d'un long cheminement de recherche
d'une vérité sur la motivation d'exister
et la valeur de nos croyances
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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (légère en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement. « Il vaut mieux allumer une chandelle dans l’obscurité que maudire l’obscurité » disait Confucius, aussi appelons l’action « chandelle ». L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes
Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.
http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00...
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Propos d'un octogénaire provenant
d'un milieu foncièrement chrétien,
élevé dans cette foi et en ayant bénéficié
de tous les avantages, mais subi les contraintes,
et qui a consacré les dix années
qui viennent de s'écouler à
s'interroger sur les motivations d'exister
et la valeur des croyances.
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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog
d'environ 25 pages, deux fois par semaine.
Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte
pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur
qui fera défiler les repères entre petites accolades { }
situés au début de certains paragraphes
et ainsi trouver rapidement un passage
suivant les repères { } situés en début de chapitre.
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(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)
AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s'étonne pas d'un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d'apporter de l'espoir à ceux qui sont « un genou à terre » parce qu'écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir, en leur communiquant l'enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante du rêve. Il a permis à l'auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu'il l'a perdu, malgré les avatars d'une vie particulièrement douloureuse et difficile. Les faits sont scrupuleusement exacts et les nombreux témoins ou acteurs cités qui en ont pris connaissance, peuvent en témoigner s'ils sont encore en vie. D'autre part, cette « impudeur » des sentiments lui ont cependant été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu'il ne demande à personne de partager : il s'avoue agnostique par loyauté de pensée avec l'athéisme comme hypothèse de réflexion.
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Chapitre 21a : Les plus beaux yeux venus du ciel
TABLE DES REPÈRES : {21.1} Complémentarité : instinct fondamental comblé par la venue de deux petites filles aux yeux noirs et aux teint de soleil couchant - {21.2} Mes voisines de table à Labofina deviennent marraines de nos filles : histoire d'une profonde et durable amitié - {21.3} Drame vécu par un autre « commensal » père d'un enfant aveugle-né, licencié dramatiquement - {21.4} Nous abandonnons la « bonbonnière » pour une maison de six chambres, située près des étangs de Woluwe, pour faire face à l'arrivée de nos filles et de Bruno -
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{1} La complémentarité est une condition essentielle à la pérennité de la vie telle que nous la connaissons. La multiplication des cellules se fit d'abord par division jusqu'à ce que le temps et le hasard inventent la méiose. Cette trouvaille de la « nature » imposait l'existence de deux êtres complémentaires. Deux êtres qui s'emboîteraient l'un dans l'autre : le Yin et le Yang du taoïsme chinois, si bien figuré dans le drapeau coréen.
Il faut croire que cette loi d'équilibre des sexes sourdait lentement au tréfonds de mon subconscient ou remontait par atavisme du plus loin de mes origines, toujours est-il que j'étais hanté par un sentiment d'incomplet dans mon microcosme familial, d'un déficit d'apport féminin qui sans me tourmenter plus que de raison, me laissait insatisfait depuis bien longtemps.
Je n'ai pas eu de sœur et je n'avais pas de fille : ça me manquait..., cependant il fallait toute la subtilité d'une compagne attentive pour le percevoir. Toujours soucieuse de mon bonheur, qu'elle ambitionnait de rendre complet, elle suggéra d'introduire dans notre foyer la composante qui lui manquait et donner aux deux frères, deux sœurs à choyer.
Comme nos fils, elles naîtront d'abord dans notre cœur et comme eux nous les porterons dans notre âme et dans notre chair en les attendant, puis comme eux nous les serrerons bien fort dans nos bras, et comme eux nous les regarderons longuement le soir quand nous les prendrons dans notre lit, sans pouvoir dormir.
Je garderai toujours présent au fond du cœur ce sentiment d'intense plénitude qui me gonfla la poitrine lors du premier sourire, de la première caresse, du premier regard d'amour de l'enfant pour sa maman et surtout, je n'oublierai jamais cet aura de bonheur qui monte doucement alors et que j'aurais tant voulu éterniser.
Une année les sépare, mais de cœur elles sont jumelles... : Elles ne sont jamais l'une sans l'autre..., complémentaires elles trouvent toujours dans le cœur ou le regard de l'autre ce qu'elles cherchent ... : l'identité et le réconfort d'une même histoire.
L'une est vive, primesautière et aimante, l'autre douce et pensive, profonde et mystérieuse, si attachante. Elles seront les grillons du foyer, porte-bonheur de notre famille, accomplissement de nos rêves d'harmonie.
Béatrice vint la première, le 31 août 1971, jour de mon anniversaire. Son premier geste fut de caresser la joue de sa maman et je sentis alors que mon cœur éclatait et qu'un sanglot de bonheur me grimpait dans la gorge.
Intelligente, elle fera de bonnes études. Aimante et altruiste, elle pensait faire carrière en médecine, mais elle préféra se trouver au chevet de ceux qui souffrent pour leur apporter le réconfort et la présence souriante de l'infirmière. Mieux, elle se spécialisa en psychiatrie, attirée par le travail de proximité, de chaleur humaine, de patience et d'intuition que cette discipline comporte pour tous ces malheureux qui s'enfoncent dans le gouffre du désespoir.
Elle sera la sœur de tous, qui unit, qui apaise, qui pardonne, celle qui explique. Quand elle est passée, les conflits se meurent, les nuages s'effacent et le sourire revient...
Quand elle était petite, je la portais beaucoup sur un bras. Elle se blottissait alors, sa tête tiède enfouie entre mon cou et mon épaule,... elle avait tellement besoin de tendresse... Mon filleul Bruno l'appelait koala... Maintenant encore, elle aime exprimer son affection envers tout son entourage, en manifestations spontanées, si chaleureuses et si réconfortantes.
Sonnet du bonheur
Tu es plus belle que le plus bel oiseau des nues
Qui déposa sur mon cœur ton si chaud sourire.
Tu es plus douce que le vent des avenues
Que j'arpentais le soir en quête de ton rire.
Le front sur la colonne soutenant ton ciel
J'ai pleuré, j'ai pleuré ma joie d'être le père
D'une petite fille plus tendre que miel
Qui tendait ses jolis bras à la terre entière.
.
Tu seras aussi douce que le vent des anges
Qui enivre la terre du parfum des fleurs,
Tu seras le chaud refuge des cœurs qui pleurent.
De tous ceux qui souffrent, tu seras la louange,
De ton chaud sourire, ils feront leur bonheur
Et dans tes yeux, ils endormiront leur malheur.
Christine vint un an après, le 8 septembre 1972.... De grands et profonds yeux qui demandaient tendresse et affection... Je me souviendrai toujours d'un premier regard, interrogateur, mais déjà inquiet... : que se passait-il dans cette petite tête, découvrant notre monde ?... Que se passait-il derrière ces beaux yeux sombres,... révèleront-ils un jour leur mystère ?...
Et puis soudain, si précieux, viendra son rire, son beau rire qui éclate en cascade comme un carillon un matin de printemps... Son ciel alors devient très bleu, les nuages sont passés, les oiseaux chantent,... son cœur chante dans ses yeux,... : c'est du bonheur qui perle comme du cristal de source.
Travailleuse et tenace, elle brillera dans ses études, comme sa sœur, se pointant aux premières places. Douée pour les langues, elle obtiendra facilement la licence en traduction anglaise et espagnole et acquerra l'agrégation pour l'enseignement supérieur. Parallèlement à ses études, elle apprendra d'autres langues qui en feront une polyglotte performante : anglais, espagnol, français couramment ; néerlandais, suédois très valablement ; japonais, italien, arabe suffisamment pour tenir une conversation.
Ce sera la petite dernière qu'on ne voyait pas grandir, trop modeste et un peu timide, qui évolue, inquiète et studieuse, dans l'ombre de sa sœur. Mais quelle joie pour nous quand elle nous ouvre son cœur et nous révèle tant de choses profondes auxquelles elle a mûrement réfléchi et qui interrogent !
Sonnet du bonheur (suite).
Ma si douce chérie aux longs cheveux soyeux
Venue un jour du ciel sur un bel oiseau bleu,
Tes beaux yeux me disent tout le profond mystère
D'un pays si lointain aux îles et aux rizières.
Une fille pour un père ce sont les fleurs
Du printemps qui s'éveillent, les chants de la source
Et au fond de l'âme une grande fraîcheur
Comme celle des nuits quand brille la grande ourse.
Ton rire est cascade comme l'eau des glaciers
Qui fuit les montagnes pour renaître sans cesse
Mais qui sans cesse se perle d'éclats d'acier.
Je vieillirai heureux en te voyant grandir
Toute belle et si fière, telle la princesse
Qu'au soir je te contais avant de t'endormir.
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{2} Comme groupe de haut standing, Petrofina tenait à fournir à son personnel et à celui de ses filiales confort et avantages sociaux performants. Aussi ses sociétés disposaient-elles de restaurants d'entreprise de grande classe.
A Labofina, une surface agréable et confortablement aménagée avait été prévue pour servir deux services de repas chauds en milieu de journée. En dehors d'un plat du jour, différentes possibilités de composer son menu étaient prévues, ce qui ne pouvait que satisfaire les plus difficiles.
Pendant une vingtaine d'années, le service se fit à table par un personnel adéquat fourni par le traiteur qui avait entrepris d'assurer cette charge à partir d'une cuisine supérieurement équipée.
Comme responsable administratif, il m'incombait d'établir les rapports avec ce fournisseur de service et comme chef du personnel de me charger de la surveillance et de l'organisation de cette période de détente importante dans la journée.
Avec le temps, je me liai d'amitié avec ce traiteur qui devint un des plus gros fournisseurs de ce genre en Belgique. C'était un ancien routier-scout : il avait débuté en procurant des repas de cantine à une organisation de jeunesse (Jeunesse ouvrière chrétienne) qui avait installé un important complexe d'accueil pour jeunes au centre de la ville.
Au restaurant de la société, nous avions chacun nos places, ce qui facilitait le service à table. Anecdote amusante : le premier jour de mon transfert de Petrofina, je me suis présenté à ce « mess » comme on dit aussi et ayant repéré une place apparemment libre, j'ai demandé à la personne qui deviendrait mon voisin de table habituel et obligé si je pouvais disposer de la place vacante.
Avec un grand éclat de rire, peut-être un peu surprise d'un culot bien involontaire, elle me répondit : « Il faudra bien ». Depuis, pour la taquiner, je ne manque pas de rappeler cette accueillante entrée en matière.
C'était une chimiste licenciée en sciences récemment engagée. Très ouverte et spontanée, suisse par son père et belge par sa mère, Jacqueline sera une agréable voisine de table, très cultivée, avec laquelle c'était un plaisir de deviser.
Peu de temps après, nous avons accueilli une autre chimiste licenciée, Francine, son amie de classe, engagée en même temps qu'elle. Discrète et réservée, très gentille et serviable, elle sera toujours fort appréciée par son entourage professionnel.
Dés que j'exprimai mon intention d'agrandir ma famille, spontanément elles se proposèrent, toutes les deux, de devenir marraines de nos deux filles.
Depuis, elles participent à toutes nos réjouissances familiales. Très liés, nous partagerons les deuils et les peines qui atteindront nos entourages respectifs.
Mieux que des amies, elles sont devenues d'authentiques parentes qui ne manquent pas de se manifester à chaque occasion, témoins et souvent actrices de tant de moments précieux qui s'inscriront en lettres d'or sur les pages de mon livre aux souvenirs.
{3} Commensal de notre table de quatre, s'y trouvait également un chimiste spécialisé en graisses lubrifiantes (Guy Van Doorne) qui venait du Canada où il avait commencé une carrière dans le domaine.
Son épouse ne s'y plaisant pas, nostalgique de sa Flandre natale, notre société l'avait facilement débauché pour créer chez nous un service des graisses minérales.
Nous nous retrouvions ainsi chaque jour, devisant agréablement, joyeux dans nos propos où nous rivalisions d'espiègleries. Mais le drame guettait l'un de nous.
Nous nous étions réjouis avec ce compagnon des retrouvailles méridiennes de la venue d'un quatrième et magnifique garçon qui compléterait si bien le carré d'enfants de cette belle famille nombreuse, comme on dit en Belgique.
Un jour, nous avons pressenti le drame, car contrairement à son habitude, il était sombre, la mâchoire contractée, une larme perlant de temps à autre. Discrètement, nous respections sa peine.
Finalement dans un sanglot étouffé, inhumain, que j'entends encore, il prononça ces mots durs : «Mon fils est aveugle».
Il était à côté de moi et j'ai vu les yeux des deux femmes devant moi s'agrandir d'angoisse. Il s'est sauvé, la tête dans les mains. Silencieux, nous restions abasourdis devant nos assiettes restées pleines.
Son destin devenait tragique. Son fils sera beau, intelligent et fort, mais il ne verra jamais. Notre malheureux ami, son épouse et ses enfants devront assumer la lourde charge de l'éducation d'un aveugle et de son insertion dans notre si cruelle société.
Plus loin dans ce livre, je raconterai la suite de ce drame dans lequel mes fonctions me forcèrent à m'impliquer douloureusement et cruellement.
Toi qui regardes ton ciel,
Père malheureux,
Ton ciel qui fut si bleu
Toi qui pleures des yeux morts,
Des yeux de soir noir,
Des yeux creux.
Des yeux du vide
Pour le cœur d'un enfant,
Des yeux du vide
Pour l'âme de l'adolescent,
Des yeux du vide
Pour les jours de l'homme,
Des yeux du vide
Pour la nuit du vieillard.
ô, ami,
Martyr du destin,
Compagnon d'une dure route
Retrouveras-tu jamais
Un reste de bonheur ?
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La vie injuste pour certains est un long chemin triste et pentu qu'ils doivent gravir courageusement. Ce fut le cas pour notre voisin de table qui en parlera le moins possible.
Digne dans son malheur, il gardera sa plainte terrée au fond de l'âme. Seul son regard parfois deviendra sombre et lointain, trahissant l'angoisse du lendemain et l'impuissance à ouvrir des fenêtres sur la beauté du monde.
Mais il y aura, surtout, annuellement, ce jour si cruel pour lui : celui où nous avions autorisé un délégué de la ligue Braille (œuvre qui en Belgique vient en aide aux non-voyants) de vendre dans nos locaux les billets de loterie de l'œuvre.
Le vendeur, aveugle lui-même, terminait sa visite au restaurant où il s'installait en plein centre, évocation poignante et misérable de la détresse de ce monde d'exclus.
Digne et droit sur sa chaise adossée à une colonne, il avait les traits inexpressifs et vides de celui qui ne connaît pas son propre visage qu'il n'a jamais vu dans un miroir, ni dans les yeux d'un autre.
Ce jour-là, il planait dans notre établissement une retenue respectueuse pour ces parias d'un environnement plus que jamais voué à l'image et à la couleur.
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{4} Comme je l'ai déjà signalé plus avant, mes parents nous avaient rejoints dans cet îlot de fraîcheur et de bonheur adossé à la forêt de Soignes. Ils y vivaient heureux de joies simples.
Mon père s'occupait bénévolement de la comptabilité d'une œuvre (S.O.S-P.G.) qui récoltait médicaments, vivres non périssables et vêtements pour les envoyer un peu partout dans le monde à de courageux et remarquables hommes s'efforçant de soulager si peu que ce soit la misère de tant d'exclus de notre civilisation du bien-être.
D'autre part, s'étant découvert des talents picturaux, il se plaisait à réaliser de très jolies aquarelles, pastels, dessins ou autres essais d'artiste débutant.
Nos garçons avançaient dans les études primaires (environ six ans en Belgique) : Patrick allait entrer en quatrième année et Benoit en deuxième.
Nous rêvions de leur donner la meilleure éducation qui soit et la possibilité de fréquenter de prestigieuses écoles. A l'époque, il était notoire que pour les garçons, c'était l'institut Saint Michel des pères jésuites dans l'enseignement libre, et les athénées Cateau et Jacqmain dans l'enseignement officiel qui pouvaient se targuer d'une telle réputation. Compte tenu de ce critère, dans notre milieu chrétien, seul Saint Michel pouvait être retenu.
Notre coin de « paradis », situé très en dehors de Bruxelles, à l'époque en tout cas, nous posait des problèmes de communication. Aussi nous efforçâmes-nous de les améliorer en nous rapprochant davantage de la ville.
Ce fut d'abord l'intermède très court et un peu ridicule de l'essai de l'appartement grand standing dans une grande avenue et dans un quartier « chic » (peut-être aussi pour sacrifier à une vogue de l'époque) pas très loin de notre bonbonnière.
Nos turbulents garçons s'y trouvèrent très vite fort à l'étroit aussi déguerpîmes-nous avec soulagement dans une rue moins prestigieuse mais idéalement située près des parcs et des célèbres étangs de Woluwé bien connus et fréquentés par tout bon Bruxellois.
Nous y trouvions l'avantage de ne pas trop nous enfoncer dans un tissu urbain fort peuplé et surtout de bien nous rapprocher des établissements scolaires que nous rêvions donner à nos enfants.
Nous y avions loué une de ces grandes maisons « bel étage » qui fleurissaient un peu partout à l'époque. De vastes caves en sous-sol, un beau garage, deux chambres et un coquet hall d'entrée au rez-de-chaussée, un vaste « living » avec cuisine attenante à ce qu'il était convenu d'appeler le « bel étage » et au-dessus trois chambres et salle de bain.
De quoi combler nos attentes, surtout depuis que nous avions décidé d'agrandir notre foyer des deux petites filles qui ne tarderont pas à pépier dans une grande volière de bonheur en petits oiseaux joyeux et heureux.
Comme nos moyens devenus confortables nous permettaient un second véhicule pour conduire les enfants dans leurs écoles, leur éloignement ne posait pas de problèmes.
Anecdote incroyable que je ne peux m'empêcher de raconter : le premier locataire de cette maison avait été la famille Tshombé avec laquelle le propriétaire avait cru faire une excellente affaire vu le loyer important qui avait été conclu.
Grande fut sa stupeur quand vinrent s'y établir « les » femmes et enfants du célèbre Katangais qui n'avait pas réussi à faire sécession de sa province si riche en minerais rares ou précieux.
Non seulement ils (sur)peuplèrent une habitation qui venait d'être construite, la dégradant innocemment en s'y comportant comme en pleine brousse : éviers, lavabos, baignoires et tuyaux bouchés à la suite d'utilisations surprenantes (on y retrouvera de tout : des os, des cuillères, des amulettes et autres gris-gris).
En de nombreux endroits le parquet fut brûlé, à croire qu'on cuisinait à même le sol... A l'arrière, la cour qui précédait un jardin, était, au dire des voisins et du propriétaire, recouverte d'une couche de plusieurs centimètres de détritus divers en provenance des fenêtres d'où ils étaient jetés... Les dédommagements que le propriétaire exigea ne suffirent pas à couvrir les frais de restauration.
Autre histoire, tragi-comique celle-là : Comme je le relaterai plus loin, nous ne resterons pas très longtemps dans cette maison qui devint vite trop exiguë (sic). Aucun bassin d'orage n'avait été prévu dans notre rue, située dans un fond, pas loin de grands étangs.
Aussi voyait-elle ses égouts se saturer à l'occasion des fortes pluies, tandis que les regards des caves renvoyaient de nauséabondes vomissures ponctuées de peu ragoûtants borborygmes. Nous avions, dès les premiers orages de canicule, constaté et enduré l'épreuve à coups de torchons, de seaux et de pince à linge sur le nez.
Devenu bricoleur ou « débrouillard », je trouvai une solution aussi simple qu'idiote : visser les taques de visite dans leur emplacement. Avec une bonne foreuse et des vis taraudeuses qui forment le pas dans un trou préalablement foré, je parvins à sceller les ouvertures suffisamment pour supporter la pression momentanée créée par des pluies diluviennes.
Nous n'avons plus jamais eu de problèmes, si bien que j'oubliai l'incident et négligeai de le signaler aux occupants suivants qui avaient acheté le bien et qui, l'ayant fait examiné par un plombier, s'étaient bien gaussés avec lui d'une idée aussi saugrenue que de bloquer des regards de cave.
Je ne vous décrirai pas la stupeur affolée de la nouvelle propriétaire quand nous lui révélerons les raisons « profondes » et « désespérées » de notre bricolage.
Je crois que le plombier qui avait tout fait sauter à coup de burin et de jurons, n'oubliera pas de sitôt les hurlements terrifiés de la pauvre dame. Aussi fut-il bien aise de s'en tirer à bon compte en revissant humblement tout le bazar, après avoir foré de nouveaux trous.
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26/02/2010
Ch. 20b. La plaie qui ne se fermera jamais
&
Récit détaillé d’un long cheminement de recherche
d’une vérité sur la motivation d’exister
et la valeur de nos croyances
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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (légère en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement. L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes
Afin de bien documenter cet appel, voici un lien important qui permet de mieux sensibiliser tout un chacun sur la nécessité d’une action utile de solidarité envers les malchanceux du monde et plus particulièrement ceux d’Haïti.
http://asautsetagambades.hautetfort.com/media/02/00/17752...
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Propos d’un octogénaire provenant
d’un milieu foncièrement chrétien,
élevé dans cette foi et en ayant bénéficié
de tous les avantages, mais subi les contraintes,
et qui a consacré les dix années
qui viennent de s’écouler à
s’interroger sur les motivations d’exister
et la valeur des croyances.
__
Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog
d'environ 25 pages, deux fois par semaine.
Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte
pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur
qui fera défiler les repères entre petites accolades { }
situés au début de certains paragraphes
et ainsi trouver rapidement un passage
suivant les repères { } situés en début de chapitre.
__
(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)
AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d’apporter de l’espoir à ceux qui sont « un genou à terre » parce qu’écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir, en leur communiquant l’enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante du rêve. Il a permis à l’auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu’il l’a perdu, malgré les avatars d’une vie particulièrement douloureuse et difficile. Les faits sont scrupuleusement exacts et les nombreux témoins ou acteurs cités qui en ont pris connaissance, peuvent en témoigner s’ils sont encore en vie. D’autre part, cette « impudeur » des sentiments lui ont cependant été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.
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Chapitre 20b : La plaie qui ne se refermera jamais.
TABLE DES REPÈRES : {20.5} La mort de mon frère Pierre, à trente-cinq ans, laissant une veuve et trois petits orphelins, bouleverse notre vie, chagrin immense qui marque au fer rouge : je ne pleurerai plus jamais, même à la mort de mes parents, mes yeux sont devenus secs - {20.6} La vie continue dans la douce et tiède ambiance du « havre » de Meux {20.7} dans lequel un conteur d’histoire raconte les aventures des petits nains et de la sorcière Goulinouf à ses enfants et neveux.
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{5} Cette année 1966 qui semblait si riche en événements heureux, avec l’élargissement de notre foyer à un deuxième adorable petit blond aux yeux rieurs et l’acquisition de ce « paradis sur terre » dans les campagnes namuroises, se termina douloureusement et dramatiquement.
Depuis mon retour de Suisse, j’affectionnais tout particulièrement mon frère Pierre. J’admirais son valeureux courage dans la maladie et les épreuves physiques : déficience d’un cœur en sabot - expression médicale pour désigner un cœur déformé par le rhumatisme articulaire aigu - et fémur brisé en plusieurs morceaux dans un accident de la route, maintenu par un « clou » dont les effets de rejet le tortureront toujours.
Son état cardiaque s’aggravant, il devenait urgent d’intervenir chirurgicalement. Sur le « billard », il dut subir l’opération dite « à cœur ouvert » pour remplacer des valvules qui étaient tellement abîmées que ses activités physiques en étaient de plus en plus amoindries.
Les valvules du cœur ont pour fonction de servir de valve « anti-retour » à la pompe cardiaque. Schématiquement, il s’agit d’une membrane circulaire fendue en quatre quartiers élastiques qui, dans un sens permet le passage du flux sanguin et dans l’autre n’en autorise pas le retour.
Le rhumatisme articulaire aigu déforme ce dispositif simple d’étanchéité qui joue de plus en plus mal son rôle de pompe, à tel point que le muscle cardiaque tente de rattraper le fluide perdu en précipitant les contractions.
C’est ce que les médecins appellent un « souffle au cœur » parce qu’à l’audition thoracique le battement est suivi d’un souffle caractéristique.
L’opération qui répare cette déficience consiste à remplacer les valvules abîmées par un dispositif artificiel en matière synthétique qui, actionné par les contractions cardiaques, joue le rôle de valve anti-retour.
L’opération était prévue début novembre. La semaine précédant son entrée en clinique, cet optimiste courageux, galvanisé par une volonté héroïque, défiant le sort, s’épuisa à effectuer des travaux à sa maison jusque tard dans la nuit, même la veille, en prévision d’un rétablissement qui pouvait être plus long que prévu.
L’opération se passa bien. J’allais le voir tous les jours. Audacieux, il voulait brûler les étapes et se leva rapidement.
J’avais confiance en ses facultés de récupération. Amoindris tous les deux en raison d’un passé de malade, nous étions persuadés que la volonté de vivre dynamise notre corps et le guérit mieux que la médecine et les médicaments.
Cependant, imprévisible est l’accident. Imprévisible est la malchance qui fait que quelque chose est déficient dans l’acte chirurgical.
Que s’est-il passé ? Seul, peut-être, le chirurgien le sait-il. Peut-être une erreur que la faculté ne reconnaissait jamais à l’époque. L’erreur étant humaine, on doit accepter cette éventualité.
Le 13 novembre 1966, en fin d’après-midi, mon frère, debout, va prendre une petite collation.
Soudain, il lève la tête et, sans un mot, se renverse sur son lit d’hôpital, les yeux grands ouverts : c’est l’arrêt cardiaque dans toute son horreur.
Affolée, ma belle-sœur, présente, appelle les secours. On l’emmène à la salle d’opération pour intervenir et relancer la circulation sanguine, … était-ce encore possible ?
Un doute nous hantera toujours… : le dispositif artificiel était-il bien fixé ? N’avait-il pas un défaut…. ?
J’arrivai environ une heure après. Pour la première fois, j’étais euphorique, sans aucun pressentiment.
Depuis la veille où je l’avais vu si bien, je croyais en sa vigueur et j’étais persuadé que sa volonté de vivre et son optimisme le sortiraient de son mal comme moi je l’avais été du mien.
Je verrai toujours cette porte blanche de sa chambre de clinique que j’ai regardée avec confiance et que j’ai ouverte après avoir frappé.
Je verrai éternellement ce vide dans une chambre, ce vide dans un lit défait : tout était rangé comme pour un départ.
Je n’oublierai jamais cet atroce vide avec ma belle-sœur au centre, droite, effrayante … avec des yeux durs qui me regardent … des yeux comme un gouffre noir … je sens ma raison chanceler… de la main, elle fait un geste, un seul … le plat de la paume qui sèchement coupe horizontalement l’espace entre nous, et rompt notre destin … un bruit douloureux sort de sa gorge mais ses yeux sont glacés et secs … ses mâchoires sont serrées à se rompre …
C’était irrémédiablement fini pour lui … et pour nous, plus rien ne sera plus jamais comme avant.
J’étais complètement désemparé, outre la peine immense de la perte de ce frère que je chérissais tant, s’installait l’angoisse d’un avenir dont dès maintenant, j’entrevoyais le difficile parcours.
Je me sentais écrasé par une charge que je devrais bien assumer : aider ma belle-sœur à élever les enfants…
Cependant, par bonheur, au loin dans mon subconscient, Diaphane-cœur me rassurait : il avait une alliée qui pouvait tout, ma compagne des bons comme des mauvais jours, ma force dans l’épreuve, dure et solide comme le plus vigoureux des chênes, ma pitchounette au cœur d’or, sensible à toutes les souffr ances, sur qui je pourrai et sur qui je pus compter.
Devant ce lit défait, encore chaud de la vie de mon frère, son épouse et moi ne voulions pas comprendre.
Un doute insensé nous tenaillait, nous voulions le voir pour dissiper ce sentiment et nous assurer qu’il n’y avait vraiment plus d’espoir.
On nous emmena dans un grand auditoire avec une table chirurgicale au centre.
Il s’y trouvait couvert d’un sinistre drap blanc. ... La salle me paraissait immense, incongrue, pour mon petit frère abandonné au fond de cet amphithéâtre … Nous descendîmes jusqu’à lui dans une odeur lourde de vieux désinfectant …
L’employé qui nous accompagnait découvrit son visage … Il était encore rose et les yeux mi-clos … Il semblait nous regarder doucement, sous les paupières … Son épouse et moi étions pétrifiés, incapables de la moindre réaction comme dans un cauchemar …
Nous sommes repartis tête basse, … mais voulions en savoir davantage.
Une infirmière nous conduisit au bureau du chirurgien, le professeur Primo, réputé comme le meilleur dans cette intervention.
Ce fut bref, dur et froid. Le masque indifférent, en routinier du malheur, nous ne comprîmes que quelques mots : … accident post-opératoire … imprévisible… fatalité…
Les jours qui suivirent furent atroces. Je n’imaginais pas qu’on puisse atteindre de tels abîmes … Les nuits profondes me tourmentaient et des larmes ne cessaient de couler lentement, sans sanglots, marquant mon visage de traînées douloureuses (je ne pourrai plus jamais pleurer après, mes larmes se sont taries alors).
Comme dans un cauchemar, nous flotterons tous dans un environnement inconsciemment cruel … les enfants qui ne comprennent ou ne réalisent pas … mes parents atterrés, déchirés avec des yeux d’appel vers moi…et tous les proches visiblement blessés par le drame : Il avait trente-cinq ans et il restait une veuve sans ressources et trois enfants si petits, si jeunes.
Le lendemain, mes parents et mon épouse voulurent le voir une dernière fois ; il était à la morgue.
Ce fut terrible, … l’employé nous fit entrer dans la salle-frigo où étaient rangés les cadavres avant l’ensevelissement.
Il ouvrit un des compartiments pour en sortir un corps couvert d’un drap blanc.
Il en découvrit le dessus pour nous livrer la vision atroce d’un visage livide, les yeux grands ouverts que l’employé, embarrassé, tenta de maintenir fermés, … les cheveux étaient collés en désordre et, sanguinolente, la bouche, entr’ouverte, se tenait douloureusement figée.
Visiblement, après notre passage dans le grand amphithéâtre, les chirurgiens avaient manipulé le corps pour connaître les raisons du décès.
Pourtant, la vie continuait, il fallait passer par toutes les formalités d’usage qui ulcèrent les plaies : les pompes funèbres, le cercueil, la cérémonie religieuse, le cimetière, la compassion des autres… alors qu’un boulet dans l’estomac tire jusqu’à la gorge…
Je restais fragile, pas encore aguerri aux épreuves affectives. Mais j’avais épousé un ange qui tendrement, discrètement, allumait des petites étoiles de réconfort qui me réchauffaient le cœur - et ma vie reprit son cours.
J’avais aussi deux adorables petits garçons, tout blonds, aux petits yeux vifs et rieurs qui le soir, quand je rentrais du travail, me tendaient des petits bras tout chauds et que je serrais bien fort, bien fort contre moi.
Attendrie et les yeux brillants, mon épouse nous regardait et le ciel redevenait tout bleu, tout bleu…
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{6} Les fêtes de décembre se passèrent courageusement. Nous avions rassemblé les familles dans notre maison faite pour le bonheur, sagement assise au pied de la forêt, pour estomper les souffrances, pour ranimer l’espoir et réveiller la joie.
Ce fut d’abord le six décembre, la Saint Nicolas. Traditionnelle en Belgique, c’est la fête des enfants.
Elle se prépare déjà quelques jours avant, les petits déposant leurs souliers devant l’âtre pour inviter le saint à y déposer, la nuit, quelques babioles ou friandises.
C’est par la cheminée que cet ami des petits, accompagné de son âne, pénètre dans les maisons pour y apporter ses cadeaux.
Il est donc de tradition que, la veille au soir, chacun des futurs bénéficiaires prépare une assiette dans laquelle il a placé une carotte pour l’âne, que le grand saint remplacera par des friandises.
Il ne manquera pas aussi de disposer tout autour les jouets que les enfants lui auront demandés dans la lettre qu’ils auront glissée, la veille, dans les chaussures qu’ils auront placées à son intention devant la cheminée.
Nous n’avons jamais voulu tromper nos enfants en introduisant le mensonge dans leur vie, aussi bien intentionné soit-il.
Nous voulions qu’ils fassent la différence entre la réalité et la fiction, en accordant une place essentielle à l’imaginaire qui pouvait être ressenti comme s’il était vécu.
Aussi avons-nous respecté les traditions familiales de Saint-Nicolas qui descend dans les cheminées, du Père Noël et son traîneau et des cloches de Pâques qui font tomber des œufs dans les jardins, mais en soulignant bien qu’il s’agit de belles histoires pour les enfants.
Pour eux, le plaisir résidera surtout dans le mystère de la découverte et l’ambiance de la fête et peu importait pour eux si ce qu’ils trouvaient avec ravissement avait été déposé ou caché par leurs parents.
Je suis persuadé qu’ils finissaient par y croire comme en un rêve éveillé… et que cela complétait bien leur monde à eux…qui est surtout imaginaire…
La femme de mon frère était très courageuse, mais quelque chose en elle était brisé.
Ebranlée par la mort de son mari qu’elle adorait, elle inquiétait parce qu’elle gardait le regard dur et le visage fermé de la révolte : on ne la voyait jamais ni verser une larme, ni émettre le moindre sanglot et son rire était nerveux, artificiel et incongru ...
Mon frère avait été le parrain de mon fils Benoit. Avant son entrée en clinique, il avait été acheter avec son épouse un joli petit ours en peluche qu’ils comptaient lui offrir le jour de la Saint Nicolas.
Je me souviendrai toujours de la brève plainte douloureuse, poignante de souffrance profonde qui, pour la première fois devant nous, fut gémie par cette pauvre femme meurtrie, quand elle sortit tristement le petit jouet de son sac.
Nous fêtâmes aussi Noël avec la crèche et le traditionnel grand sapin tout en guirlandes, lumières et boules multicolores… les repas de fête… les chants traditionnels…. et, envers et contre tout parce que la vie continue, nous nous laisserons envahir par l’ambiance festive de ces réjouissances de fin d’année, avec la joie pure des enfants, leur rire, leurs yeux émerveillés et tant de choses qui font que la vie reste toujours et malgré tout si belle.
Dès les premiers beaux jours, dès que les frimas se firent plus rares, et que les premiers bourgeons éclatèrent, nous nous retrouvions tous dans notre havre de bonheur et de vie simple au milieu des champs, ensorcelés par ce doux frémissement de la nature qui s’éveille.
Quels beaux moments nous y passâmes ! Quels beaux souvenirs nous engrangeâmes tous dans ce paradis perdu !
Nous nous organisions pour loger tout ce monde dans les quatre chambres de notre chaumière, y compris mes parents ou beaux-parents qui l’un ou l’autre accompagneront toujours.
Quel campement ! Benoit dormait dans notre chambre, les trois garçons dans une autre, leur maman et mes parents dans les deux restantes quant à Vincianne, la seule fille, elle avait sur le palier une sorte de petite alcôve, aménagée derrière tentures et paravents.
Quelle organisation ma si précieuse compagne parvint à mettre en place ! Et quelle table elle devait prévoir pour rassasier tout ça !
Mes neveux parlent toujours de ces moments heureux et du joyeux ensoleillement que ces séjours apporteront à leur enfance si cruellement blessée.
{7} Quand maintenant, ils évoquent cette époque et les histoires des petits nains que Diaphane-poète imaginait pour eux et que je leur racontais, le soir, après une bonne journée d’ébats en plein air, ils me disent combien ces souvenirs resteront inscrits dans leur mémoire en instants inoubliables de leur vie de gosse.
C’est ainsi que dans la douce quiétude de leur chambrette d’enfant, nous imaginions ensemble les aventures désopilantes ou fantastiques de petits bonshommes dont ils animaient les personnages.
Ces petits malins, au nombre de cinq. (Plus tard, avec l’arrivée de mes deux filles, ils deviendront sept comme dans toutes les belles histoires.)
Ils avaient pour noms : Brunito pour Bruno, Rolando pour Roland, Vinciano pour Vincianne, Patricio pour Patrick et Bénito pour Benoit.
Ils étaient vêtus de rouge comme ceux de Blanche-Neige et coiffés d’un petit bonnet garni d’une petite floche sur le bout en pointe.
Leur ennemie s’appelait Goulinouf, c’était une sorcière ricanante et méchante avec un menton aussi crochu que celui de l’horrible mégère imaginée par les frères Grimm.
Je vais m’efforcer de restituer ces moments merveilleux de quiétude qui prenaient notre petite bande quand elle s’assemblait autour de moi, détendue par l’eau tiède et doucement savonneuse, parfumée à la lavande, de la toilette du soir : des parcelles de bonheur voletaient en paillettes lumineuses dans les yeux de cinq petites frimousses toutes roses d’excitation.
Les intermèdes drôles et désopilants que nous adorions introduire dans mes histoires nous faisaient rire aux larmes, à tel point qu’un jour, Roland, n’en tenant plus tellement la situation était cocasse m’arrêta : «Parrain (il m’appelait tous Parrain) attends » il alla s’asseoirsur le seau de toilette « Maintenant, on peut continuer… »
Très pratique, il avait trouvé le moyen de ne plus se préoccuper des …fuites…que s on rire l’empêchait de contrôler.
Ces moments privilégiés sont une des plus grandes richesses de la vie. Ils gomment d’un seul coup toutes les peines, ils effacent les mauvais jours et prennent une place de choix dans notre cœur et dans notre mémoire.
Bienheureux soient-ils ces instants d’émerveillement que l’homme évolué peut glisser dans son existence !
Je débutais, comme dans tous les contes, par la formule consacrée : « Il était une fois ».
Il était une fois , dans les forêts et les bois de notre histoire, une grotte qui s’étalait bien au chaud dans le ventre de la terre.
Elle était haute et grande. Le bon génie des cavernes l’avait taillée dans la roche pour ses amis, les petits nains. Il y avait prévu tout ce qu’il fallait pour qu’elle fût merveilleuse : son sol était couvert d’un duvet de mousse émeraude qui en faisait le plus confortable des tapis, son plafond d’un bleu d’aquarelle révélait de ci de là, quelques étoiles-diamants qui clignotaient joliment.
Dans cet endroit féerique vivaient cinq petits nains très heureux qui chantaient et jouaient beaucoup.
Le plus âgé se nommait Brunito,…c’était le chef… il était très futé avec des yeux de chat et une souplesse de chat… Le suivant s’appelait Rolando… c’était le plus fort et le plus savant…
Quant à Vinciano, le troisième ou plutôt la troisième, c’était la seule fille de la bande, aussi avait-elle des yeux moqueurs, une bouche mutine et un petit nez délicieusement pointu, de quoi taquiner et ensorceler tous les garçons…
Patricio était le quatrième, c’était un malin diablotin capable d’ouvrir les serrures et les portes les plus récalcitrantes,… Quant à Bénito, le dernier, il était le feu-follet de la bande, primesautier, apparaissant ou disparaissant au gré des besoins ou de sa fantaisie…
Au centre de la grotte de notre histoire, le bon génie avait prévu un nid douillet de duvet rose dans lequel ses protégés pouvaient se reposer ou dormir en faisant de jolis rêves bleus…
- Parrain, n’oublie pas la source magique…. criaient en cœur cinq petits impatients…
Attendez, vous êtes trop pressés…et, dans les mousses vertes s’écoulait une source d’eau magique qui se transformait en n’importe quelle boisson fraîche.
Il suffisait d’y tremper un gobelet que les nains portaient toujours à la ceinture en disant : « source magique je veux du… » en précisant le breuvage souhaité, aussi compliqué fût-t-il et le souhait était exaucé.
- Je me paierais bien une petite grenadine au citron, interrompit Roland, alias Rolando…
- Et moi du jus de carotte au chocolat, crut malin de sortir Patricio…
- Pouah ! beuh,… dégueulasse… s’exclamèrent-ils tous ensemble…
Ce n’est pas tout de boire, il faut aussi manger, continuai-je.
Aussi, sur le côté de la grotte, un amas de stalagmites ocre et de stalactites blanches formaient un plateau magique sur lequel apparaissait tout ce qui était souhaité.
- C’est quoi des lagmites ? s’enquit Bénito très intrigués…
J’expliquai : vous avez certainement vu dans la bouilloire de votre maman une matière blanche qu’on appelle calcaire.
Elle se trouve dans l’eau qui s’en est chargée quand elle passe dans le sol. Quand l’eau tombe en gouttes lentes du plafond des grottes, elle s’évapore et laisse le calcaire qu’elle contient s’amasser lentement au fil du temps.
Quand les gouttes descendent du plafond elles forment des grandes chandelles qu’on appelle stalactites et quand au contraire elles tombent du plafond en formant des belles bougies qui montent, on les appelle stalagmites.
Je vais vous donner un petit truc pour retenir les deux mots : quand la chandelle monte à partir du sol c’est une stalag…mite avec un m comme dans elle monte…quand elle tombe du plafond…c’est une stalag… tite avec un t comme dans elle tombe.
Mais je continue mon histoire : donc sur le côté de la grotte, les stalagmites et les stalactites avaient formé un pla teau magique sur lequel il suffisait de placer les mains en disant : « table magique, donne-moi du… » et les stalagmites s’écartaient comme pour une offrande en réalisant le souhait aussi compliqué fût-t-il.
Les petits nains adoraient surtout les belles randonnées dans les bois pour jouer avec les oiseaux, les petits lapins et les petits animaux. Ils soignaient ceux qui étaient malades ou blessés.
Ils avaient même, un jour, recueilli un éclopé ; c’était un petit faon, blessé à la patte qui ne les quitta plus.
Ils jouaient aussi avec les papillons… et quand ils étaient fatigués, ils allaient s’étendre au soleil dans l’herbe des clairières bourdonnantes de vie.
Savez-vous que dans toutes les belles histoires, les petits nains sont toujours au nombre de sept ? Aussi nos cinq gaillards rêvaient-ils souvent des deux petits compagnons qui leur manquaient et qu’ils attendaient depuis si longtemps.
Bénito leur raconta que dans ses voyages fantastiques, il avait interrogé un mage qui connaissait l’avenir.
Le vieux bonhomme, tout en bleu, scintillant d’étoiles et coiffé d’un grand chapeau pointu, lui avait prédit que des oiseaux d’argent apporteraient dans leur ventre deux trésors aux yeux noirs en amande et aux joues de miel.
Aussi les petits bonshommes vivaient-ils très heureux, avec dans le cœur cet espoir d’être un jour la plus belle bande des sept que les conteurs d’histoire n’aient jamais imaginée.
Cependant, comme rien n’est jamais parfait et que même dans les belles histoires il y a toujours des êtres malfaisants pour contrarier les gentils, une sorcière au vilain nom de Goulinouf cherchait à attraper les petits nains pour les transformer en abominables gnomes méchants et les mettre à son service.
Un jour que les arbres chantonnaient parce qu’un souffle tiède caressait leur feuillage, les nains projetèrent de confier à ce vent chaud un grand cerf-volant qu’ils avaient confectionné en pétales de fleurs de toutes les couleurs.
Ils les avaient cousus ensemble avec les fils de la Vierge que les belles araignées épeires leur avaient filés tout exprès.
De plus, ces jolies araignées qui se balancent sous les arbres et s’envolent dans le vent au bout d’un long, très long fil, tellement brillant et tellement fin qu’on l’appelle fil de la Vierge, leur en avaient fabriqué un pour maintenir le cerf-volant et le diriger dans le ciel.
Il était si long qu’il pouvait atteindre le paradis.
Dès qu’il se fut envolé, soutenu par un souffle de vent complice, l’engin s’éleva superbe au-delà des arbres dans un ciel tout bleu, tout bleu.
Ses coloris de fleurs paille et rubis soulignés par l’argent des fils brodés s’électrisèrent sous l’éclat d’un lumineux soleil à tel point qu’on aurait cru une étoile multicolore.
Il montait tellement vite que les petits nains n’arrivaient plus à l’arrêter…
- Magnifique, s’exclama Brunito.
- Si on envoyait un message aux anges, suggéra Patricio.
- Bonne idée, acquiesça Rolando en sortant de sa poche une écorce de bouleau et un stylet magique. Qu’allons-nous dire ?
- Demandons aux anges s’ils savent quand viendront les petits nains aux yeux noirs en amande, continua Patricio.
Ainsi fut fait. Le message, guidé par le fil s’envola,… s’envola bien haut,… bien haut jusqu’à leur étoile multicolore qui, toute petite, montait toujours dans le ciel.
Les petits nains se tordaient le cou, écarquillaient les yeux pour mieux voir.
Le message et l’étoile montèrent,… montèrent tellement qu’ils disparurent.
Ils attendirent longtemps, mais ne voyant plus rien, ils s’interrogèrent :
- Le message n’est peut-être pas arrivé. Notre cerf-volant n’atteint peut-être pas les anges, supposa Brunito.
class="MsoBodyText2">- Peut-être qu’ils ne comprennent pas notre langue, suggéra Rolando.
;Vinciano intervint timidement de sa petite voix mignonne.
- Quand je pense très fort et que je regarde le ciel en prononçant des mots magiques, je sais qu’ils s’envolent et rejoignent le ciel tout près de mon papa. Peut-être que lui qui connaît bien les anges, sait leur parler.
- Quelle bonne idée… allez essaie…encouragèrent les petits na ins.
Et Vinciano pensa très fort à son papa qui était au ciel… et pensa très fort au message,… les petits bonshommes guettaient son visage, à l’affût de ses réactions,… soudain ses yeux s’éclairèrent,… le message était passé…elle avait sans doute une réponse.
- Dis-nous, dis-nous,… on est impatient de savoir… trépignaient les petits
Vinciano les regardait avec un petit air malicieux de fille qui allait jouer un bon tour aux garçons.
- Mon papa a dit que c’est un secret que je ne peux dire à personne…
- Allez, c’est pas du jeu, dis-nous quand même, il n’y a pas de secret pour nous…on ne fait qu’un…
Vinciano tint bon… Aussi Bénito le passe-muraille, celui qui disparaît et réapparaît comme l’éclair, s’envola, sans crier gare, voir là-haut ce qui se passait. Il se perdit dans un ciel toujours aussi bleu qu’un lagon du Pacifique.
Les petits nains, médusés, le nez en l’air, scrutaient l’espace, inquiets du sort de leur aventureux compagnon.
Après un long moment, comme ils ne voyaient rien venir, les mains en porte-voix, ils se mirent à hurler tous ensemble : « Benito, Benito où es-tu…reviens…. ».
Soudain, un gros nuage tout noir, grimaçant méchamment, avec un gros nez pustuleux, entachât le bleu pur d’un ciel méditerranéen.
A califourchon sur son balai de sorcière, Goulinouf, l’abominable Goulinouf, tournait autour en ricanant.
- Grr, grr,…ah...ah..., j’ai capturé votre compagnon et l’ai enfermé dans mon château hanté…
Sidérés, les petits nains aperçurent dans le ventre du nuage noir, un château sinistre qu’entourait un ballet de chauve-souris criaillantes. A une des fenêtres, Benito leur faisait des grands gestes d’appel au secours.
Nos petits gars n’en menaient pas large et tinrent conseil pour trouver solution à si dramatique situation.
- Nous devons absolument atteindre ce château et aller le délivrer, dit Brunito et s’adressant à Rolando : «As-tu une idée, toi le savant ? ».
Sous l’effort de concentration et sous le choc des combinaisons qu’échafaudaient ses méninges de savant, le cerveau de Rolando se mit à chauffer et son front devint tout rouge.
Des rayons verts lui sortirent de la tête, c’était bon signe : il avait sans doute trouvé.
- Voilà mon plan. Nous savons que Goulinouf n’aime pas les miroirs parce qu’ils lui renvoient son image qui est tellement horrible qu’elle a peur d’elle-même.
Nous demanderons au soleil de briller très fort, si fort que la mer et les lacs et les fleuves et les ruisseaux deviendront des miroirs.
Alors, Goulinouf aura très peur parce qu’elle se verra si horrible partout et elle se sauvera près du diable en abandonnant son château.
Ainsi fut fait et Goulinouf, affolée, hurlant de rage, voyait son image partout, dans l’eau des océans, dans l’eau des mers et des fleuves et des rivières et des plus petits ruisseaux.
La tête dans les mains, elle s’enfuit en enfer et le soleil célébra sa victoire en illuminant le ciel de ses plus beaux éclairs de chaleur comme un feu d’artifice.
Cependant, il fallait encore délivrer Benito, toujours enfermé dans le château hanté qu’on voyait là-haut dans le nuage de la sorcière.
La nuit avait revêtu son grand manteau de soie noire, parsemé d’étoiles brillantes.
La lune souriante et complice y déroula un long pinceau d’or jusqu’à nos amis et de là jusqu’au château hanté.
C’était une voie royale qu’ils empruntèrent pour atteindre le laid nuage qui dans la nuit n’était plus effrayant du tout.
Ce ne fut qu’un jeu pour Patricio, le magicien des serrures, d’ouvrir toutes les portes jusqu’à Benito qui les attendait, confortablement installé entre les pattes d’une araignée hideuse et velue qu’il avait apprivoisée.
---------
Le Conteur d’histoires.
Des petits yeux fripons,
Des petits nez en l’air,
Des joues roses d’excitation,
Dans de jolies frimousses d’ange.
Des petites mains fébriles
Qui enserrent des genoux ronds
Et la paix du soir
Qui ronronne dans les champs.
Un parfum de savonnette
Dans un champ de lavande,
Des songes de bain tiède
Pour des peaux si douces.
Des oiseaux dans le regard
Qui piaillent comme dans un nid.
Des flammèches en pupille
Dorées, folles et rougeoyante.
Une eau de source fraîche
Jaillit de leur rire.
Le long murmure du vent
S’éloigne tout doucement.
Des petits pieds de lait
Dans le soir trépignent.
Mais dans la nuit, soudain
Le vol des oiseaux du rêve.
Le semeur de sommeil
Jette ses anneaux d’or
Et des bouches baillent
En souriant encor.
Un conteur d’histoires
Ferme des yeux de soie
Et caresse les joues rondes
De petites têtes blondes
Qui s’endorment dans le noir.
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23/02/2010
Ch. 20a - Il ne tient pas en place
&
Récit détaillé d’un long cheminement de recherche
d’une vérité sur la motivation d’exister
et la valeur de nos croyances
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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (légère en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement. L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes
--------
Propos d’un octogénaire provenant
d’un milieu foncièrement chrétien,
élevé dans cette foi et en ayant bénéficié
de tous les avantages, mais subi les contraintes,
et qui a consacré les dix années
qui viennent de s’écouler à
s’interroger sur les motivations d’exister
et la valeur des croyances.
__
Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog
d'environ 10 à 25 pages, deux fois par semaine.
Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte
pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur
qui fera défiler les repères entre petites accolades { }
situés au début de certains paragraphes
et ainsi trouver rapidement un passage
suivant les repères { } situés en début de chapitre.
__
(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)
AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d’apporter de l’espoir à ceux qui sont « un genou à terre » parce qu’écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir, en leur communiquant l’enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante du rêve. Il a permis à l’auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu’il l’a perdu, malgré les avatars d’une vie particulièrement douloureuse et difficile. Les faits sont scrupuleusement exacts et les nombreux témoins ou acteurs cités qui en ont pris connaissance, peuvent en témoigner s’ils sont encore en vie. D’autre part, cette « impudeur » des sentiments lui ont cependant été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.
Chapitre 20a : Il ne tient pas en place
TABLE DES REPÈRES : {20.1} Le « feu-follet », un cœur comme une cathédrale, l’ami fidèle, le fou du ciel, le rival des aigles, le soldat du feu et le réconfort des blessés, c’est ce qu’il est devenu notre second enfant qui naîtra en pleine grève des médecins dans des conditions difficiles - {20.2} Notre fermette de Meux : un îlot du bonheur, perdu dans les campagnes namuroises - {20.3} René Stage, notre voisin - Souvenir des réunions de famille autour d’une table chaleureusement garnie - {20.4} Bruno, mon filleul, le fils aîné de mon frère-défunt qui vivra avec nous, nous aidera à transformer notre fermette, de même que mon jeune beau-frère Daniel qui nous rejoignait pendant ses congés : chambres dans la grange, piscine avec grande salle de détente, verger, prairie avec moutons -
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20.1 Toujours en quête d'aventure et de nouveau, toujours à la recherche de l'inconnu, à l'affût des sensations, curieux de tout mais indiscipliné,... refusant les contraintes,... disparaissant, réapparaissant au gré de sa fantaisie,... un cœur comme une cathédrale, l'ami idéal et fidèle qu'on recherche,... le fou du ciel,... le rival des aigles,... le soldat du feu,... le réconfort du blessé lamentable qu'il vient de ramasser dans son ambulance...
C'est bien ce qu'il deviendra, ce déluré petit oiseau qui à peine sorti de l'œuf, n'avait de cesse de s'envoler sans ses plumes, de quitter son cocon... celui que mon épouse devra, pour le protéger, enchaîner symboliquement à son pied, comme un bagnard à son boulet.
Dès qu'il put gigoter malgré le confort du nid douillet que sa maman lui avait si bien ménagé dans son ventre, il ne tint pas en place et chercha toutes les occasions pour s'en échapper prématurément.
Ce ne fut qu'à coup d'injections intramusculaires prescrites par la faculté que j'administrais journellement que nous parvîmes à lui faire entendre raison.
Le plus étonnant de l'histoire, comme quoi les événements restent contrariants, fut qu'on dut le forcer à faire son entrée sur notre planète alors qu'il avait bien décidé de ne plus bouger, dégoûté qu'il était des « drogues » qu'on lui avait envoyées pour le calmer.
Les circonstances qui marquèrent cette naissance valent la peine d'être contées.
Un conflit majeur opposait les pouvoirs publics au corps médical qui, pour faire pression, allait se lancer dans une grève au finish.
Des services de garde furent prévus pour les urgences, dont les accouchements. Aussi les médecins-obstétriciens s'empressèrent-ils de proposer à leurs patientes proches du terme d'accoucher prématurément pour soulager les services et éviter les engorgements.
Ce jour « imposé » du 5 février 1966 restera un des plus marquants de notre existence tellement il nous réserva d'intenses émotions.
Les maternités furent vite saturées et le personnel débordé. On nous trouva, in extremis, un petit local transformé en chambre de fortune.
Quant à l'accouchement lui-même, il tint de l'aventure en pleine brousse. Le produit qui devait provoquer le travail, fut perfusé dans l'exiguïté de l'étroit local qui nous avait été dévolu et qui n'avait jamais eu d'autres fonctions que de servir de débarras.
En manque de potence pour le suspendre, le flacon avait été placé sur la tablette d'une petite fenêtre haut perchée, seule ouverture sur un ciel encore très hivernal.
Dès que les contractions se firent plus nombreuses, annonçant l'imminence de l'événement, l'accoucheur, qui heureusement cette fois-ci n'était pas loin, s'amena avec une petite étudiante-infirmière effarée à laquelle il confia, avec les recommandations qui s'imposaient, la potion-miracle qui devait décider notre sacré gamin à faire pour une fois ce qu'on lui demandait.
Quelle aventure ce fut ! Le couloir qui devait nous conduire dans la salle d'accouchement était encombré de lits, chariots, armoires (les locaux improvisés ayant dégorgé leur contenu) et ... personnel médical aux abois.
La petite assistante, toute frêle et menue, en perdait le nord et oublia de maintenir la fameuse bouteille suffisamment haute pour que le fluide accoucheur s'écoulât naturellement par gravité, aussi frisâmes-nous la catastrophe.
Le médecin hors de lui me confia la précieuse mixture en prétendant que je m'en tirerais mieux qu'elle.
Conscient de ma responsabilité, je tins bien haut le liquide qui, miraculeusement, s'était remis à couler, tout en implorant le ciel qu'il sauve cette petite vie à laquelle nous étions déjà tellement attachés.
Mes yeux étaient « scotchés » sur la potion magique qui, goutte après goutte, allait par un long tube en polyéthylène branché en intra-veineuse sur la circulation sanguine de mon épouse, gagner le centre de commande des contractions musculaires.
Je réalisai alors toute l'importance que pouvait parfois avoir un acte aussi banal que de maintenir un pot à une certaine hauteur.
Tellement pénétré de ma mission, je n'assistai pas à la naissance de mon second fils que, soudain, j'entendis avec soulagement pleurer dans les bras de l'infirmière.
C'était un garçon, un merveilleux petit diable que nous appelâmes Benoit, et qui, comme tous les Benoits de la terre, ne tiendra pas en place, avide d'aventures et de découverte, mais si grand cœur...
Comme pour Patrick, nous avons vécu ce moment unique et intense de vrai bonheur : contempler dans un berceau un petit être qui dépend tellement de vous, tellement fragile, tellement vivant...
Maintenant encore, quand notre couple analyse ces sentiments avec le recul du temps et les compare à ceux qui présidèrent aux autres « naissances » qui suivront mais dont la nidation physique sera différente, il est convaincu que l'évolution qui fit de l'homo sapiens un être sensible, intelligent et raffiné, l'amènera à transcender et spiritualiser les actes essentiels de sa vie animale comme la filiation et les élèveront à des niveaux seuls compatibles à tel état d'esprit.
Aussi quand on se penche à deux pour la première fois sur un enfant qu'on protège dans ses bras, quand on prend conscience de sa dépendance et qu'on sent monter cette ferveur sublime de l'amour parental, c'est alors et seulement alors qu'il est réellement conçu, c'est alors qu'il est réellement porté, c'est alors qu'il devient réellement « chair de notre chair », « sang de notre sang » et « cœur de notre cœur ».
Nous qui connaîtrons par la suite des « naissances uniquement conçue dans le cœur » pouvons mieux que quiconque juger de leur identique valeur intrinsèque.
Respectant nos traditions religieuses, le petit garçon fut baptisé par le curé de notre paroisse, mon frère Pierre en étant le parrain et Ninon, l'épouse de mon beau-frère, la marraine.
Il était vif comme un éclair,
Il était beau comme un oiseau,
Il jouait les filles de l'air,
Et il chantait dans les roseaux.
Ses cheveux blonds se paraient d'or
Quand le ciel flambait son soleil,
Ses joues étaient plus roses encor
Qu'un poupon qui soudain s'éveille.
Dans son cœur chante l'hirondelle
Qui annonce un beau printemps,
Dans son âme naît la chandelle
Toute tremblante en gigotant.
Ses yeux sont clairs comme un ruisseau
Et toujours étonné du monde
Qui l'enserra dès son berceau
Il erre, l'âme vagabonde.
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{2} Nous étions privilégiés par l'environnement forestier de notre bonbonnière à l'orée de la forêt de Soignes. La naissance de nos enfants changea la donne.
Pour eux, nos yeux rêvèrent de grands espaces et d'ébats champêtres dans un environnement sain que notre quartier dévoré par l'expansion citadine ne procurait plus.
Quant à la plus belle hêtraie d'Europe, les débordements désordonnés et indisciplinés de la ville, de ses habitants et véhicules décimaient les arbres qui s'étiolaient dangereusement.
Aussi, comme tous les jeunes parents belges, pas encore limités par les contraintes scolaires, nous nous échappions, dès les premiers beaux jours à la côte belge, à la mer comme on dit aussi.
Nous profitions des prix avantageux des périodes « hors saison » pour louer pendant un mois villa ou appartement confortable et spacieux, ce qui nous permettait de prendre avec nous les parents des deux côtés.
En une bonne heure de voiture, je pouvais les rejoindre le week-end, mon asservissement professionnel ne me permettant pas les absences prolongées.
Nous avions cependant une « brique dans le ventre » comme tout bon belge et pas de capitaux suffisants pour acquérir à Bruxelles un bien conforme à nos ambitions.
Aussi envisageâmes-nous de trouver la maison de vacances et de week-end de nos rêves, la « maison de campagne » comme on se plaisait à se vanter.
C'était devenu une mode dans mon milieu professionnel, et nombreux étaient ceux qui venaient me consulter, puisque cela faisait partie de mes attributions, pour trouver des solutions financières à leurs problèmes d'emprunts.
Nous n'avons pas cherché longtemps. D'abord le plus près de Bruxelles, mais il n'y avait déjà plus grand-chose qui correspondait à nos moyens et qui fut assez grand pour réaliser nos projets.
Nous trouvâmes à cinquante kilomètres de chez nous, un ancien relais de poste, perdu dans la campagne, avec le seul inconvénient que la partie droite, construite au-delà de la grange était déjà vendue.
Elle nous convint malgré tout très bien. En partie restaurée, elle comportait de part et d'autre d'un petit hall d'entrée, une annexe-cuisine et une salle qui avait servi autrefois de lieu de brève halte pour les voyageurs pendant qu'on soignait l'attelage.
Quatre chambres au-dessus et jouxtant le lieu d'accueil, une étable pour un cheval et quelques vaches donnait accès à une grange avec sa classique grande et haute entrée pour remiser un chariot de cultivateur chargé de sa moisson de foin ou de céréales.
Un grenier à grain avait été prévu au-dessus du local pour les bêtes avec ouverture à l'extérieur prolongée d'une potence avec poulie pour monter les sacs.
Les bâtiments en retrait par rapport à la route qui filait devant, avaient été placés légèrement de biais pour les orienter plein sud, face au soleil.
L'isolant de la seule maison voisine, une petite annexe pour cochons, traditionnelle à toutes les petites exploitations de Belgique, rejoignait la voie routière.
Une petite prairie avec trois arbres fruitiers, quelques saules pour perches à haricots et un potager entouraient la bâtisse.
Un rêve pour des citadins, qui se voyaient déjà transformer cet ensemble fermier en confortable maison de campagne.
Cependant il y aura, bien entendu, fort loin de la coupe aux lèvres. Nous n'avions que les vacances et les week-ends pour aménager tout ça.
Nous réalisâmes cependant beaucoup de choses et ce ne fut pas mal réussi en apparence, mais rien n'était achevé et tout était bricolé ou rafistolé.
Nous « trimâmes » sur cette baraque pendant vingt-deux ans. Mais nous y trouvâmes détente et santé.
L'endroit était merveilleusement calme et champêtre. En face, des prairies où paissaient de jolies vaches pie et un peu plus loin un couple de gros chevaux de labour.
Derrière et tout autour, de vastes champs où se cultivaient en alternance betteraves et céréales.
Une belle voie rurale en béton, blanche, droite et sonore sous la gomme du pneu des machines agricoles, fuyait de part et d'autre de l'avant-cour, pour atteindre à droite le petit village de Liernu et à gauche, à trois cents mètres, un carrefour dit des six chemins en raison des deux routes et du chemin de campagne qui le traversent.
De l'autre côté des prairies, au loin mais à portée de vue, deux fermes dont l'une était occupée par le ménage de deux fermiers qui devinrent de bons et si précieux amis.
Nous avions une telle considération l'un pour l'autre que nous ne parvînmes jamais à nous appeler par nos prénoms.
Nous utiliserons toujours nos noms de famille : Monsieur ou Madame Stage, Monsieur ou Madame Mailleux.
L'estime mutuelle que nous éprouvions était si grande qu'un affectueux respect, excluant la familiarité, nous empêchait d'agir autrement.
Dieu sait pourtant combien, pendant la vingtaine d'années qu'ils vécurent encore, nous eûmes de moments privilégiés de profonde amitié et partageâmes des joies et des peines quand les épreuves s'abattirent douloureusement sur nos deux familles, mais surtout sur la leur.
{3} René Stage était un homme simple, comme on dit sottement quand quelqu'un est modeste et n'étale ou n'exprime pas son authentique valeur.
Il parlait posément avec la sagesse de celui qui se trouve journellement seul dans l'immensité des champs, face à la nature, subissant l'envoûtement des ciels, respirant la vie chaude de la terre, partageant le bonheur de l'alouette qui s'élève en chantant éperdument dans les nues, toujours plus loin, toujours plus haut.
Très discret, serviable et d'une très grande bonté, il disait des choses importantes avec bon sens et clarté en terminant son propos par ces mots attendrissant de discrétion et de modestie : « Je dis ça et je ne dis rien ».
L'image que nous gardons de lui sera toujours associée, dans notre mémoire, à celle de notre petite ferme « château » tellement elles furent synonymes de détente, de bonheur champêtre, de retour à la nature et d'équilibre.
Nous nous souviendrons toujours des lendemains de l'acquisition. Après l'emballement classique où on est aveuglé par le désir de matérialiser un rêve, vient le coup de froid tout aussi classique du retour soudain à la raison avec le cortège des inconvénients qu'on avait jusqu'alors ignorés.
La nuit qui suivra la signature du compromis chez l'agent vendeur, fut pour nous atroce. Nous réalisions seulement que notre décision serait lourde de conséquences entraînant un radical changement de vie.
Notre naturel casanier se rebellait à l'idée des navettes et déplacements hebdomadaires que nous allions nous imposer. Comment concilier aussi nos agendas déjà surchargés ?
Aussi l'apparition bonhomme de notre voisin que le hasard avait placé devant notre tout nouveau bien, accueillant, souriant, si chaleureusement aimable, nous alla droit au cœur.
Dans son bleu de travail rapiécé, la casquette sertie sur une collerette de petits cheveux luisants noirs, il nous tendait de belles mains rudes, musclées à la Rodin, chaudes d'amicale tendresse.
Je n'écrivais plus beaucoup, cependant je ne pus m'empêcher de composer le poème qui va suivre que j'intitulai : « L'homme, la bête et l'acier » en évoquant notre ami derrière son cheval et sa charrue.
Atteint par un lyrisme bien champêtre, je me laissai emporter par la tentation d'envolées bucoliques sensuelles et peut-être trop emphatiques.
L'homme aux bras émaciés,
Noueux comme un vieux tronc,
Dans un éclair d'acier
Ouvrait de grands sillons.
La terre au chaud soleil
S'étire d'un long sommeil.
Dans le limon fumant,
La bête aux flancs luisants
Eperonne le sol
De son soc qui le viole.
Les tripes de la terre
Au soleil se resserrent.
Les longs sillons alignés
Proclament autant de victoires
De l'arrogant fier acier
Qui a défloré sans gloire
Les lèvres tendres fumées
D'une terre violentée.
Tout l'acier dur d'un ciel bleu,
En grandes gerbes de feu,
A l'acier du sol s'unit
Pendant qu'un soleil jaillit
Dans un éclair de lumière
Sur la nature en prière.
La nostalgie me prend maintenant au souvenir de ce bien dont nous dûmes nous séparer (j'expliquerai plus loin dans quelles circonstances et pourquoi) et un sentiment douloureux d'absence, comme celui qu'on ressent quand on a perdu un membre après une intervention chirurgicale, m'envahit en rêvant à ce coin de terre bucolique, à ce paradis perdu dans les campagnes pour notre petite tribu de citadin.
Que de jolies pages nous avons glissées dans notre livre des souvenirs, que de mélodieuses clochettes de bonheur ont égrené leur discret tintement, note après note, telles des invocations tibétaines mues par le vent !
Que de joyeuses agapes autour de grandes tables dans une ambiance de retrouvailles !
Que « d'invités surprises », de passage s'excusaient-ils, nous tombaient du ciel comme pollen au printemps !
Ma délicieuse fée-fourmi s'était approvisionnée dans son grand frigo-bahut de quoi faire face à toute invasion impromptue de ventres affamés, aussi s'affairait-elle du four au moulin avec une efficacité et une bonne humeur que n'oublieront jamais ces commensaux inopinés.
Mais quelles satisfactions ressentîmes-nous quand, rompus de fatigue, mais heureux de l'ouvrage accompli, nous contemplâmes avec fierté les transformations que nous avions imaginées pendant nos insomnies !
Pour ménager nos moyens financiers un peu justes, nous bricolâmes tout en amateurs « non-avertis », usant de trucs et bouts de ficelle qui auraient scandalisé le plus novice des professionnels.
{4} Le premier mur que nous élevâmes, avec mon filleul Bruno, dans notre candeur, s'inscrira pour toujours en hérésie des techniques les plus élémentaires de construction. A ma grande confusion, en voici la relation.
Citadins, habitué au confort des lieux d'aisance avec chasse d'eau, douillettement au chaud à l'intérieur des logis, nous n'appréciions guère celui auquel on accédait par l'extérieur comme c'était le cas, à l'époque, à peu près partout dans les campagnes, fait d'un caisson troué avec fosse plus ou moins profonde, à vider périodiquement.
Aussi une de nos premières dépenses fut de faire installer une fosse septique couverte d'une dalle de béton qui faisait corps avec l'ensemble des bâtiments jusqu'à la grande entrée de grange.
Nous projetâmes de transformer la partie avant de l'étable pour un tiers de sa superficie en salle d'eau et commodités avec l'avantage de les regrouper à proximité de leur voie de dégagement en eaux usées et produits des latrines.
Avec une prétention de bricoleur très débutant, je me sentis capable de monter les murs de séparation qui devait constituer cet ensemble. Je me fis livrer blocs de béton, ciment et sable, de quoi concrétiser mes projets.
Ce qui est étonnant dans la vie, c'est que des choses absolument évidentes ne le sont pas pour tout le monde et moi en particulier : je ne réalisai pas que les vides imparfaits laissés d'un côté de ces grosses « briques » en béton qui devaient être dressées sur champ, étaient destinés à recevoir par pression une partie du mortier qui avait été étalé par-dessous, de manière telle qu'au séchage, l'ensemble fasse corps.
Pour moi ces cavités avaient toutes l'apparence d'un défaut de fabrication que je devais réparer en remplissant les vides et j'alignai mes « parpaings » (c'est ainsi que ça s'appelle), les soi-disant vides en haut pour en permettre le remplissage.
Quel boulot et quel gâchis, car l'ensemble était beaucoup moins solide ! Je pestais sur le fabricant que je croyais coupable de m'avoir livré une marchandise mal achevée : j'arriverai à mes fins avec beaucoup de patience et de mortier.
Par la suite, plus malins ou moins novices, en réalisâmes-nous des choses dans cette propriété, pendant les quelques vingt années que nous la gardâmes !
Nous « touchâmes » à tous les métiers du bâtiment : maçon, menuisier, charpentier, plombier, électricien, ardoisier, carreleur, plafonneur, peintre, terrassier et j'en passe...
Le grenier à grain fut transformé en deux belles chambres avec cage d'escalier en colimaçon donnant sur l'arrière de l'étable, transformée en prolongement du living lequel plus tard, donnera accès par une grande baie vitrée à une immense véranda couverte de panneaux ondulés en polyester.
Cette surface contiendra une piscine couverte de cinq mètres sur vingt dont la profondeur allait de un à deux mètres cinquante avec système de filtration et chauffage par panneaux solaires ainsi qu'une salle de détente d'une trentaine de mètres carrés avec fauteuils de jardin et jeux divers (tennis et football de table etc.)
Comment réalisâmes-nous tout ça, de front avec nos activités professionnelles, car en dehors du gros œuvre, nous achevions tout nous-mêmes ?
Il faut dire aussi que mon jeune beau-frère Daniel et Bruno mon filleul nous aidèrent beaucoup.
Mégalomane, je ne cessais de rêver à de grandioses et démesurées réalisations. Ma si courageuse et si aimante compagne me suivait et débordante d'énergie était un « homme » de plus, en collaborant à toutes ces activités avec une habileté de professionnel.
Elle arrivait à concilier ses nombreuses charges du ménage et l'éducation des enfants avec un travail de comptable à domicile que je lui avais appris et qui nous arrangeait mieux que son emploi d'assistante dentiste dont l'horaire de travail ne cadrait pas du tout avec le mien : elle rentrait tard le soir et travaillait le samedi, ce qui nous faisait perdre de précieuses heures ensemble.
C'est ainsi que je lui proposai de tenir des comptabilités en tant qu'indépendante, avec l'avantage de ménager son horaire suivant ses opportunités.
Très subtile et audacieuse, elle s'en tira vite très bien. Mais je crois qu'elle se rappellera toujours l'inquiétude de ses débuts.
Notre premier client fut un grossiste en produits chimiques spéciaux. Recruté par annonce dans un journal spécialisé, il exigeait que le ou la comptable n'emportât ni livres ni documents, si bien que mon audacieuse chérie, les premiers temps, « bluffa » suffisamment pour que l'épouse du client qui s'occupait de l'administration ait foi en sa compétence.
C'était audacieux, mais bien drillée le soir quand je rentrais, elle s'en sortit brillamment.
Le secrétariat de l'affaire était tenu par l'épouse d'un couple avec lequel nous nous liâmes d'une amitié qui dure toujours.
Revenons aux tribulations qui caractérisèrent notre parenthèse campagnarde.
Après quelque temps (en 1973), je rêvai d'agrandir la propriété et fis l'acquisition d'un terrain d'environ septante ares contigu au nôtre.
Nous y ferons de tout : prairie pour moutons, potager, verger,... installation de chauffage solaire pour la piscine... Je pensais également y planter un petit bois mais n'y parvint jamais, faute de temps.
Une prairie pour moutons, d'une vingtaine d'ares, avait été aménagée à l'avant. Nous y construisîmes, pour les y abriter, un petit bâtiment à colombages d'un très bel effet avec ses poutres créosotées tranchant sur le blanc des remplissages.
Ce sera aussi pour les enfants une merveilleuse aire de détente et de plaisir champêtre dans laquelle ils pouvaient à loisir choyer ou caresser agneaux et brebis.
Il va de soi que je ne pus m'empêcher de traduire en vers cette ambiance champêtre d'alouettes qui s'enivrent de ciel et ce chant du vent et des travaux dans les champs...
Ecoutez-les voler
De toutes leurs petites ailes
Les petits messagers
Qui lutinent tendrement le ciel !
Ecoutez la voix du vent
Féline dans les auvents !
Écoutez danser le blé
Dans les faisceaux endiablés !
Ecoutez le lointain ronron
Des machines qui s'ensorcellent
Du long parfum des grands sillons
Que lentement leurs socs morcellent !
Ecoutez l'âme de la terre
Quand elle endort sa lassitude
En traînant les chants délétères
De son grand ciel de solitude !
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09:03 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : fermette, vacances, week-end, agapes, verger, moutons, agneaux, piscine, prairie, potager, grève des médecins, soldat du feu
19/02/2010
Ch. 19 - Alors qu'on n'y croit plus.
Récit détaillé d’un long cheminement de recherche
d’une vérité sur la motivation d’exister
et la valeur de nos croyances
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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l'appel de s'(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (légère en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j'ai lancés antérieurement. L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes
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Propos d’un octogénaire provenant
d’un milieu foncièrement chrétien,
élevé dans cette foi et en ayant bénéficié
de tous les avantages, mais subi les contraintes,
et qui a consacré les dix années
qui viennent de s’écouler à
s’interroger sur les motivations d’exister
et la valeur des croyances.
__
Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog
d'environ 25 pages, deux fois par semaine.
Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte
pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur
qui fera défiler les repères entre petites accolades { }
situés au début de certains paragraphes
et ainsi trouver rapidement un passage
suivant les repères { } situés en début de chapitre.
__
(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)
AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d’apporter de l’espoir à ceux qui sont « un genou à terre » parce qu’écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir, en leur communiquant l’enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante du rêve. Il a permis à l’auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu’il l’a perdu, malgré les avatars d’une vie particulièrement douloureuse et difficile. Les faits sont scrupuleusement exacts et les nombreux témoins ou acteurs cités qui en ont pris connaissance, peuvent en témoigner s’ils sont encore en vie. D’autre part, cette « impudeur » des sentiments lui ont cependant été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.
Chapitre 19 : ALORS QU'ON N'Y CROIT PLUS.
Table des repères : {19.1} La naissance de notre premier enfant : l'enfant-merveille, dans des conditions hivernales difficiles et retard de l'accoucheur - Mon frère Pierre est renversé par une voiture et gravement blessé - {19.2} Difficultés particulières du bilan de ma société qui doit être clôturé sans bénéfices ni pertes - {19.3} Mes supérieurs, Thierry de Menten de Hornes et Georges Souillard - La fonction de « chef du Personnel » - Structure du département administratif et du Personnel dont je suis devenu le chef qui couvrait plusieurs sociétés et occupait 40 personnes - {19.4} Mes rapports avec Léon Wolters, frère du président, homme de grande culture, patron d'une des sociétés qui avaient ses bureaux chez nous - {19.5} Diaphane-cœur et la complémentarité physique.
{1} Dans son environnement idéal, notre couple était choyé par la vie. Un écrin de relations affectives lui procurait cette chaleur du cœur qui est la source du vrai bonheur.
Cependant, refoulé au plus profond de mon subconscient, s'étiolait un sentiment que Diaphane-cœur maintenait dans ses bras refermés, mais qui s'en échappait souvent : sentiment instinctif, dynamique de la vie, condition essentielle à son maintien, latent dans l'être vivant depuis le début de son histoire : se multiplier, procréer... ; cependant, de toute évidence, notre couple était stérile...
Aussi nous nous imposâmes les consultations humiliantes de spécialistes qui finirent par y trouver remède, aussi notre bonheur devint-il total quand nous apprîmes qu'un bébé naîtrait début 1963.
Avec le recul du temps, nous ne pouvons nous empêcher de nous interroger sur les sentiments qui motivent ce besoin de descendance.
La procréation, soutenue par l'attirance sexuelle, est une fonction que la sélection a favorisée, nécessaire à la pérennité des êtres vivants.
Est-ce le besoin de répondre à cet instinct naturel qui a provoqué chez nous, les humains, et plus particulièrement dans notre couple, une satisfaction physique qu'il faut, sans doute, associer à l'instinct de conservation ?
En second stade de l'analyse, on constate que prennent place, chez l'être intellectuellement développé une élévation des sentiments tels que naissent des idéaux de grande envolée pseudo-lyrique.
On idéalise l'être qu'on destine inconsciemment à la prolongation de son « ego ».
On imagine un premier enfant-merveille qui réalisera nos rêves ou qui nous consolera de nos échecs.
Le pauvre à peine conçu, on lui réserve déjà une vie difficile qu'on n'a pas nécessairement assumée soi-même.
Ce travers que je stigmatise maintenant, nous ne pûmes nous empêcher de l'avoir aussi à cette époque.
Par la suite et avec la sagesse de l'âge, nous pensâmes mieux faire en laissant à nos enfants la latitude de s'épanouir en fonction de leurs qualités et de leurs aspirations.
Maintenant qu'ils sont adultes, nous nous gardons bien d'en tirer la moindre leçon. L'infinie complexité de l'être humain est telle que nous ne nous permettrons pas de défendre la moindre théorie.
Nous pensons qu'avant tout chacun doit agir avec abnégation et beaucoup d'amour en évitant d'en faire « l'objet » de notre dévotion. Mais surtout, ne pas le condamner à être « le bâton de vieillesse ».
De plus en ce qui nous concerne, l'expérience de la diversité familiale que nous vécûmes nous a conduits à une certitude quant à la valeur des liens dits «du sang » qui devraient, selon certains, créer une différence avec ceux qui ne les ont pas.
Notre couple rêvait d'une grande famille et j'étais nostalgique d'une descendance féminine, d'autant plus que je n'avais pas eu de sœurs.
Or, nous aurons d'abord deux garçons que mon épouse porta et mit au monde et puis ce fut le retour définitif à l'infécondité. C'est alors que ma compagne proposa de faire naître dans notre cœur deux petites filles.
Elles viendront si bien compléter et harmoniser notre foyer que seuls ceux qui n'ont pas vécu tel élargissement familial n'en comprendront jamais la richesse.
Ce sentiment sera pleinement partagé par nos proches à un point tel qu'ils en oublieront les différences physiques.
Le 7 janvier 1963 sera un jour d'hiver glacial. Depuis la mi-novembre, la neige a rendu la ville impraticable et sale de ce que la circulation automobile en avait fait.
Des congères pelletées par les riverains qui déblayent leurs trottoirs rendent le stationnement et la circulation difficile.
Ma «chérie » vient de me rappeler : notre fils va peut-être naître aujourd'hui. Les premières douleurs sont là et le gynécologue-accoucheur nous attend. Après auscultation, il nous renvoie en enjoignant à mon épouse, avec outrecuidance, d'aller préparer le repas de son mari (sic).
Nous revenons médusés et très penauds. Mon filleul Bruno était chez nous comme c'était souvent le cas, aussi je le reconduisis, en slalomant entre les voitures garées n'importe comment.
Je profite de l'occasion pour aller voir à l'hôpital mon pauvre frère Pierre, qui a été renversé par une voiture au début de novembre et qui a la jambe fracturée en plusieurs endroits.
Les dégâts étaient tellement importants qu'il fallut consolider le membre avec un «clou», ce qui le fera bien souffrir et nécessitera une hospitalisation de plus de six mois.
La jambe en l'air, étirée par poids et poulies, il restait le courageux bonhomme qu'il sera toujours, grimaçant de douleur, mais plaisantant sans cesse.
Pendant ce temps, mon épouse se tordait de douleur et perdait le liquide amniotique. Je rentrai tout juste pour l'aider à s'installer dans la voiture et nous précipiter à la clinique après avoir averti l'accoucheur.
Nous garderons toujours en mémoire ce cauchemar d'un « gymkhana » fou dans des voies verglacées et encombrées de voitures mal garées.
La clinique se trouvait au bas d'une des rues les plus pentues de la ville à tel point que je perdis le contrôle de mon véhicule qui se mit à zigzaguer pendant que je donnais des coups de volant aussi intempestifs qu'incohérents.
Comment l'aventure se termina-t-elle sans encombre, je me le demanderai toujours !
Dès notre arrivée, grand branle-bas de combat et affolement précipité de tout le monde, y compris d'une infimière-accoucheuse, vers la table d'accouchement : la naissance était imminente ...
Mais là, gros problème : le passage pour l'enfant était trop étroit, il fallait « couper ». Nous dûmes attendre, dans l'angoisse la plus folle, l'arrivée de l'obstétricien qui seul pouvait accomplir cet acte chirurgical.
Il n'eut même pas le temps de se changer et ce fut les bras enfilés dans une blouse que maintenait une infirmière qu'il intervint et que notre fils s'éjecta en masse informe, bleue du manque d'oxygène que sa venue retardée avait provoqué.
Le médecin parvint difficilement à lui tirer les premiers cris salvateurs en le tenant par les pieds comme un lapin qu'on assomme et en lui administrant les premières et dernières fessées de sa vie.
Il fallut plusieurs jours à notre petit Patrick (c'était le nom que nous lui avions choisi) pour avoir ce beau teint finement rosé qui en faisait le « plus bel enfant de la terre ».
Ici encore, je m'arrête dans mon récit, car je ne peux m'empêcher d'analyser ce tournant important de notre parcours.
Quand l'enfant paraît, tout change et la vie prend de nouvelles dimensions. Le couple perd son sens, on devient trois, début peut-être de davantage.
L'amour change de cible, on accepte cette « intrusion » d'un autre ; on aime ce « gêneur » avant l'autre ou au travers de l'autre. Seul peut-être l'amour physique dans sa dualité exclusive constituera brièvement un bref retour à « l'amour-miroir ».
Ce choix de «procréer », ce choix d'ouvrir son couple à l'entité familiale, n'est plus intellectuellement défendable qu'en raison de considérations religieuses ou philosophiques.
De nos jours, les techniques contraceptives enlèvent à l'acte sa raison fondamentale et libèrent le couple de sa contrainte procréatrice.
En dehors de l'instinct animal et atavique de se multiplier que l'être humain comme tous les êtres vivants conservera toujours et qui assurera sa pérennité, l'être évolué peut trouver son accomplissement philosophique et son équilibre mental dans une union dite « infructueuse ».
Je me suis assez étendu plus avant sur nos motivations qui, je le rappelle, étaient davantage dictées par un instinct atavique de multiplication et de protection affective d'un jeune que par de hautes considérations philosophiques ou religieuses, pour réaffirmer avec force que ce sentiment « instinctif » peut être contrôlé ou absent pour toute autre raison aussi valable que respectable.
Notre bonbonnière, tapie dans son écrin de neige soyeuse et de petites maisons roses, dans un décor de forêt et de conte de fées, était le palais qui attendait son petit prince et que nous avions aménagé tout entier à sa dévotion.
Sa maman-fée de ses doigts de magicienne avait transformé le berceau-balancelle familial en nid royal, garnissant montants et fuseaux de bois de cretonne à fleurs roses.
Penché sur ce petit nid d'oiseau des îles, nous ne nous lassions pas de contempler notre merveille qui dormait ou souriait en regardant passer les anges.
Chez une maman et un papa, la raison s'égare et le « temps suspend son vol » quand, penché sur un berceau, ils contemplent un enfant qui repose, dans sa candeur, sa fragilité et sa totale dépendance.
Un bonheur subtil, difficilement analysable, les envahit, ainsi qu'un sentiment nouveau de force et de puissance pour le défendre et affronter le destin.
Un enfant, c'est plus beau
Qu'étoiles dans la nuit.
Un enfant, c'est plus beau
Qu'une perle qui luit.
Un enfant, c'est plus beau
Qu'une fleur en rosée.
Un enfant c'est plus beau
Qu'une mer reposée.
Un enfant, c'est le ciel
Qui surgit du néant.
Un enfant, c'est le ciel
Embrassant l'océan.
Un enfant, c'est l'amour
Au fond du cœur, celé.
Un enfant, c'est l'amour
Aux hommes révélés
Un enfant, c'est le rêve
Qui vient du fond des âges,
Un enfant, c'est la trêve
Des soupirs et des rages.
Un enfant qui sommeille
En retrouvant les anges
C'est pour nous un éveil
De projets et louanges.
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{2} Depuis ce matin d'avril 1962 où l'épouse de mon chef m'avait annoncé que son mari venait d'être atteint d'accident cérébral, mes conditions de travail s'étaient améliorées rapidement.
J'aurais dû donc y trouver toute la satisfaction qu'une position aussi importante pouvait procurer.
Cependant, si ce fut le cas en ce qui concerne la considération qu'elle procurait, il n'en restait pas moins que la tâche administrative que j'assumais dans le maillon important d'un groupe de haute technologie en pleine expansion, s'avéra rapidement lourde de responsabilités financières essentielles qui me tourmentaient durement.
L'élaboration et la surveillance des budgets étaient une tâche difficile qui demandait une attention journalière constante pour les maintenir dans la limite des prévisions en se servant des techniques comptables archaïques de l'époque.
La plus grosse partie des dépenses de fonctionnement était couverte par un apport des filiales du groupe pour lesquelles nous travaillions, Petrofina intervenant en dernier ressort, pour combler la différence.
De plus, comme notre maison-mère était soumise à des impératifs de publication des résultats, dès les premières semaines d'un nouvel exercice, je me trouvais inconfortablement placé en début de chaîne pour déterminer le chiffre définitif de son intervention.
Autre écueil de fin d'année à surmonter, mais qui était de taille : pendant une vingtaine d'années, pour des raisons que je n'ai jamais discutées, notre « marâtre » Petrofina nous imposa de clôturer l'exercice comptable sans bénéfices, ni pertes, ce qui peut paraître logique pour la société-département de recherches que nous étions finalement.
Il fallait donc que les charges fussent compensées exactement au franc près par les revenus. Chaque année, c'était un épouvantable casse-tête que de trouver des artifices d'imputation, entre autres dans les frais à payer et les charges à recevoir, en manipulant des évaluations, que le fisc veuille bien admettre.
Je n'ai jamais osé m'opposer ou contester ces « diktats ». Avec le recul du temps et l'expérience, je peux prétendre maintenant que cette manière de clôturer un bilan, sans résultats reportés, relève de la plus haute fantaisie et est contraire à toute saine logique. Elle n'aurait pas été admise par un commissaire-reviseur qu'à l'époque, nous n'avions pas l'obligation de nommer.
Pourquoi, me direz-vous, avoir accepté pendant vingt ans cette contrainte et bien d'autres ?
C'est que, soucieux de défendre une position que lorgnaient de talentueux universitaires pistonnés, devant lesquels je faisais piètre figure avec mon seul diplôme de comptable, je devais défendre ma place avec des résultats performants que personne ne pouvait contester.
Complexé par la pauvreté de mon curriculum vitæ, je me suis toujours efforcé de donner à mes supérieurs plus qu'ils n'en demandaient, sans commentaires et dans des délais qui les épataient, souvent au détriment de mes nuits. Involontairement, j'étais devenu un foutu « gâche métier ».
Peut-on comprendre que je n'avais pas beaucoup le choix ? Ma position sera toujours précaire et ce sera ainsi tout au long de ma carrière, de là un sentiment d'infériorité que je devais compenser en me surpassant.
Plus loin dans mon récit, j'aurai l'occasion de relater quelques-uns des combats que j'ai du mener pour défendre des acquis fragiles et, comment, parfois, après avoir été forcé de mettre une fois de plus « un genou à terre » par accident de santé, je devrai développer toute l'énergie dont j'étais capable pour me relever et préserver des résultats durement conquis.
Inestimable compensation à tout cela, je bénéficiais de la considération et de l'estime de tout ce monde qui m'entourait.
C'était un milieu merveilleux de gens instruits grâce auxquels j'eus l'occasion de parfaire ma culture.
J'ai pu avec l'aide de certains scientifiques me permettre des investigations dans les domaines fondamentaux de l'infiniment grand et de l'infiniment petit, et ainsi de mieux structurer et approfondir mes réflexions sur l'existence.
Comme je l'ai déjà signalé par ailleurs, ce domaine m'a toujours interpellé, en raison d'un besoin de réponse aux questions métaphysiques que je me posais suite à l'éducation religieuse que j'avais reçue.
{3} En ce qui concerne mes rapports professionnels avec ma hiérarchie, deux supérieurs avec lesquels j'étais en rapport constant, j'ai eu le mérite d'avoir acquis leur estime.
Autant l'un, au nom distingué de chevalier Thierry de Menten de Hornes, était discret, réservé, même timide, mais très grand seigneur, maniant un humour racé et subtil, autant l'autre, Georges Souillard, joyeux Breton de Rennes, était primesautier, spirituel dans des propos colorés sans gouaille, avec cette qualité de langage que nous, « petits belges », admirons tant chez nos voisins français.
J'ai le rire facile et communicatif ; j'appréciais au plus haut point les réparties « pince-sans-rire » de l'un et les jeux d'esprit truculents de l'autre qui nous entraînaient dans des parties de fous rires difficiles à réprimer.
C'est dire la chance que j'ai eue de fréquenter ces deux « patrons ». Par souci d'efficacité, et pour se débarrasser des soucis ou corvées administratives qui ne pouvaient qu'importuner les scientifiques qu'ils étaient, ils ne tardèrent pas à me faire participer à toutes les réunions où il y avait lieu de noter des informations qui pouvaient me permettre de bien gérer la vie administrative de la société.
Cette fonction était doublée d'une autre que tous les responsables des bilans des sociétés assumaient à l'époque, celle « d'officier payeur » avec le caractère de haute confidentialité qui y était attaché. Ce « secret » était durement protégé par le couperet du renvoi, sans préavis, en cas de divulgation.
La fonction de « Chef du Personnel » commença à s'instaurer dans les grandes sociétés, dès les années soixante, avec la création d'un service spécialisé.
Soucieuse de ne pas alourdir ses frais généraux, Petrofina resta assez longtemps réticente à introduire cette nouvelle entité administrative dans ses sociétés.
Les chefs comptables assurèrent souvent cette charge qui finira par devenir l'essentiel de leur activité, un employé de haut niveau, mis dans la confidentialité des salaires, se chargeant de gérer les outils de paye.
A partir des années 70, on assista, dans le monde occidental, à un emballement exponentiel des techniques, galvanisées par la découverte des microprocesseurs en informatique et l'avancée des technologies de pointes en physique et chimie.
Notre groupe était à la pointe du mouvement dans certains domaines et se défendait honorablement dans les autres grâce aux performances des chercheurs de ses laboratoires et du nôtre en particulier.
Tout cela pour dire que notre société, véritable fer de lance du groupe, se développa rapidement et que la centaine de chercheurs et techniciens doublèrent, triplèrent, dépassèrent facilement les cinq cents pour approcher le millier lors de sa fusion avec Total.
Ce développement de nos activités rendait ma charge administrative de plus en plus lourde à porter, malgré l'augmentation constante des effectifs de mon département.
Soucieux d'atteindre la meilleure rentabilité de ses troupes, le groupe n'autorisait que parcimonieusement de nouveaux engagements, à tel point que je me trouvais continuellement en déficit de personnel pour assumer dans les délais voulus, les tâches dont j'avais la responsabilité.
Avec quelques proches collaborateurs dévoués, nous étions forcés de fournir de lourdes prestations supplémentaires non rémunérées à notre niveau de fonction.
Il va de soi que ces responsabilités n'allaient pas sans avantages de titre, qui me firent gravir des échelons qui dépassèrent rapidement mes ambitions les plus folles.
Mon père parlait toujours avec grande considération de son chef de service. Aussi je rêvais de ce titre sans trop l'espérer, comme du couronnement d'une carrière réussie.
Il me fut octroyé, dès qu'il s'avéra que mon vieux patron ne reprendrait plus le travail, c'est-à-dire quelques mois après, fin 1962, avec officialisation au Moniteur (j'avais trente-trois ans).
Le rêve devenait réalité et le reste dépassera mes espérances les plus fantaisistes : fondé de pouvoirs en 1965, sous-directeur en 1972, directeur-adjoint en 1977, directeur en 1980.
A une époque où l'inflation des titres est notoire, cette énumération de grades peut paraître prétentieuse, mais qu'il veuille bien comprendre la satisfaction que me procure encore l'évocation résumée d'une progression qui ne fut gagnée qu'en écartant des rivaux bardés de diplômes ou pistonnés.
Comme je le relaterai plus loin, mon seul mérite viendra d'une disponibilité de tous les instants au détriment de mon foyer, malheureusement. Mais également, je dois l'avouer, à une antériorité qui remontait à l'origine de la société, me permettant de mettre en place une organisation administrative originale et d'en contrôler tous les rouages.
Mon département qui comprenait la comptabilité, le service du personnel, l'économat et les magasins, s'agrandira d'une unité performante de « Photos et imprimerie » qui travaillait pour tout le groupe. Nous assurerons, en outre, les services du personnel et de la comptabilité de plusieurs filiales qui avaient établi leur quartier chez nous.
Ce fut finalement un « petit » monde d'une quarantaine de personnes qu'il me fallut mener avec doigté, patience et fermeté.
Les relations de service avec les responsables des filiales logées chez nous furent des plus agréables. Leurs managers étaient des gens de qualité avec lesquels il était fort intéressant de dialoguer. L'étendue de leur culture me permit d'avoir avec eux des conversations de grande valeur. //]]>
{4} Je retiendrai surtout, dans cet ordre d'idée, les entretiens que j'ai eu le privilège d'avoir avec le frère du grand patron de Petrofina, Léon Wolters, personnage d'une très grande culture, diplômé de Centrale à Paris, homme du monde, champion de tennis et de bridge.
Quand je l'ai connu, il avait atteint l'âge de la retraite, mais pour des raisons d'opportunité personnelle, avait tenu à poursuivre une activité professionnelle.
Il avait son bureau presque en face du mien, ce qui nous donna l'occasion d'avoir de nombreux échanges de vues sur une quantité de sujets qui nous apportèrent à tous les deux, mais surtout à moi, l'avantage de disserter sur l'existence, la connaissance et d'aborder les grandes questions de la morale et de la finalité.
En avons-nous passé des soirées et des heures dans mon bureau où il aimait me retrouver après une journée fatigante ! A jeun, comme des ascètes, nous bavardions longuement de choses étonnantes, l'estomac tiraillé.
Il ne fut pas le seul, j'eus dans ma vie la chance de rencontrer dans ce milieu de chercheurs des gens de grande culture.
Après leur passage, je notais soigneusement l'essentiel de leur propos. Je relisais alors et corrigeais mes notes sur « l'existence ».
Toujours obsédés par les questions fondamentales que suscite une interrogation sur le pourquoi et le comment de tout et sur la valeur du message religieux, nous avons participé, mon épouse et moi, tout au long de notre passionnant parcours à deux, à de nombreux colloques, séminaires, réunion de quartier, activités paroissiales culturelles et autres de nature à mieux étayer notre réflexion.
C'est dire aussi que ces activités multiples envahissaient nos loisirs réduits à la portion congrue. Lyrisme et poésie furent de cette manière remisés pour ne surgir qu'occasionnellement lors des courtes vacances qu'un agenda professionnel saturé m'autorisait.
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{5} Cependant, cette époque d'interrogations métaphysiques m'incitait à utiliser ma faculté de transposition de la réalité en prolongements imaginaires avec l'avantage du vécu. Dans ce monde étrange du « rêve-éveillé » je retrouvais, tellement ils me collaient au cœur, des accents de sublime, d'élévation, d'émerveillement qui me consolaient de l'aridité de mon quotidien.
Mais je tenais avant tout à protéger mon foyer, à lui épargner les contrariétés de ma vie professionnelle, à l'entourer d'une aura de bonheur. Je me pose la question,, maintenant, de savoir si j'ai réussi.
Ma «chérie », ainsi que je pris habitude de l'appeler, était bien trop subtile et fine pour ne pas avoir réalisé ce que j'endurais et que je camouflais si maladroitement.
Respectant ma démarche, elle joua le jeu, très attentive cependant à me soutenir discrètement dans les moments de découragement. Fragile comme je l'étais, sans elle, il est probable que je me serais maintes fois écroulé.
Je ne sais pourquoi, peut-être par un reste de « pudeur chrétienne », mon subconscient mit du temps à l'associer physiquement à mon monde imaginaire.
Elle s'introduisit en complément de Diaphane-cœur pour contrarier Diaphane-Prof ou Diaphane-éducation quand ils m'imposaient leur rigueur et leur rationalité.
Ce fut ainsi que Diaphane-cœur « nouvelle formule » trouva dérivatif à mon monde d'angoisse, d'inquiétude et de tourments métaphysiques en me faisant découvrir le monde éthéré de l'imaginaire ultime.
Voilà comment ce diable de double s'y est pris pour traduire le sublime de la réalité physique :
Ectoplasmes, nous nous étions retrouvés dans un nouvel Eden que les dieux eux-même n'avaient pas imaginé.
C'était un monde de songe bleu, du bleu lavé des aquarelles où nos corps diaphanes, diaphane comme une aile de libellule, se déplaçaient sur des plages infinies qu'un sable d'or pâle recouvrait d'un manteau de soie tiède.
Nos pieds s'enfonçaient dans des lèvres chaudes et des langues moites qui nous pourléchaient tendrement.
Une mer d'émeraude nous tendait des bras d'amante alanguie : nous y précipitâmes nos chairs avides de voluptés extatiques. (Je ne peux m'empêcher d'être interpellé moi-même par ce gargarisme de phrases alambiquées,...pourtant, que les rieurs ne s'y mettent pas encore,... ils n'en sont qu'au début : j'entre en transe comme un chaman... je ne vais pas manquer d'user, voire d'abuser, ne vous déplaise, d'épithètes et de longues envolées dithyrambiques).
Ce fut une longue glissade dans des bras et des doigts d'huile qui nous enveloppèrent de profondes et envoûtantes caresses.
Au paroxysme du visuel, nos yeux se trouvèrent... nos yeux se pénétrèrent... nos yeux plongèrent dans l'abîme de l'autre... nos yeux se plurent de la perfection des formes... nos yeux glissèrent dans l'intime que nous offrîmes sans pudeur...
Caresse infinie des yeux
Au creux de l'intime
Délicates rondeurs
Que prolonge un dos
Pour un port qui se coule
En glissade infinie.
Il y eut aussi au paroxysme de l'odorat de subtiles senteurs de printemps qui troublèrent nos raisons... de lourdes et chaudes effluves de pâmoison d'été qui glissèrent en vagues successives ou s'affalèrent en nappes oblongues qui nous agrippèrent le ventre en tenaille... mais aussi un rappel d'odeurs moites comme celles des bancs de brumes d'automne s'étalant en longues langues sous les futaies...
Parfum subtil des sens
Qui s'enroule en frisson,
Parfum lourd et sourd,
Remugle de canicule
En sieste lascive.
Il y eut encore la caresse des paumes effleurant la moire que révélait un galbe de jambes... et la douce émotion du doigt qui glissa dans un pli satiné... et tiède......et le cœur qui bat, qui bat affolé d'amour...
Ô mains, ô mains d'idoles
Fuseaux des îles,
Ô porte-doigts
Emmanchés de bras
Qui s'étire en caresse,
En quête de folles étreintes.
Il y eut surtout les lèvres, des lèvres pulpeuses et chaudes, des lèvres de passion, les lèvres qui sourient, ou qui rient en faisant jaillir des flots de trilles cristallines, claires comme des chants d'oiseaux... ou encore des accents profond de brames comme ceux du cerf dans les forêts d'automne.
Bouche mutine ou câline,
Chaud sourire
Pour de beaux yeux,
Amour murmuré
En tendre soupir,
Mélodie des lèvres
Qui s'évasent en bruissement
De plaintes gazouillées
Il y eut enfin la pulpe fruitée des langues et des bouches qui s'enlacent, s'étreignent, se mordillent et s'agglutinent en révélation profonde d'union sublime.
Leur âme, alors, se noya dans le lac d'étoile qui s'ouvrit dans les yeux de l'autre pour s'y éblouir de l'immensité d'un lent regard de passion.
Leurs corps s'unirent en longue étreinte,... leur âme s'embrasa de ferveur, ... leurs corps se joignirent, l'un dans l'autre pénétré... évanescente, leur âme, s'irisa de lumière,...et leur corps et leur âme enfin apaisés s'étourdirent en aura de bonheur.
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16/02/2010
Ch. 18b - Expo 1958, Le Louvre et Versailles
Récit détaillé d’un long cheminement de recherche
d’une vérité sur la motivation d’exister
et la valeur de nos croyances
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Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (légère en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement. L'idéal serait de provoquer un effet "boule de neige" en francophonie en faisant circuler le message parmi les internautes.
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Propos d’un octogénaire provenant
d’un milieu foncièrement chrétien,
élevé dans cette foi et en ayant bénéficié
de tous les avantages, mais subi les contraintes,
et qui a consacré les dix années
qui viennent de s’écouler à
s’interroger sur les motivations d’exister
et la valeur des croyances.
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Les 850 pages de l'ouvrage seront publiés par blog
d'environ 25 pages, deux fois par semaine.
Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte
pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur
fera défiler les repères entre petites accolades { }
situés au début de certains paragraphes
et ainsi trouver rapidement un passage
suivant les repères { } situés en début de chapitre.
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(Ceux qui désirent consulter la table complète des "repères" cliqueront sur "Table matières, dans notes récentes, sous le calendrier)
AVERTISSEMENT : Que le lecteur, soucieux de discrétion, ne s’étonne pas d’un déballage de sentiments et faits personnels aussi intimes et détaillés. Ils ont été dictés par le souci d’apporter de l’espoir à ceux qui sont « un genou à terre » parce qu’écrasé par le malheur et même « les épaules au tapis » de la défaite et du désespoir, en leur communiquant l’enthousiasme de vivre et la valeur réconfortante du rêve. Il a permis à l’auteur de ces lignes de retrouver le bonheur chaque fois qu’il l’a perdu, malgré les avatars d’une vie particulièrement douloureuse et difficile. Les faits sont scrupuleusement exacts et les nombreux témoins ou acteurs cités, qui en ont pris connaissance, peuvent en témoigner. D’autre part, cette « impudeur » des sentiments lui ont cependant été imposés par la nécessité de bien développer le contexte environnemental qui lui a permis de tirer les conclusions finales personnelles qu’il ne demande à personne de partager : il s’avoue agnostique par loyauté de pensée avec l’athéisme comme hypothèse de réflexion.
Chapitre 18a : A la lisière de la forêt (suite).
TABLE DES REPÈRES : {18.7} L’Expo 1958 (relation approfondie) - Problèmes congolais - Témoignage de Joseph Mabolia sur la condition des « noirs » {18.8} Mon jeune beau-frère Daniel, mon copain de toujours, assistant dévoué de nos « entreprises » - Les truites de la Lesse et l’oncle Olivier {18.9} Paris, le Louvre et le luxe de Versailles qui nous indispose - {18.10} Ma belle-famille
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{18.7} Pour la Belgique, l’année 1958 devait être un tournant important de son histoire. Depuis quelques années, les gouvernements avaient décidé d’organiser à Bruxelles un événement d’une très grande portée mondiale : une exposition universelle. Il s’agissait d’un pari audacieux que jusqu’alors peu de pays osaient risquer.
Les premières Foires Internationales datent de la fin du dix-huitième siècle. Elles furent suivies de gigantesques Expositions Universelles dont la première fut celle de Londres en 1851 que Paris tentera maladroitement de supplanter en 1855.
Londres remit ça en 1862, pour être détrôné en 1867 par Paris, sur le célèbre Champ de Mars.
Ce fut ensuite l’engouement pour la formule avec, une fois de plus, Londres en 1871 et Vienne en 1873, Philadelphie en 1876, Paris en 1878, Chicago en 1893 et Paris en 1900.
Au siècle suivant, la formule de prestige qui avait prévalu et qui privilégiait avant tout le retentissement national fit place à un compromis moins onéreux dans lequel le monde des affaires prit ostensiblement une très large place.
C’est dans cet esprit que se passèrent avant le conflit de 1940, les expositions de Paris en 1925 et 1937, et celle de Barcelone en 1929.
En 1958, l’exposition de Bruxelles sera la première après la deuxième guerre mondiale et la création de l’ONU.
Signalons toutefois, qu’en dehors de ces manifestations « universelles », après 1900, la Belgique organisa les expositions « internationales » de Bruxelles de 1935 pour marquer le centenaire de son histoire et en 1939, celle dite de l’eau qui se tint à Liège au confluent de la Meuse et du canal Albert.
Bruxelles, ville ouverte, comme on aimait la plaisanter, tellement toujours en chantiers, se devait de relever un difficile défi, celui de réaliser des performances urbanistiques en un temps record.
La jonction ferroviaire Nord-Midi, entreprise bien avant la guerre, devait être achevée sans tarder, ce qui n’était pas une mince affaire avec les moyens techniques de l’époque.
Autre nécessité, les grands boulevards aménagés sous Léopold II en voies pour véhicules hippomobiles devaient être carrossés en larges et confortables artères pour automobiles. C’est dire l’inconfort des Bruxellois qui subirent stoïquement cette période folle de travaux.
Ce qui nous impressionna le plus à cette époque fut son étendue. Jamais nous n’avions imaginé qu’une réalisation d’un tel gigantisme fut possible.
Des moyens techniques de construction de haute technologie, performante pour l’époque, furent mis en place pour construire les pavillons et aménager le plateau du Heysel sur lequel avaient déjà été construits les palais du Centenaire élevés sous Léopold II pour célébrer, en 1930, par une exposition internationale de grande envergure, l’anniversaire de l’indépendance de la Belgique.
Pour mieux faire réaliser l’ampleur de cet événement et son gigantisme, je ne peux m’empêcher de donner ci-après des chiffres étonnants provenant de l’intéressante étude de Rudolf Névi que j’ai découverte sur Internet.
L’expo occupait 200 hectares divisés en 7 sections avec la participation de 52 pays dans plus de 150 pavillons.
Il fallut 20.000 ouvriers et techniciens et 60 millions d’heures de travail, près de 28.000 tonnes de matériaux de construction et manipuler plus d’un million de mètres cubes de sol. 500 jardiniers ont travaillé la nuit.
Cette débauche d’énergie pour la plus grande satisfaction de 41.454.412 visiteurs avec un record en un seul jour de 713.664 entrées, desservis par 111 hectares de parkings qu’ont occupé 1.700.000 voitures et 62.000 motos.
Au service de tout ce monde, 300 charmantes hôtesses, 165 nacelles pittoresques suspendues à quatre kilomètres de câble qui furent utilisés par 3.000.000 de personnes, des petits trains automobiles qui parcouraient les innombrables avenues pour le plus grand plaisir de ses 10.000.000 d’usagers, des pousse-pousses motorisés firent la grande joie de 100.000 amateurs.
Pour restaurer et rafraîchir tout cela : 70 restaurants et une multitude d’ambulants qui servaient des « Ice-cream » et du coca-cola, encore à cette époque corsé d’un peu de cocaïne.
Enfin, pour la petite histoire, 31.000 personnes firent appel aux services médicaux et ambulanciers, le visiteur le plus âgé avait 105 ans, 2000 enfants ont été égarés dans l’enceinte de l’expo et 8 y ont vu le jour, 5 personnes y sont décédées et 27 ont tenté de se suicider.
J’ai souvenance qu’on parlait beaucoup, à l’époque, de la flèche du Génie Civil prolongeant son pavillon comme d’un des clous de la manifestation.
Il s’agissait d’une voie piétonnière en porte à faux de près d’une centaine de mètres suspendue par câble à une flèche en béton précontraint.
Le procédé avait été inventé et mis au point par Eugène Freyssinet en 1930 et amélioré depuis. Aujourd’hui, il permet de réaliser d’incroyables performances, dans la construction des ponts à grande portée.
La trouvaille consiste à comprimer la coulée en tendant son armature dans le coffrage avec des câbles, des fils ou des barres étirées à la limite de leur rupture et ensuite de les relâcher progressivement au fur et à mesure de la prise du béton.
Cette action a pour effet de comprimer celui-ci et surtout grâce à la « post-tension », au moment où sa prise est la plus adéquate, d’obtenir une compression optimale, ce qui donne à l’ouvrage une solidité inégalée.
A l’époque de l’exposition, nous étions loin de nous douter qu’allait débuter la période politiquement troublée de la décolonisation (les émeutes de Léopoldville eurent lieu le 4 janvier 1959 et l’indépendance du Congo, le 30 juin 1960).
Bien intentionnée, dans un contexte d’époque, la Belgique avait voulu donner au monde la meilleure image de son action au Congo.
Aussi s’était-elle appliquée à réaliser dans cette manifestation mondiale une surface d’exhibition de ses réalisations en Afrique centrale, la plus spectaculaire possible.
Malheureusement, dans l’esprit bien colonial qui nous habitait alors, des « gaffes » monumentales seront commises, notamment en voulant reconstituer un village congolais avec famille.
Outrecuidance suprême, d’un mauvais goût, révélateur d’époque, des visiteurs y lanceront des bananes comme au zoo. Suite aux protestations d’intellectuels congolais, le village sera rapidement fermé.
Sur un site d’Internet tenu par des Congolais, j’ai relevé dans une chronique de 1958 des commentaires étonnants, mais révélateurs de l’état d’esprit qui présidait aux rapports entre « colonisateurs » et « colonisés » à cette époque.
En voici quelques extraits dus à Joseph Mabolia, enseignant, un des protestataires qui fit fermer le village congolais :
« Une révélation, il n’y a pas de comparaison possible : les hommes noirs étaient des hommes parmi les hommes… le blanc travaillait dur, très dur, aussi dur… il pouvait être maçon, balayeur des rues, dans les toilettes pour nettoyer…Ce qui nous frappait c’est qu’il y avait une vie d’homme blanc autrement que celle du Congo… ».
Joseph Mabolia s’était retrouvé avec quelques centaines d’intellectuels congolais dans une sorte de camp que la Belgique avait mis à leur disposition :
« Dans ce camp, la vie était très bien organisée, les dames noires ne faisaient pas la cuisine, il y avait une cuisine commune qui était faite par des femmes belges…nous sommes servis par des femmes blanches…c’est quelque chose d’inouï …et elles étaient très respectueuses… c’était nos sœurs… on discutait avec elles…elles nous racontaient leurs problèmes de ménage, les problèmes de la vie difficile… Pour ceux qui venaient de l’intérieur du Congo … c’était la première fois qu’il pouvait s’approcher en égal d’une femme blanche qui ne criait pas et qui disait Monsieur en s’adressant à eux… »
Surprenant retour en arrière, révélateur d’une époque…
La surface d’exposition réservée au Congo était très importante et comprenait sept pavillons réservés à l’agriculture, aux transports et constructions, aux mines, aux missions catholiques et au commerce.
Plus spectaculaire et très visité, le pavillon de la faune offrait, dans une ambiance de savane, un exotisme qui ravissait les visiteurs tandis qu’à l’extérieur, sur trois hectares, s’étalait celui de la flore africaine avec plans d’eau et fontaines.
Un immense pavillon de 160 mètres de long était réservé à l’étalage de tout ce que la Belgique avait pu réaliser en Afrique, à l’époque, en technologie de pointe.
La superficie réservée aux pavillons étrangers, très importante, était occupée par une cinquantaine de nations et d’organismes internationaux, les plus importants et les plus spectaculaires étant bien entendu ceux de la France, des Etats-Unis d’Amérique, de la Russie et du Royaume-Unis de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord.
La France avait construit un immense pavillon élevé en voûte de deux ogives étalées qu’elle dut fermer quelques jours pendant les événements d’Alger (putsch du 13/5/58 des partisans de l’Algérie Française).
Les pavillons de Grande-Bretagne d’une architecture conique originale, dressaient d’arrogants pics égratignant les ciels souvent bleus du Heysel.
Quant au gigantesque pavillon des U.S.A, il plastronnait en « biggest of the world », s’enorgueillissant d’être le plus grand bâtiment circulaire existant au monde.
Mais sans conteste, le sensationnel de l’époque était les premières tentatives de conquête spatiale réussie par l’Union Soviétique avec son spoutnik envoyé quelques mois plus tôt dans l’espace (4 octobre 1957) ; moment historique pour l’humanité, puisqu’il s’agissait du premier satellite artificiel mis sur orbite autour de la terre.
C’était à coup sûr un des clous de l’exposition, les Russes y ayant installé en bonne place une reproduction grandeur nature de l’engin ainsi que de celle des spoutniks II et III qui furent lancés peu après.
En dehors de ces « Grands », les autres pays rivalisèrent dans le sensationnel et l’exotique pour se mettre en valeur : ainsi la Tunisie et le Maroc, l’Arabie Saoudite, l’Iraq, l’Iran et autres pays du nord de l’Afrique attiraient le visiteur avide de souks, casbah et décor de mosquée, tandis que les amateurs de temples et décors extrême-orientaux s’enivraient de recueillement bouddhique et d’élévations zen dans les pavillons du Cambodge et de la Thaïlande.
L’Amérique du Sud rivalisait de couleurs et de musique trépidante dans les somptueux bâtiments de l’Argentine, du Brésil, du Chili, du Venezuela, et autre exubérant Mexique.
Bien entendu, beaucoup d’autres pays étaient représentés, rivalisant d’originalité et de savoir-faire : l’Allemagne, l’Egypte, l’Espagne, la Finlande, les Pays-Bas, la Hongrie, Israël, le Japon, le Lichtenstein, le Luxembourg, Monaco avec une immense photo de Grâce Kelly, le Nicaragua, La Norvège, les Philippines, le Portugal, la République dominicaine, Saint-Marin, Le Soudan, la Suisse, la Syrie, la Tchécoslovaquie, la Turquie, l’Uruguay et la Yougoslavie.
En dehors de toutes ces démonstrations nationales chauvines à la gloire des nations représentées, les grandes organisations internationales et confessionnelles se devaient de présenter bonne figure : les Eglises, la Croix-Rouge, les Nations Unies, le Benelux, la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA), le Conseil de l’Europe et l’Organisation de la Coopération Economique (Européenne).
Pays hôte et organisateur, la Belgique occupait le tiers de la superficie utilisable avec plus de quatre-vingts pavillons et halls.
Certains, datant de la manifestation de 1935, avaient été agrandis et rafraîchis.
Les plus sensationnels et les plus spectaculaires étant la flèche du Génie civil dont j’ai parlé, le pavillon Philips créé par Le Corbusier et le devenu célèbre Atomium qui remplit internationalement le même office d’image de marque pour Bruxelles que la Tour Eiffel à Paris.
L’Atomium est la représentation en trois dimensions d’un cristal de fer (et non pas d’une molécule de fer, comme il est souvent signalé) avec ses neuf atomes, grossie 165 milliards de fois, réalisée par l’ingénieur André Waterkeyn.
Chaque atome d’un diamètre de 18 mètres sert de vaste salle d’exposition et est relié aux autres par des tubes-couloirs dans lesquels circulent des escaliers roulants.
Un ascenseur, le plus rapide d’Europe à l’époque (5 mètres à la seconde), permet de gagner un restaurant dans la sphère supérieure située à 102 mètres au-dessus du point culminant du plateau du Heysel, tout en offrant une vue unique de la ville.
Les différents pavillons belges étaient très représentatifs de l’activité économique du pays : des industries de base comme celles du papier, du cuir, du textile et des métaux, ceux de l’énergie (pétrole, gaz, électricité, eau, air…), le secteur alimentaire ou assimilé (fromage, eaux minérales, conserves, chocolats, tabacs…) et ceux de diverses activités comme la bijouterie, le diamant, la maroquinerie, le vêtement, le livre et journaux, les eaux et forêts, l’agriculture, les activités fermières, la chasse et la pêche etc.
Autre attraction, un jardin des quatre saisons de plusieurs hectares permettait d’admirer la variété et la richesse de notre horticulture.
Les grandes marques internationales se devaient d’être au rendez-vous : I.B.M. présentait ses prouesses informatiques qui paraissent tellement archaïques de nos jours ; La P.A.A. ou PANAM (Pan American Airways) avait élevé une sphère terrestre gonflable de près de dix mètres de diamètre, ceinturée d’une passerelle circulaire permettant une consultation étonnante de la mappemonde ; Coca-cola faisait sensation avec ses « soft-ice » et son célèbre « coca » encore légèrement à la cocaïne (remplacée maintenant par un succédané) que beaucoup découvraient pour la première fois et qui estompait miraculeusement la fatigue grâce à la caféine du cola.
Les grandes maisons d’édition encyclopédique étaient au rendez-vous avec Larousse, Hachette et autres ; les grandes marques faisaient bonne figure avec leurs représentants les plus prestigieux (Kodak, Bell téléphone, Braun, les chocolats Jacques, Meurisse, Victoria et Côte d’Or, Dexion, Eternit, les fromages Franco-Suisse, Liebig, Marie Thumas, Pfaff, Rossel, Solvay, Wanson etc.)
Les sciences et les arts occupaient des places importantes dans les grands Palais. Le Hall des Sciences attirait un public nombreux, intéressé par la démonstration des toutes dernières innovations dans tous les domaines.
Quant à celui des Arts, il présentait deux manifestations remarquables : « Cinquante ans d’Art Moderne » ainsi que « l’Homme et l’Art » avec des œuvres des plus grands peintres et sculpteurs dont Magritte et Delvaux, devenus célèbres depuis quelques années.
Le folklore se devait d’être présent, ce qui ne manqua pas avec entre autres le Village Belge 1900 reproduisant des habitations de styles d’époques depuis le Moyen-Age (150 maisons typiques flamandes sur 5 hectares), des manifestations culturelles diverses (danses, musique, démonstration d’art artisanal et du savoir-faire de certains corps de métier anciens …)
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Une manifestation d’une telle ampleur ne pouvait se passer d’une importante aire de détente et de loisir avec la Belgique Joyeuse, les manèges, montagnes russes, téléphériques et multiples autres attractions…
Enfin, pour mieux apprécier tout cela, un téléphérique transportait les visiteurs à six mètres de hauteur depuis les grands palais jusqu’au pavillon américain en passant par l’Atomium.
Des petits trains automobiles (Mercedes) traînant de confortables wagons crème offraient aux visiteurs fatigués le confort de leurs remarquables sièges de cuir.
Près de 220 pousse-pousse motorisés véhiculaient leurs clients un peu partout. Et sensation pour l’époque, des hélicoptères s’envolaient d’un héliport pour transporter certains hôtes de marques à l’aéroport de Zaventem.
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{18.8} Abandonnant cette parenthèse sur un événement qui nous avait tous marqués alors, revenons au récit des événements qui ont émaillé une époque très heureuse de notre vie et aux contacts humains qui en furent la résultante.
Une grande complicité et une belle entente culturelle s’étaient établies entre mon jeune beau-frère Daniel et nous.
En avons-nous passé de bons moments où nous pouvions planter dans cette terre avide de connaissance tant et tant de jeunes pousses qui ne demandaient qu’à s’épanouir !
Il partageait avec nous enthousiasme et éclectisme. Très à l’écoute, attentif, il nous désarçonnait par sa logique naturellement cartésienne, surtout en ce qui me concernait, me laissant facilement emporter par le développement de théories audacieuses propres aux cerveaux imaginatifs.
Ces heures de discussions sur la connaissance et de débats sur le pourquoi et le comment de tout, me furent d’une grande utilité en m’imposant une rigueur de raisonnement et une clarté dans la dialectique qui me manquait alors.
Cette complicité dans l’aventure culturelle dura près de dix ans, cet ami qu’il était devenu pour moi, nous accompagnant dans la plupart de nos déplacements touristiques à caractère culturel.
Pendant la période de 1957 à 1962, nous profitâmes de notre disponibilité de foyer sans enfants, pour entreprendre d’agréables et intéressants séjours touristiques avec lui dans les Ardennes belges - où l’oncle curé nous offrait gîte et couvert - ainsi que dans les régions flamandes.
Ce fut pour nous l’occasion de passionnantes visites dans des lieux insolites, guidés par notre éclectique et cultivé Tonton, et de mémorables repas qu’il arrosait de ses très vieux bourgognes de curé.
Notre culture gastronomique s’est enrichie des mets qu’il nous fit déguster et l’eau à la bouche, nous évoquons encore les fameuses truites de La Lesse, pêchées dans la fraîcheur de son courant, et dont notre raffiné pasteur nous apprit à apprécier l’infinie finesse des joues.
Quant à nos « incursions » en terres flamandes, elles furent, elles aussi, très passionnantes et instructives par la découverte de son passé médiéval et de l’histoire de ses communes et corps de métiers.
Mon beau-père, combattant en première ligne des tranchées pendant toute la guerre de 1914, fut, lors de nos nombreuses visites des lieux historiques situés dans l’enclave entre la mer et l’Yser qui bloqua l’avance allemande pendant toute la durée du conflit, guide précieux et compétent qui nous décrivit les conditions effroyables dans lesquelles devaient combattre et survivre les héros de cette épopée sanglante.
{18.9} En juillet 1962, nous décidâmes de revisiter Paris, ses musées et lieux célèbres. Ce fut, davantage encore que la première fois en 1959, une fantastique aventure de l’esprit et des sens que nous entreprîmes avec Daniel.
La ville « lumière » dans toute l’acceptation du mot, nous envoûta, nous fascina autant par son mystère que par la grandeur de son histoire que nous découvrions à chaque tournant de rue, dans ses monuments et dans ses prestigieux édifices.
Bien entendu, nous étions surtout venus pour ses musées mais déçu, je n’ai plus retrouvé l’emballement mystique de mes dix-huit ans en Italie.
J’avais trente-deux ans et la sécheresse d’un métier ne m’autorisant aucune fantaisie m’avait poussé à me vider de tout emportement irraisonné. C’était dommage pour le poète que se tenait bien penaud dans son tout petit coin.
Craintivement, de temps à autre, il passait une petite tête timide pour me souffler dans l’oreille quelques vers que j’écrivais à la hâte, comme l’écolier qui craint d’être pris en flagrant délit de dissipation.
Au Louvre, Daniel et ma « pitchounette », « ma chérie au cœur d’or » s’enthousiasmaient de tout ; quant à moi, je jouais de mon mieux la comédie du passionné qui partageait leur emportement.
J’étais certes intéressé, mais plus par devoir culturel que par réelle émotion artistique. J’avais besoin de temps, je devais me mettre en condition intellectuelle de recevoir le message de l’artiste et pour cela il me fallait une démarche recueillie dans le silence de mon bureau et devant mon écran. Je crois que j’ai bien caché mes sentiments et que mes compagnons de visite ne s’en sont pas aperçus.
J’ai revu le Louvre depuis, dans sa nouvelle présentation due au « règne-soleil » de Mitterrand, mais, tout en appréciant une mise en valeur remarquable des œuvres exposées, j’ai été forcé de constater la constance de mes sentiments à cet égard.
Au risque d’en scandaliser plus d’un, le tableau de Mona Lisa, La Joconde du célèbre Léonard de Vinci, me parut aussi lointain et impersonnel que la plus inexistante des croûtes. Quant à sa personnalité, je dois dire que derrière son carreau à faux reflets, elle me paraissait aussi quelconque que celle d’une concierge de garni.
Du fond de mes réminiscences picturales seules surnageait l’émotion juvénile suscitée par le doux visage ovoïde de la Vénus de Botticelli, prolongé de sa chaude et pudique chevelure de soleil couchant.
Les impressionnistes avaient leur musée et nous nous y sommes précipités, impatients d’y contempler les œuvres originales. Mes compagnons étaient aux anges.
Je fus une fois de plus déçu : rien à voir avec le lyrisme qui m’avait gagné en Italie. L’œuvre originale ne m’apportait rien de plus que ne l’avait fait sa copie.
Depuis, je n’ai plus visité les musées, mes livres et mes « cd » m’apportant plus de satisfaction : il faut dire qu’on est gâté par leurs supports d’une fidélité de reproduction presque parfaite.
Et puis, quel confort de vision : on éclaire, on agrandit… et quel outil de travail : on revoit, on prend le temps de réfléchir, de comparer, d’intellectualiser sa démarche… de développer une émotion…
Enfin, mais ça ne vaut que pour moi qui suis handicapé, depuis vingt-sept ans, par une infirmité visuelle qui ne m’autorise plus la vision complète d’une œuvre, je dois m’y prendre en deux temps : d’abord mémoriser la moitié du champ, ensuite visualiser l’autre et reconstituer le tout en imagination.
Je dois ajouter cependant que les nouvelles techniques informatiques de traitement des données m’ont ouvert des horizons nouveaux grâce à la consultation sur « cd » ou « dvd » de musées virtuels qui me permettent de moduler la taille des reproductions et maximaliser mon confort visuel.
Nous avons cependant gardé de cette incursion dans ce monde troublant de l’impressionnisme, un souvenir chaud d’ambiance feutrée et de recueillement de visiteurs attentifs et de connaisseurs qui paraissaient envoûtés par la magie des Degas, Manet, Monet et autre Renoir.
J’ai cru quitter un sanctuaire dans lequel sourdaient ferveur et émerveillement de l’âme.
Autre « magie » aussi, celle de l’envoûtement de la ville elle-même, du Paris mythique aux racines plongées profondément dans l’histoire qui nous fascinera toujours.
Chaque coin de rue, chaque boulevard, chaque bâtiment nous laissaient rêveurs. Quand j’y suis retourné après, j’y ai été pris de la même ferveur, les yeux tout grands, l’estomac noué. J’ai toujours trouvé qu’on y atteignait les sommets de la culture raffinée.
Et quel plaisir intense ce fut pour moi de partager ce sentiment avec mon jeune beau-frère et mon épouse dont les regards brillaient d’une profonde joie intérieure. Et pourtant, comme Rome, cette ville de grandeur avait également ses turpitudes qu’inconsciemment je préférais ignorer.
Souvenirs piquants pour la petite histoire de notre voyage, nos moyens financiers étant encore un peu « serrés » et sans doute aussi par propension naturelle à l’économie, nous nous contentions de deux petites chambres au troisième d’un petit hôtel pour étudiants, situé dans le quartier Latin.
Nous pouvions y fricoter quelques repas « spaghetti » arrosés de gros rouge. Nous aménageâmes aussi dans le coffre de notre Opel un matériel de « camping-gaz » destiné à nous restaurer lors d’expéditions moins urbaines.
Ces souvenirs de bouffes à la sauvette, d’inconfort et d’expédients de jeunes désargentés resteront toujours pour nous parmi ceux qui ont le plus marqué notre passé.
Quant à moi, rappel personnel désagréable, au moment du départ de Bruxelles, j’eus la malencontreuse et sotte idée de vouloir graisser le rouage de l’essuie-glace de la voiture avec le bout d’un index que le mécanisme happa et déchira.
Je fus condamné à conduire mon véhicule et à me déplacer pendant tout le séjour, index levé, tel le prof morigénant ses potaches, le doigt bien emmailloté comme il se devait en pareil cas.
L’une des visites de lieux historiques entreprises hors de Paris fut Versailles, elle restera à jamais mémorable pour nous en raison de l’état d’esprit dans lequel nous l’avons abordé.
Cette outrance du luxe des Bourbons, nous mit mal à l’aise et nous n’avons pu nous empêcher d’entendre le peuple de Paris qui hurlait sa haine.
Daniel et sa sœur ne manquaient pas d’en parler et comme eux, je déplorais la débauche de richesse et de frivolité que révélait ce monument de l’égoïsme de quelques-uns au détriment d’une collectivité misérable.
Ce soir-là nous en avons longuement discuté jusque bien tard dans la nuit.
Paris, ô grand Paris,
Tes muses l’ont décrit
Beau joyau des orfèvres,
Fragile oiseau de nuit,
Ton sang brûlant de fièvre,
En flots s’écoule et fuit
Le long des avenues
Qu’ont tant porté aux nues
Ecrivains et poètes,
Chantant ton peuple en fête.
Hurle la carmagnole
En abattant ton roi,
Affole les nuits folles
De ton peuple en émoi.
Agite tes bouffons
Au son de leurs grelots,
Etale tes chiffons,
Lâche tes camelots.
Paris, mage des mots,
Et reine des lumières,
Au parvis des prières,
Refuge des poulbots.
Paris, belle de France,
Paris, au cœur immense,
Havre des grands amours :
Ceux qui rêvent toujours.
---------
{18.10} Je ne voudrais pas terminer ce chapitre important relatant l’élargissement de mon milieu familial à celui de ma belle famille, sans évoquer, au nom de « ma chérie au cœur d’or », celui qui fut tellement merveilleux pour elle et pour toute sa famille.
Il en est l’aîné, une sœur décédée en bas-âge laissait un vide que comblèrent difficilement Gérard, le frère qui fut mon copain de club et sa sœur.
Daniel, mon jeune ami-beau-frère se pointa en pleine guerre en cadet de cette belle famille.
A la libération du pays, ma belle-mère perdit encore, quasi à terme, un fils, traumatisée par l’incendie que des irresponsables avaient allumé dans la maison voisine.
Willy, l’aîné, devint ainsi le « grand frère », sage et dévoué assistant de ses parents qu’il aida du mieux qu’il put pendant la période si difficile pour tout le monde de la guerre et de l’après-guerre.
Travailleur, il brillait dans ses études. Généreux, il se dévouait pour sa famille. Musicien, il se distinguait par son talent au piano et aux orgues.
Bon acteur, il fut un des fondateurs et animateur d’une troupe de la région (les Trouvères). Poète, il écrivait de jolies choses.
.
Sportif pourtant, il se défendait honorablement au tennis et tennis de table. Une jeunesse bien remplie. Quel dynamisme, comment arrivait-il à combiner tout cela ?
C’est dire aussi toute l’admiration que mon épouse éprouvait pour lui et quand elle eut atteint l’age de l’éveil intellectuel, il fut pour elle le mentor qu’il fallait pour lui ouvrir le cœur au beau, à la musique, à l’art et au raffinement.
Sa vie durant, il sera, assisté par une épouse aussi attentive que lui, le « grand frère » protecteur, soucieux d’intervenir discrètement lorsqu’un membre de la « tribu » se trouvait en difficulté.
Ce sera surtout, tristement le cas, comme je le relaterai plus loin quand son frère Gérard, mon ami du club, fut frappé d’infarctus mortel à cinquante ans, laissant une veuve fragile et une jeune fille entamant des études universitaires.
Avec son épouse, ils seront pour toutes les deux d’un grand secours moral et matériel qui leur permettra de mieux surmonter une cruelle et douloureuse absence.
Ce fut lui aussi qui entraîna mon épouse et son frère Gérard dans la troupe qu’il montait avec des copains de quartier.
C’est ainsi que celle qui sera ma compagne pour la vie, commença à se distinguer et encouragée par le succès que lui valurent certains grands rôles, débuta une carrière professionnelle sous le pseudonyme de Christine May.
Elle se produisit dans la troupe d’Albert Lepage en tant qu’ingénue et dans des récitals de poésies.
Elle eut même le plaisir d’être la partenaire de Jacques Brel dans « Un caprice » de Musset, avant qu’il n’aille tenter sa chance à Paris. Elle fréquentera aussi des acteurs comme Paul Riga, Suzy Falk et Ninette Henry.
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14/02/2010
TABLE DÉTAILLÉE DES MATIÈRES AVEC REPÈRES
Récit détaillé d’un long cheminement de recherche
d'une vérité sur la motivation d'exister
et la valeur de nos croyances
Je tiens aussi à prolonger une « action de solidarité » envers les malchanceux de la terre en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour entretenir l’appel de s’(impôt)ser une contribution régulière mensuelle (légère en période de crise) en faveur des ONG (Offices Non Gouvernementaux) qui sont indispensables et ne peuvent rien faire sans nous (Contacter votre organisme financier). Voir à ce sujet dans « notes récentes » les appels que j’ai lancés antérieurement.
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Ceux qui voudraient « naviguer » dans les pages du texte pour en avoir un « aperçu » peuvent utiliser le curseur qui fera défiler les repères entre petites accolades { } situés au début de certains paragraphes et ainsi trouver rapidement un passage repris dans la table détaillée des matières ci-après :
Chapitre 1 : Introduction (16 pages) - Voir commentaires après l’introduction : {1.1} Hémianopsie {1.2} Écrits poétiques, versification, règles {1.3} Clergé catholique idéaliste {1.4} PetroFina et Total (en notes Hector Carlier et Léon Wolters) {1.5} La bande dessinées (historique) {1.6} Rift Valley (berceau de l’humanité) {1.7} George (sans s) et Christian
Chapitre 2 : Le jardin des tombes (12 pages) - {2.1} Enfance en face d’un cimetière plein de soleil et d’insectes - {2.2} La maman des fleurs - {2.3} Les insectes et ma première souffrance - {2.4} L’imaginaire et les rêves d’un enfant qui cherche l’amitié des insectes, des guêpes et des araignées.
Chapitre 3 : La rue non dénommée (16 pages) - {3.1 et 3.3} De cinq à dix ans, l’école primaire à l’époque de l’ostracisme philosophique et social qui opposait l’enseignement « confessionnel » et l’officiel - {3.2} Les Six Cents Franchimontois - {3.4} Découverte de la cruauté indifférente des adultes - {3.5} Mon cousin Jim, compagnon des fredaines - {3.6} Les aventures épiques dans un tas de sable - {3.7} Je deviens l’enfant souffrant du foie mis à un régime sévère.
Chapitre 4 : Les neveux du curé (27 pages) - {4.1} La guerre « 40 » dites des « dix jours » qu’elle dura pour la Belgique et la Hollande et un peu plus pour la France - Occupation, peur, bombardements, résistance, rationnement, la faim et le froid pendant quatre ans - {4.2} L’oncle Olivier, l’austère curé du village de Vonêche entre en scène pour recueillir ses neveux, pendant les vacances et les « doper » d’une nourriture plus riche qu’il s’efforçait de trouver chez les fermiers - Espiègleries « démoniaques » de ses neveux peu reconnaissants. - {4.3} Histoire de ce curé qui fut brancardier en 1914 et perdit son frère tué les derniers jours de la guerre - {4.4} Curé de Vonêche, il connut deux des voyants des apparitions de la Vierge à Beauraing - Il m’a laissé une relation écrite des faits que j’analyse dans ce chapitre et dans le chapitre 25 « Richesse et pouvoir du milieu »
Chapitre 5 : Gentinnes, les grenouilles et l’étang (25 pages) - {5.1} Une aventure ridicule avec une voisine me pousse, par timidité, à prétendre que je me destine au sacerdoce - Rapportée par mon frère, cette annonce me place à l’avant-scène de mon milieu très chrétien (il y a un frère prêtre de chaque côté) et me voila embarqué au petit séminaire de l’autre oncle, religieux de la congrégation des Spiritains, qui en était le supérieur - {5.2} Les premiers jours en internat furent difficile pour un petit garçon, très pudibond , ne connaissant rien de la vie et du sexe qui pour lui n’était que la source des fautes graves du sixième et neuvième commandement. - {5.3} Horaire difficile dans un établissement qui préparait à leur avenir de futurs missionnaires d’Afrique - {5.4} Évocation du drame de Kongolo où furent assassinés, le 1 janvier 1962, la plupart de mes anciens condisciples qui s’y sont retrouvés - {5.5} Histoire d’un enfant, d’une grenouille et de l’eau - {5.6} Le petit juif qui se cache parmi nous - {5.7} Les « résistants » et les « clandestins ».
Chapitre 6 : La libération (12 pages) - {6.1} Fin 1944, suite au débarquement des alliés, nous sommes renvoyés chez nous, jusqu’à la libération, en juin - Bruxelles est laissé aux débordements des lâches (les autres sont encore au combat) qui cherchent à se dédouaner en traquant les soi-disant « collaborateurs » (qui eux se sont enfuis) avec des armes « de grenier » - Mes voisines feront partie de leurs victimes - {6.2} Rapprochement de situation avec mes condisciples de Kongolo laissé aussi aux débordements des lâches - {6.3} Le scoutisme intégral {6.4} Épopée valeureuse du seul survivant de Kongolo, mon ancien chef scout, à travers la brousse et qui retournera, seul missionnaire chez les bourreaux de ses camarades. {6.5} La vie au collège (anecdotes)
Chapitre 7 : Montagne, neige et soleil (20 pages) - {7.1} Les privations de la guerre et la vie ascétique des jeunes du « petit séminaire » ont raison de la santé d’une quinzaine qui sont atteint de tuberculose, transmis par l’infirmier qui en était lui-même atteint - {7.2} Après une pneumonie où je frise la mort, j’en suis également frappé - {7.3} La tuberculose - Sanatorium en Belgique, ensuite dans celui de Montana en Suisse - {7.5} Pneumothorax et section de brides avec les moyens primitifs de l’époque - {7.6} Tremblement de terre - {7.4} Pendant ce temps, mon frère Pierre est atteint de rhumatisme articulaire aigu qui le fera mourir à trente-cinq ans - {7.7} Au sanatorium belge, j’ai comme voisin de chambre un fils de « café » qui s’empresse d’initier « le candide » que j’étais aux réalités sexuelles que j’ignorais en ne m’épargnant aucuns vices - Un « jociste » mouvement de la jeunesse ouvrière chrétienne, « Dolph » se chargea d’idéaliser « la chose » - {7.8} Il viendra me retrouver en Suisse, pour y mourir, à côté de moi, dans des conditions atroces - Les plus atteints du petit séminaire viennent nous rejoindre dont le frère-infirmier, victime de ce mal, ils en mourront tous - {7.10} Après le désespoir dans l’immensité monotone et glacée des hautes montagnes en hiver, je découvre la renaissance du printemps, des fleurs et des insectes - {7.11} Le roi Léopold de Belgique, toujours « prisonnier » en Suisse, vient nous voir de même que Monseigneur Cardijn, fondateur de la Joc {7.9}.
Chapitre 8 : Le chant des cimes (13 pages) - {8.1} Je découvre la poésie qui m’apporte réconfort et raison de vivre - {8.2} Je me pénètre de la beauté scripturale des mots, tout en les écoutant -
Chapitre 9 : Georges (sans s) et le petit frère (16 pages) - {9.1et 9.3} Mes deux vrais amis - Plus malade que moi, ils me communiquent leur idéal et leur joie de vivre - Je leur resterai attaché jusqu’à leur dernier jour (ils atteindront tous les deux quatre-vingt cinq ans) - {9.2} Nos rêves de maison pour jeunes handicapés et nos réalisations de troupes scoutes dans une maison d’infirmes voisines dès que nous fûmes suffisamment valides - {3} Le « petit frère » un autre ami fidèle, convers spiritain, secrétaire de leur maison de Fribourg en Suisse, qui faisait partie de notre groupe avec lequel j’ai correspondu régulièrement pendant soixante ans - {9.4} George crée avec nous une troupe itinérante qui produit scénettes et jeux théâtraux que je prolonge dans l’imaginaire.
Chapitre 10 : Rome et Florence (29 pages) - {10.1} George m’entraîne dans .l’aventure « impossible » de deux convalescents, même pas guéris, qui entreprennent un voyage d’un mois avec un billet de mille francs belges de l’époque, alors que l’Italie sort exsangue de l’aventure mussolinienne catastrophique - {10.2} La cathédrale de Milan sous l’envahissement colombin - {10.3} Florence et ses merveilles - {10.4 et 10.8} Michel-Ange, {10.5} Savonarole, {10.6 et 10.9} Botticelli -– {10.10} Léonard de Vinci et saut dans le temps à Clos Lucé, lors d’un voyage en France - {7} Rome et le Vatican - {10.11} George nous a obtenu des places « privilégiées » comme représentant du scoutisme à la Canonisation de Nicolas de Flue, premier saint suisse - {10.12} Les catacombes (« exploration de couloirs inexplorés avec la complicité d’un « historien »)
Chapitre 11 : Tel un paria (8 pages) - {11.1} Trop dure retour à la réalité de la situation du convalescent en sursis de rechute, dans un monde de bien-portants qui craignent la contagion - le refuge de la « chaise-longue » devenue bureau-chaise - {11.2} Le devoir de reconnaissance me lie à l’Église - {11.3} L’émancipation des lectures en provenance de la bibliothèque communale - {11.4} Je rêve d’un « paradis sur terre » où tout est planifié sans les aléas de l’existence -
Chapitre 12 : La mansarde (18 pages) – {12.1} Mon coin de « paradis » dans une mansarde que nous avons louée à des voisins - Le monde des toits de ville que je contemple en sortant le cou de la « tabatière » - {12.2} Monseigneur Boone, le doyen de Bruxelles me dédouane de mon devoir de reconnaissance envers l’Église - {12.3} Le père de Jim me conseille de suivre des cours de comptabilité et de secrétariat ce qui m’amène à fréquenter l’institut Meysmans qui forme des sténodactylos, profession surtout féminine - Je tombe amoureux d’une blonde voisine et lui écrivis une lettre et un poème enflammés - {12.4} Un oncle, officier psychotechnicien me prend pour « cobaye » de ses tests, ce qui me sera bien utile plus tard - Autres comparses familiaux : {12.5} mon petit frère qui entrera dans la même société que moi, {12.6} une cousine germaine qui partageait mon goût pour le théâtre et{12.7} un oncle sculpteur chez lequel je passais des vacances.
Chapitre 13 : Surréalisme et merveilleux (14 pages) - {13.1} Avec le cousin Jim, nous compulsons et découpons les articles des journaux qu’un locataire journaliste abandonnait dans la cave - C’est ainsi que j’ai découvert {13.2} Dali, puis {13.3} Magritte, Delvaux et les surréalistes - {13.4} Rencontre avec Magritte dans son « local-exposition » au-dessus d’une librairie au Mont-des-Arts - {13.5} Définition du « merveilleux » par André Breton - {13.6} Les impressionnistes, le pointillisme, {13.7} le dadaïsme, {8} le fauvisme, {13.9} le cubisme et {13.10} les autres manifestations du renouveau dans l’art - {13.11} Mon surréalisme dans la poésie -
Chapitre 14 : Tout est à recommencer (11 pages) - {14.1} J’ai trouvé, malgré moi, une place d’aide-comptable dans une petite affaire française de conditionnement en tubes et bobines de la soie fabriquée par la maison-mère de Lyon ainsi que d’articles de pèche - {14.2} Pas de chance pour eux, mon deuxième poumon est atteint par le mal insidieux qui sommeille toujours en moi - Mon médecin spécialiste me propose de servir de cobaye pour un nouvel antibiotique, la Streptomycine, tout en me plaçant un nouveau « pneumo » de sécurité - Je dois donc subir cette intervention deux fois par semaine, ce qui me coupe le souffle comme un petit vieux, j’ai pourtant vingt ans - {14.3} Je me réfugie, une fois de plus, dans le rêve et la poésie avec la belle mais triste histoire de « Chlorophylle ».
Chapitre 15 : Petrofina (20 pages) - {15.1} J’ai vingt-trois ans et je serre précieusement le diplôme que je viens d’obtenir de la Chambre Belge des Comptables, mais je suis toujours refoulé, tout en ayant été sélectionné, à cause de mon état de santé révélé par le pneumothorax qui apparait aussi bien à la radio qu’à l’auscultation - Cependant, une chance incroyable chez un vieux médecin me font réussir cette épreuve insurmontable pour moi, ce qui me permet d’entrer à Petrofina, à l’époque de sa renaissance - {15.2} J’ai la charge importante des écritures diverses, celles qui demandent le plus de connaissances et je parvins à m’en sortir - Pourtant à l’époque, nous étions mal outillés, l’informatique n’existait pas et les machines à calcul étaient rudimentaires - C’est avec ces outils archaïques que nous avons dû réaliser des opérations aussi importantes que l’acquisition des filiales américaines et canadiennes par émission d’actions dans une souscription ouverte au public du monde entier – {15.3} Les primaires outils de calcul de l’époque -{15.4} Transposition dans l’imaginaire des leçons de Diaphane-prof qui me fait entrer dans l’univers de l’ordre « mathématique » et constater la fragilité de notre « connaissance ».
Chapitre 16 : Labofina (14 pages) - {16.1} Après quatre ans, je suis transféré avec mon chef à Labofina, centre de recherches du groupe - Description de ce supérieur pittoresque, qui dû rendre d’énormes services au groupe quand il était l’employé de Maurice Clément, le chef du personnel et directeur administratif - {16.2} Après quelques années, il sera victime d’une thrombose cérébrale et contraint d’arrêter, ce qui me permit de lui succéder - {16.3}Hommage à un collaborateur fidèle, humble et discret qui me soutint pendant toute ma vie professionnelle - {16.4} Explication de la technique comptable des « écritures en partie double » et étonnante intervention du subconscient dans la découverte d’une falsification habile opérée par un collaborateur –
Chapitre 17 : Mélodies édéniques (23 pages) : {17.1} Découverte de la « compagne de ma vie » et du véritable amour, avec en préalable, l’histoire du « papillon » qui saute de cœur en cœur - {17.2} La plus belle histoire d’amour « la nôtre » et ses chants {17.3} Climat économique difficile qui précède les « Golden Sixties » - {17.4} Le « sacre » de notre union devant l’Église et la famille le 26 décembre 1956.
Chapitre 18 : A la lisière de la forêt (30 pages) - {18.1} Notre « paradis sur terre » au bord de la forêt de Soignes - Les chants du bonheur d’un couple, mais aussi les nuages noirs d’une vie professionnelle assombrie par les sautes d’humeur et la propension à la persécution d’un supérieur qui sera forcé d’arrêter pour accident cérébral – {18.2} Élevage de canari avec mon beau-père et nos tentatives de mutation pour fixer dans son plumage la couleur rouge qu’il n’a pas – {18.3} La première voiture, événement à l’époque {18.4} Mon frère Pierre se marie et la naissance de Bruno, mon filleul - {18.5} Réflexions sur l’histoire de la pensée depuis ses sources jusqu’à nous - {18.6} Vacances et voyage en Alsace (Bruno et Myriam) - {18.7} L’Expo 1958 (relation approfondie) - Problèmes congolais - Témoignage de Joseph Mabolia sur la condition des « noirs » {18.8} Mon jeune beau-frère Daniel, mon copain de toujours, assistant dévoué de nos « entreprises » - Les truites de la Lesse et l’oncle Olivier {18.9} Paris, le Louvre et le luxe de Versailles qui nous indispose - {18.10} Ma belle-famille
Chapitre 19 : Alors qu’on n’y croit plus (15 pages) - {19.1} La naissance de notre premier enfant : l’enfant-merveille, dans des conditions hivernales difficiles et retard de l’accoucheur - Mon frère Pierre est renversé par une voiture et gravement blessé - {19.2} Difficultés particulières du bilan de ma société qui doit être clôturé sans bénéfices ni pertes - {19.3} Mes supérieurs, Thierry de Menten de Hornes et Georges Souillard - La fonction de « chef du Personnel » - Structure du département administratif et du Personnel dont je suis devenu le chef qui couvrait plusieurs sociétés et occupait 40 personnes - {19.4} Mes rapports avec Léon Wolters, frère du président, homme de grande culture, patron d’une des sociétés qui avaient ses bureaux chez nous - {19.5} Diaphane-cœur et la complémentarité physique.
Chapitre 20 : Il ne tient pas en place (28 pages) - {20.1} Le « feu-follet », un cœur comme une cathédrale, l’ami fidèle, le fou du ciel, le rival des aigles, le soldat du feu et le réconfort des blessés, c’est ce qu’il est devenu notre second enfant qui naîtra en pleine grève des médecins dans des conditions difficiles - {20.2} Notre fermette de Meux : un îlot du bonheur, perdu dans les campagnes namuroises - {20.3} René Stage, notre voisin - Souvenir des réunions de famille autour d’une table chaleureusement garnie - {20.4} Bruno, mon filleul, le fils aîné de mon frère-défunt qui vivra avec nous, nous aidera à transformer notre fermette, de même que mon jeune beau-frère Daniel qui nous rejoignait pendant ses congés : chambres dans la grange, piscine avec grande salle de détente, verger, prairie avec moutons - {20.5} La mort de mon frère Pierre, à trente-cinq ans, laissant un veuve et trois orphelins, bouleverse notre vie, chagrin immense qui marque au fer rouge : je ne pleurerai plus jamais, même à la mort de mes parents, mes yeux sont devenus secs - {20.6} La vie continue et dans la douce et tiède ambiance du « havre » de Meux – {20.7} un conteur d’histoire raconte les aventures des petits nains et de la sorcière Goulinouf à ses enfants et neveux.
Chapitre 21 : Les plus beaux yeux venus du ciel (19 pages) - {21.1} Complémentarité : instinct fondamental comblé par la venue de deux petites filles aux yeux noirs et aux teint de soleil couchant - {21.2} Mes voisines de table à Labofina deviennent marraines de nos filles : histoire d’une profonde et durable amitié - {21.3} Drame vécu par un autre « commensal » père d’un enfant aveugle-né, licencié dramatiquement - {21.4} Nous abandonnons la « bonbonnière » pour une maison de six chambres, située près des étangs de Woluwe, pour faire face à l’arrivée de nos filles et de Bruno - {21.5} Dramatique réveillon de Nouvel An : mon père décède brutalement au sortir d’un office religieux - {21.6} Meux est devenu un « havre de bonheur » pour tous, depuis nos activités d’ouverture aux autres cultures (voir chapitre suivant) jusqu’à recueillir (sans le savoir) deux jeunes gens qui fuyaient la justice -– {21.7} Participations aux activités de la paroisse : épouse catéchiste, réunion d’études religieuses et théologiques, mais surtout organisation de rencontres « inter-cultures », sans orientation religieuse dans la salle paroissiale, destinées à bien intégrer les « réfugiés » des pays opprimés - {21.8} Découverte de celle qui deviendra notre petite sœur coréenne, ainsi que son mari et ses deux enfants à la messe de minuit de Noël 1980
Chapitre 22 : Les amis d’ailleurs (116 pages) - {22.1} La « découverte » de nos nouveaux amis nous entraîne, pour bien les intégrer, à organiser dans la salle paroissiale une réunion « inter-culture » centrée sur l’accueil des étrangers qui s’y établissent en leur donnant la parole avec projection de films, diapo ou démonstrations folkloriques, nous terminerons en servant une boisson accompagnée de préparations du pays - Cette initiative ayant remporté beaucoup de succès, nous la poursuivrons de 1983 à 1986 à raison d’une séance par mois, en dehors des périodes de congé - Des problèmes de santé nous pousserons à abandonner cette initiative.
Compte-rendu détaillé de ces réunions avec l’essentiel de l’histoire de ces pays mis à jour ; seront présentés : {22.2} La Corée du Sud (nos amis Agnès et Michel Lee) - {22.3} L’Inde (un équipier de « Frères des hommes » et son épouse indienne) - {22.4} Le Bengladesh (L’époux de la secrétaire paroissiale, chercheur qui revenait d’un voyage d’étude là-bas) - {22.5} Le Liban (un ami voisin, étudiant libanais en médecine) - {22.6} Le Maroc (Abdel, un ami de nos fils, étudiant marocain) - {22.7} La Chine (Edmond Tang, chercheur à Lumen Vitae) - {22.8} L’Indonésie (Condradus Danisworo, étudiant de la VUB, maître-danseur) - {22.9} La Bolivie (André Parent, soutien occidental de son frère et de sa sœur, partis dans l’Altiplano soulager la misère des exploités de Potosi) - {22.10} Le Vietnam (Ohan Trinh, vietnamienne soutien de ses compatriotes) - {22.11} Le Cambodge (Yin Sovanna, cambodgienne également soutien de ses compatriotes) - {22.12} La Pologne (Madame du Bois d’Aische, polonaise assidue de nos réunions présenta son pays) - {22.13} La Belgique (A la demande générale des amis « étrangers » présentation de l’histoire et du folklore du pays qui les accueille ainsi que du Congo) - {22.14} A l’occasion du départ de nos amis coréens qui retournent dans leur pays, réunion « d’au revoir » et remerciements - {22.15} Le Bouddhisme (Edmond Tang, chercheur à « Pro Mundi Vita » et spécialiste en christologie dans le contexte des religions chinoises qui avait présenté la Chine) - {22.16} le Rwanda (Aimable Mounniourangabo (étudiant rwandais en théologie) - {22.17}Haïti (Antoine Dubois et son épouse, étudiants Haïtiens) - {22.18} L’hindouisme (Jacques Scheuer, professeur d’histoire des religions) - {22.19} Israël (exposé-étude sur l’histoire des juifs persécutés et la restauration de l’état d’Israël, suivi de considérations personnelles sur la tradition et les croyances actuelles, en relevant les contradictions historiques qui s’y trouvent, ainsi que des informations intéressantes sur les traditions chrétiennes qui conditionnent nos fêtes et la vie de tous les jours ainsi qu’une nomenclature des juifs célèbres.)
Chapitre 23 : Bonheur, souffrance et fin de vie (42 pages) – {23.1} Important chapitre sur la souffrance et la mort décrivant les fins de vie brutales ou lentes et suppliciées auxquelles j’ai assisté, témoin impuissant - {23.2} Mes expériences dans le domaine : {23.3}un infarctus à quarante-huit ans, {23.4} ictus cérébral et hémianopsie à cinquante-quatre ans, {23.5} pontages coronariens avec complications péricardiques et pleuraux à cinquante-huit --ans – {23.6} La vie après la mort - {23.7} La souffrance - {23.8} Hommage aux infirmières « les anges de la terre » - {23.9} Réflexions sur la souffrance : physique ou morale.
Chapitre 24 : La conscience de ‘Homo Sapiens » (28 pages) - {24.1} Recherche d’une définition de la conscience dans le sens occidental religieux hérité de l’humanisme chrétien - L’apparition de la notion du « moi » chez l’être humain - {24.2} Relation d’une expérience personnelle de la perte de cette notion par accident cérébral - Une oxygénation imparfaite du cerveau pendant une nuit sur un lit de glace, pour combattre une température excessive a provoqué des altérations de cellules rendues plus fragiles par l’âge, provoquant une perte de la vision droite (hémianopsie) ainsi que de graves problèmes de localisation dans l’espace et de conscience de la personnalité ou du concept du « moi » - {24.3} Réapprentissage de la lecture : les mots avaient perdu leur sens - Reconstruction de mon univers intellectuel et professionnel - {24.4} Reprise difficile, pendant environ trois ans, de mes activités professionnelles de cadre supérieur (Chef du personnel sur deux sites, Bruxelles et Feluy) et conduite dangereuse d’un véhicule (pas de vision droite) - Je parviens à m’adapter à mes handicaps et à me maintenir dans la fonction, grâce au soutien de certains - {24.5} Relation d’un autre drame : une secrétaire devient complètement aveugle - {24.6} Difficile reconquête de ma fonction professionnelle - Séquelles des atteintes aux fonctions cérébrales - {24.7} Réunions « épiques » de conseils d’entreprise à une époque de conflits sociaux qui opposaient la direction de Feluy aux représentants du personnel, nécessitant l’arbitrage de l’Inspecteur Social - {24.8} Grand dilemme de conscience qui opposera le devoir professionnel à celui de la prise en compte du malheur social d’un père qui a la charge d’un aveugle-né, qui s’est risqué à transgresser une règle de concurrence, le sanctionnant d’un renvoi sans préavis - {24.9} Ces contraintes difficiles pour un handicapé visuel et cardiaque me poussent à « jeter l’éponge ».
Chapitre 25 : Richesse et pouvoir du milieu (47 pages) - {25.1} Analyse de la « conscience » et du « sens moral » - La morale chrétienne - {25.2} La déclaration universelle des Droits de l’Homme - Rerum Novarum - {25.3} La position protestante multiple - {25.4} L’édit de Nantes et la persécution des protestants - {25.5} Histoire de l’Islamisme et ses sources bibliques - {25.6} Les autres philosophies ou pratiques religieuses - {25.7} Analyse de l’époque qui suscita Mahomet - Histoire de Mahomet selon la tradition musulmane et sa valeur historique. Les prophètes de l’Islam sont au nombre de vingt-trois en provenance de l’ancien testament pour trois du nouveau (Zacharie, Jean-Baptiste, Jésus) et du seul Mahomet pour le Coran - {25.8} Place de Marie et du nouveau testament dans le Coran - {25.9} Hypothèse de l’apparition « historique » du christianisme sous Constantin, due à son panégyriste Eusèbe de Césarée (années 265 à 340) qui aurait même inventé les premiers papes - Flavius Josèphe, historien juif du pouvoir romain - {25.10} Qumram, les esséniens, les écrits de la mer morte - {25.11} Synthèse personnelle des circonstances qui ont amené l’émergence de la religiosité chez l’être humain - {25.12} Le soleil, première divinité - {25.13} Le mithraïsme - Renan et le mithraïsme - {25.14} Les études de S. Acharya : concordance des faits rapportés dans les histoires de Mithra - Bouddha - Krishna. – {25.15} Hypothèse de la présence d’une vaste bibliothèque brulée en 389 pour faire disparaître les contradictions avec les nouvelles croyances - {25.16} Le mythe d’Appolonius de Thyane, - {25.17} Les concordances de faits et des noms Demas et Apollos dans la TOB (traduction œcuménique de la Bible) - {25.18} Philostrate l’auteur de la biographie d’Apollonius - {25.19} Conclusion sur la valeur historique des faits rapportés par les écrits de nos croyances.
Complément sur les apparitions de la Vierge à Beauraing rapportés par un oncle qui a connu et interrogé les voyants : (Voir les faits au chapitre 4) - {25.20} Les apparitions depuis Lourdes en 1858 jusqu’à Banneux en 1933 - {25.21} Position de l’Église qui ne les reconnait pas comme manifestations réelles (Leur dévotion est placée sous la responsabilité des Évêques du lieu) - {25.22} Relation détaillée des faits - Culte marial, très en vogue, à l’époque - Similitude de textes dans les trois phénomènes (Lourdes, Fatima, Beauraing) - {25.23} Étude du phénomène par l’historien Joachim Bouflet - Position de l’Église - Épidémie d’apparitions en Belgique dès 1933 - Le « voyant » Côme Tilmant - {25.24} Attitude prudente de l’Église.
Réflexion d’un chrétien de cœur, poète par élévation des sentiments, agnostique par loyauté de pensée et athée par hypothèse de travail, comme Paul Damblon : {25.25} Le parcours de Paul Damblon - {25.26} Christian de Duve, et le chapitre de son livre : « et Dieu dans tout cela » - {25.27} Jean Guitton et les frère Bogdanov - {25.28} Réflexions de Christian de Duve sur les conclusions de Jean Guitton .
Ma mère : personne profondément croyante et très pieuse, qui passera les dernières années de sa vie, chez nous. – {25.29} Les derniers moments de ma mère m’interpellent - {25.30} Son intégration dans notre foyer en 1976 – {25.31} Sa vie en France, réfugiée de la première guerre et la passion qu’elle suscitera là-bas, exprimés dans des vers poignants de grande beauté - Sa vie avec nous, depuis le décès de mon père en 1972, pendant 19 ans, en grand-mère douce et attentive - {25.32} J’ai eu le réconfort d’apaiser les derniers moments de sa vie, en lui transmettant mes convictions qui l’ont délivrée de sa crainte de l’au-delà - {25.33} En contraste avec cette fin paisible, celle de son frère, l’oncle de Vonêche, qui mourut avec les litanies macabres des mourants qu’une sœur bien intentionnée lui hurlait dans les oreilles. – {25.34} Maman et grand-maman (poème)
Chapitre 26 : Les gros sous (13 pages) - {26.1} Le pouvoir de l’argent, la richesse, la sécurité, la considération - {26.2} Les métiers de la « Finance » souvent déconsidérés dans nos civilisations chrétiennes depuis Judas - {26.3} Rappel historique de l’organisation sociale de l’époque féodale centrée sur le seigneur et les serfs « taillables et corvéables à merci » - {26.4} Les « îlots sociaux » flamands et italiens - {26.5} Les révolutions et l’émancipation des serfs - {26.6} L’évolution industrielle et sociale depuis les révolutions et l’avènement de la démocratisation - {26.7} La « tenue des comptes » et l’apparition de la puissance financière - {26.8} La nouvelle fonction « le chef du personnel » qui était dévolue au comptable-employé-payeur - {26.9} Ma carrière, depuis l’âge de vingt ans, et mon expérience professionnelle à partir de la comptabilité à décalque jusqu’aux procédés les plus sophistiques développés de nos jours (j’exerce toujours le métier) - {26.10} L’avenir des micro-puces et des codes barres simplifiant la tenue des stocks et économisant une importante main d’œuvre - {26.11} Histoire d’une petite affaire et de ses filiales qui deviendront importants, dont nous nous occuperons avec mon épouse de 1974 à 1999 - {2.12} Hommage à mes « précieux collaborateurs » de Labofina - {26.13} Quid de la « fraude fiscale » sport bien belge ? -
26a - Vade-mecum de vulgarisation : Fascicule de huit pages, permettant à tout profane de comprendre la comptabilité et d’en saisir le mécanisme à partir de la technique très simple des écritures en parties doubles, imaginée il y a cinq cents ans par le franciscain Luca Pacioli.
Chapitre 27 : Le bonheur, ce distillat subtil de la condition humaine (51 pages) - {27.1} Recherche d’une définition du bonheur - {27.2} Ce souvenir du bonheur, c’est aussi du bonheur disait Salvatore Adamo - {27.3} Évocation de celle qui est à mes côtés, qui vit de fleurs, qui a la voix fraîche comme ses roses, qui est gaie comme les fleurs de son jardin - {27.4} Les enfants, apothéose de la vie, source du bonheur intense - Relation de cet état d’âme en chants dithyrambiques -
Le mariage au Japon de notre fils aîné avec une ravissante japonaise - Analyse et réflexions sur la société et les mœurs japonais - {27.5} Notre séjour d’un mois dans un dépaysement total - {27.6} Cérémonie religieuse shintoïste - {27.7 Culture japonaise, sa richesse, son intériorité, sa convivialité mais aussi sa rigueur, sa supériorité … que nous pénétrons mieux depuis ce voyage - les rapports avec notre belle-fille et le magasin-musée que son mari et elle, tiennent à Bruxelles … Mais surtout nos remplacements pendant leurs périodes d’absences, deux fois par an, pour dénicher des pièces rares - Les coutumes animistes, les traditions, les costumes, la cérémonie - La « maison de mariage » - Co-religiosité de l’animisme et du bouddhisme - {27.8} Nagasaki, la ville martyr - {27.9} Kyoto, la paix et la tranquillité - {27.10} Le château Nijō - {27.11} Le temple Ryōan-ji et son jardin de gravier blanc - {27.12} Kinkaku-ji, le pavillon d’or - {27.13} Nara et le Daibutsu - {27.14} Kasuga shrine et ses lanternes de fer - {27.15} L’importance des Kamis, depuis 1868, qui supplantent le bouddhisme et imposent la croyance en la divinité de l’empereur - {27.16} Le vieux Kyoto et la maiko (apprentie geisha) - {27.17} Le gigantisme de Kobe - {27.18} Karaoké, patchinko, - {27.19} La cérémonie du thé ou chanoyu - ikebana - calligraphie - poterie et céramique - origami (pliage en papier) - confection des kimonos - netsuke - la cuisine et les sushis, sashimis, shikibocho - {27.20} Théâtre kabuki et nô, bunraku (théâtre de marionnettes) - l’écriture (kana et kanji) - le papier, matière noble et le rôle sacré des bandelettes - l’art raffiné de l’emballage - Le Koto, instrument traditionnel que joue notre belle fille - {27.21} Le rôle de la « mama » qui se consacre entièrement à l’éducation de son enfant et les « kagi-ko » (les enfants qui ont la clé) parce que leur mère travaille - La société japonaise d’après guerre est l’œuvre de la femme, l’individu étant materné et sécurisé - {27.22} Rites du passé : hara-kiri ou seppuku - Le miracle japonais de l’adaptation, et sa permanence dans l’histoire.
Notre séjour en Corée auprès de notre « petite sœur » Agnès et de sa famille - Séoul et l’île de Jéju : {27.23} Rappel de ces journées de rêve dans la chaleur de l’amitié profonde - {27.24} Au soir, nous avons diné dans le meilleur restaurant {27.25} Visite du grand musée de Séoul d’une richesse historique incomparable - {27.26} Repas végétarien dans un silence monacal légèrement interrompu par la musique sereine sortant de très anciens instruments - {27.27} Visite étonnante de l’île de Jéju, noire de lave éteinte, et sa centaine de volcans, dans une température paradisiaque - Privilège incomparable, notre ami Michel, géologue, spécialiste mondialement reconnu de l’étude de la stratification très particulière de l’île, nous fait admirer les failles dues à des glissements tectoniques, remontant à plusieurs millions d’années. – {27.28} Nous eûmes l’occasion aussi de voir à l’œuvre les dernières plongeuses récoltant, dans la mer, les Kimpas (algues destinées à certaines préparations culinaires)
Chapitre 28 : Sérénité du crépuscule (30 pages) : {28.1} Les petits-enfants, la richesse des grands-parents - Complicité de deux générations qui se rencontrent dans le rêve et la fantaisie -
Quand on frôle les frontières de la non-existence : {28.2} Je suis en infarctus latent, dont les symptômes se manifestent pendant un jogging que l’intervention rapide et clairvoyante de mon médecin-traitant et des ambulanciers de réanimation, empêchent de se déclarer et peut-être de me tuer - {28.3} Analyse de l’état psychique dit de la crainte de la mort qui semble s’estomper dans les « derniers moments » - {28.4} Évocation d’une peinture rupestre d’un humanoïde mourant, sexe érigé dans un ultime défi, face à un aurochs éventré qui va le charger dans un denier sursaut d’agonie.
Autre expérience de confrontation avec un « au-delà » hypothétique : {28.5} Opération bénigne de la prostate, où je risquai l’infarctus, n’étant plus protégé par une médication anticoagulante - {28.6} Intervention médicale dans une nuit d’angoisse où je risquai la même fin que mon beau-père décédé dans les mêmes conditions (opération de la prostate réussie ave infarctus le lendemain) - {28.7} La pudeur - {28.8} Une bonne forme physique et l’avantage d’un environnement agréable me pousse à réfléchir et « philosopher » d’autant plus que je me sens en danger de mort - {28.9} Quasi certitude d’un univers « sans raison » - {28.10} « les grands SI » - Gordon Kane et les arguments non minimaux - L’avis de Christian de Duve - La fin de « notre monde » - {28.11} Quid de l’émigration vers d’autres systèmes ? - {28.12} Le décès de Jean-Paul II Réflexions sur l’ambiguïté du personnage - {28.13} L’avis de l’abbé Gabriel Ringlet, professeur émérite et ancien pro-recteur de l’Université de Louvain-la-Neuve - {28.14} Féminisation de l’Église - {28.15} Le fléau du sida et la morale de l’Église - {28.16} Le chanoine de Locht.
Conclusions personnelles dictées par le « Bon Sens » et l’expérience d’une existence ouverte à la connaissance et à l’amour : {28.17} Conclusions de « bon sens » - {28.18} Les deux amis qui m’ont formé - {28.19} La richesse de la dualité profonde de l’amour partagé dans la complémentarité, son prolongement dans une grande famille et dans l’ouverture au savoir et à la beauté. - {28.20} Référence à mes « maîtres à penser » : Christian de Duve, Paul Damblon et Jean d’Ormesson - {28.21} « Rien n’est plus responsable que prier » disait le frère Roger de Taizé - La pensée priée dans le sens de l’élévation universelle et soidaire du meilleur de nous-mêmes vers le plus haut, qu’il existe ou n’existe pas.
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CHAPITRE 29 – SYMPHONIE DE L’HARMONIEUX, MÉLODIE DE L’EXISTENCE - Réflexions métaphysiques sous la forme de confidences à un carnet de notes.
TABLE DES MATIÈRES ET DES REPÈRES DU CHAPITRE 29
RAPPEL : Ceux qui voudraient « naviguer » dans les 130 pages du texte peuvent utiliser le curseur qui fera défiler les repères entre petites accolades {x} situés au début de certains paragraphes et ainsi trouver rapidement un passage recherché.
Si on désire prendre connaissance d’une bonne synthèse du travail, il sera intéressant de consulter {29.112} Conclusions générales et de bons sens.
PARTIE 1 : E=mc² {Repères 29.2 à 29.8}
{29.2}Analyse de la formule - Au-delà de 300.000 km. seconde, la matière redevient énergie - {29.3}Hubble et Lemaître – âge de l’Univers = 13,7 milliards d’années depuis la mesure établies par WMAP - Taille de l’Univers en terme de mesure métrique - 29..4} Hiroshima et Nagasaki - Michael Faraday - {29.5} Antoine Lavoisier - Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme - Loi de la conservation de la masse - Émilie de Breteuil (Madame du Chatelet) - {29.6} James Clerck Maxwell - {29.7} Structure interne de notre planète - {29.8}Univers-bourgeon - LHC - Boson de Higgs -
PARTIE 2 : D’où vient la vie ?{Repères 29.9 à 29.14}
{29.10}La vie est-elle un accident unique dans l’Univers ? – {29.11} L’algue bleue a dissocié l’oxygène de l’eau et la vie uni- et multicellulaire a démarré - Confinement et mutation – Les lagons tièdes furent-ils les girons de la vie ? – {29.12} L’importance de l’oxygène – L’ozone - La photosynthèse – Le processus chlorophyllien - {29.13} Les glucides - Les protides - Les lipides - Les sels minéraux - {29.14} Le cycle du carbone est prépondérant dans le système - Le cycle du carbone n’est peut-être pas le seul support d’un processus évolutif aboutissant à l’intelligence ? -
PARTIE 3 : Infini et Éternité . {Repères 29.15 à 29.20}
{29.15}Quand le «moi» est face à son anthropocentrisme de l’infini (l’homme est-il le centre et le dieu de l’univers ?) – {29.17} Existence de Dieu - Jeux de l’esprit pour mieux cerner les concepts de situation dans l’espace - Les calculs des scientifiques n’ont de valeur que par rapport à nous - {29.18} Einstein et le concept d’Espace-temps - {29.19} L’espace et le temps n’ont de valeur que par rapport à un observateur situé dans cet “espace-temps” - Seul existe l’univers-total en perpétuel mouvement depuis toujours.
PARTIE 4 : L’Univers. {Repères 29.20 à 29.22}
{29.21}Origine de l’Univers 13,7 milliards d’années (WMAP) - Le temps et l’espace n’ont de sens que par rapport à un observateur situé dans cet espace-temps – {29.22} L’intelligence est-elle de nature fondamentale ou une faculté dominante des humains ?
PARTIE 5 : Les Grands Initiés {Repères 29.22 à 29.26}
{29.23}L’Univers est-il référentiel ? – Les grands « Initiés » - l’Être Supérieur est-Il l’infini dans lequel nous devrions trouver une place « évolutive ou non » après notre existence terrestre ? – {29.24} Travers de l’anthropocentrisme – {29.25} Élucubrations cérébrales « gymniques » sur des mécanismes théoriques figurés par la boucle comme en informatique.
PARTIE 6 : Le Fondamental ({Repères 29.26 à 29.31}
{29.26} Énoncé du cybernéticien Heinz Von Foerster quant au mécanisme de notre perception - {29.27}Tout n’est qu’illusion - Espace-Temps - {29.28} Rien ou le néant absolu n’existe pas, si ce n’est dans notre vocabulaire - Comment justifier que Dieu a besoin des hommes - Notre monde serait-il né d’une aberration physique ? - {29.29} Super-cordes - Branes - Cordes - Les sept dimensions recroquevillées qui s’ajoutent aux quatre connues - {29.30} Notre univers serait-il un bourgeon de l’Univers-Total ? - La vie n’est possible que dans un univers à trois dimensions -
PARTIE 7 : illusion et Intelligence {Repères 29.31 à 29.40}
Illusion : - {29.31}Rappel de l’énoncé de Heinz von Foerster - Qu’est-ce qu’une illusion ? - {29.32} Nanomètres - Les couleurs et la dizaine de millions de nuances - {29.33}Les découvreurs - La roche et nous - Tout n’est-il qu’illusion ? - Ne sommes-nous que pensée « agissante » dans un mécanisme cellulaire perçu par nos sens dans le but de servir un « Dieu » qui a « besoin » de nous ? - Réflexion sur les démarches philosophico-spirituelles des croyances et religions – Intelligence : {29.33} Qu’est-ce que l’homme et ses septante kilos de matières bien agencées pour agir et penser à l’aide d’un cerveau de mille cinq cents grammes de matières ? – La « pensée » est-elle en puissance ou contenue dans chaque particule de l’univers ? – {29.34} Référence à Teilhard de Chardin et Christian de Duve – {29.35} Il est important de souligner que notre intelligence est uniquement référentielle – Notre évolution est basée sur un mécanisme de sélection par élimination des inadaptés et auto-sélection des autres – {29.36} Le besoin crée l’organe et le milieu modifie le patrimoine génétique (Lamarck) - {29.37}Je pense, donc je suis disait Descartes – Réflexions sur le « Grand Si » et référence à Gordon Kane et au professeur de Duve concernant le cataclysme qui a fait disparaître les grands sauriens – {29.39} Deux dimensions (l’immuable et l’évolutive) - L’infini n’existe pas dans l’absolu {29.40}Proposition d’un plan d’étude du matériel en notre possession pour analyser la faculté de l’intelligence qui nous permet de dominer et gérer notre planète -
PARTIE 8 : La pensée {Repères 29.42 à 29.45}
{29.42}Recherche d’une définition - L’origine de la pensée - l’intelligence - Prédominance de la tribu d’une trentaine d’individus - Prédominance des races intellectuelles -{29.43} Rift Valley - Théorie « buissonnante » de Y. Coppens et P. Picq - Calvaire des nouveaux primates - {29.44} Position debout - La traque des proies faibles - {29.45} Pensée concrète et pensée abstraite - Pensée religieuse -
PARTIE 9 : Nous ou la matière intelligente {Repères 29.46 à 29.50}
{29.46}La mémoire génétique des « animaux » - {29.47} L’australopithèque d’Afars - P. Picq et Y. Coppens (évolution buissonnante) - J. Monod et Y. Prigogine (Hasard et nécessité) - Notre force est venue de notre faiblesse - Notre capacité de changer notre biotope - {29.48} Mégalopoles artificielles - L’écologie est un luxe d’occidental - {29.49} Notre adaptation progressive à un monde artificiel - L’émigration vers d’autres habitats non terrestres est-il réalisable ?
PARTIE 10 : Darwin {Repères 29.50 à 29.54}
{29.50}Référence à Darwin et à sa théorie - {29.51} Exemples d’indices morphologiques de parenté entre les espèces - {29.52} Exemple d’évolution à l’échelle du temps humain du lézard Podarcis - L’élevage par les humains et le comportement des animaux de compagnie - {29.53} Jacques Monod - Teilhard de Chardin - Embarras des scientifiques chrétiens - Les découvreurs n’agissent plus seuls - {29.54} Le Boshiman est un chasseur-ceuilleur resté au stade des premiers humanoïdes -
PARTIE 11 Cohérence et Déduction {Repères 29.55 à 29.59}
{29.55}La cohérence est le rapport logique entre des idées – Apparition du langage et de l’écriture pour traduire la pensée – {29.56}Le raisonnement cohérent et la déduction – Quid du phénomène chez les « animaux » - Les sauvages et les domestiques – {29.57} Étude du phénomène depuis ses origines jusqu’à l’homme évolué -{29.58} L’associativité – Importance des mains et du cerveau : « la fonction crée l’organe et le milieu transforme le patrimoine héréditaire » (Lamarck) – {29.59} Toumaï - Émergence de l’intelligence raisonnée -
PARTIE 12 : Évolution exponentielle. {Repères 29.60 à 29.70)
{29.60} Tableau des Hominidés - {29.61} Référence à Pascal Picq : « Les singes ont évolué en même temps que nous » et « l’évolution du genre humain et l’homme moderne » - {29.62} Principales caractéristiques des Hominidés - Quelques dates importantes de la préhistoire - {29.63} Classification classique de l’Homo habilis - Extraits du livre de Pascal Picq « Au commencement était l’homme » : des origines perdues entre des fossiles, des outils, des gènes et des langues - {29.64} Émergence des rites funéraires - Les Néandertaliens n’étaient pas des hommes très archaïques - Quid de la disparition de l’homme de Néandertal ? - Le site de Caours - {29.66} Modification de notre biotope - {29.67} Variations climatiques pendant notre ère - Problèmes du refroidissement du climat et d’environnement - Espoir dans les performances des scientifiques et des techniciens - Primauté des valeurs morales d’altruisme - {29.68} Sens familial élargi - Le clan - Mondialisation des esprits - {29.69}L’écologie ne se conçoit que dans une entente universelle de restriction et de promotion des valeurs altruistes pour une solidarité universelle. – Conclusions de l’octogénaire sur la primauté des valeurs altruistes.
PARTIE 13: Le Sublime et le bonheur {Repères 29.70 à 29.88}
{29.71} A la recherche d’une définition du sublime - L’intelligence a permis à l’être humain de s’imposer dans son biotope terrien - L’homme a dépassé la fonction mécanique du cerveau - {29.72}Les découvreurs - Origine de l’abstraction - Hasard et nécessité ? - Primauté des occidentaux - {29.73} 1ère réflexion sur la qualité cérébrale du raisonnement - 2ème réflexion : les conditions de survie provoquent un « accident » de mutation - L’être humain est capable de gérer et contrôler lui-même les mutations – {29.74}Le bonheur et ses sources – {29.75} Les vedettes et les meneurs - Les motivations de l’individu - Les idéalistes – {29.76} La place prépondérante des mères - Vers une élite asexuée intellectuellement et physiquement - {29.77} Conclusions.
Digressions littéraires et poétiques sur le sublime. (Repères 29.77 à 29.88)
{29.77} Débordements dithyrambiques pour magnifier le « sublime » qui fait atteindre à l’homme les sommets du lyrisme. – {29.77} L’eau est le principal composant de notre corps - {29.78} L’air est un fluide gazeux constituant l’atmosphère que respirent les êtres vivants - {29.80} Le feu est un dégagement d’énergie calorifique et de lumière accompagnant la combustion vive (Grand Robert) - {29.82} Le soleil est l’astre qui donne la lumière et la chaleur à la terre et rythme la vie à sa surface (ibidem) - {29.83} La terre est la surface sur laquelle les êtres vivants se tiennent et c’est aussi la matière qui forme la couche superficielle de la croûte terrestre - {29.85} La vie est le fait de vivre, propriété essentielle des êtres organisés qui évoluent de la naissance à la mort en remplissant des fonctions qui leur sont communes. (Grand Robert) - {29.87} L’insatisfaction, le sentiment d’inachevé, le lointain impossible, le rêve inaccessible, l’éden perdu, c’est la condition des humains …
PARTIE 14 : Les trous noirs (Repères 29.88 à 29.92)
{29.88} Le Trou noir ou mort d’une étoile - Qu’est-ce qu’une étoile ? - Le preuve de l’existence d’un trou noir - - Les trous noirs constituent la masse/densité absolue – {29.89}Il n’existe actuellement aucune preuve physique de leur existence – Effondrement d’une étoile en effet d’entonnoir pour retrouver peut-être le monde des forces - {29.89} Quel est le sort de notre soleil ? – Le trou noir est « trahi » par le comportement de son environnement - {29.90}Trous noirs gloutons - Disque d’accrétion - – {29.91} Le trou noir « supermassif » ou « galactique » qui existerait au centre de notre galaxie (Sagittarius) – La singularité – {29.92} La matière noire (conclusions de B.Greene) – L’expérience DAMA.
PARTIE 15 : Cordes, Branes, Théorie M. {Repères 29.93 à 29.106)
{29.93}Notes reprises d’un remarquable ouvrage « La magie du cosmos » de Brian Greene (auteur déjà cité) – {29.94}La vitesse de la lumière est constante, il est impossible de la rattraper – {29.95} Expériences de J.Kafele et R.Kating en 1971 (écart de temps entre les horloges au sol et celles à bord de vols commerciaux) – Expérience du faisceau laser qui traverse deux fentes pratiquées sur un morceau de pellicule surexposée prouve que la lumière est une onde – Le temps ne s’écoule pas – {29.96}Le dilemme qui contraria toujours Einstein est celui de la difficulté qu’il rencontrait à combiner électromagnétisme et relativité générale en une seule théorie (ce qui se vérifiait aux échelles de l’infiniment petit ne l’était plus aux échelles de l’espace) - Conflit entre la mécanique quantique et la relativité générale – {29.97} La théorie des cordes – La théorie M – {29.98} les p-branes – Les trois-branes et autres – {29.99} B.Greene (avec d’autres scientifiques) a sondé la matière jusqu’à un milliardième de milliardième de mètre (10-18 ) sans trouver le moindre indice de dimensions supplémentaires – {29.100} Le cosmos répond-il à un phénomène fondamental de renouvellement cyclique ? (collisions cycliques entre les « branes » à l’image d’un « big crunch » à l’échelle de notre monde cosmique – Le temps tel que nous le connaissons ne parcourrait que l’un des nombreux cycles de l’Univers, chaque big-bang serait suivi par un autre, puis par un autre – {29.101} Énumération par B.Greene des découvertes en gestation qui font bien augurer de l’avenir – Autres notes et références utiles -
PARTIE 16 : La Relativité. {Repères 29.106 à 29.112)
{29.106}La relativité et le dilemme d’Einstein - Relativité restreinte et généralisée (Einstein) – {29.107}La vitesse de la lumière – Le temps et l’espace ont la même origine – Origine historique de l’Univers – Le satellite explorateur WMAP a permis d’affirmer que l’univers est « fini » - {29.108}Le « mur de Planck » - La découverte de Hubble en 1929 – {29.109}La théorie des Super-cordes (minuscules filaments d’énergie) – Expérience du seau d’eau suspendu à une corde tordue qui tourne et comportement étonnant de la surface de l’eau qu’il contient – {29.110}Référence à Ernst Mach – {29.111}Quid de la téléportation (reproduire un être à l’identique en le télécopiant ailleurs dans l’espace) ? – Quid aussi des voyages dans le temps ?
PARTIE 17 : Conclusions générales et de bon sens {Repères 29.112 à 29.124}
{29.113}L’Univers ne peut être qu’organisé, ce qui exclut anarchie et désordre - Le hasard n’existe pas dans l’absolu – L’Univers est ce qu’il est ou il n’est pas et le néant est impossible – Suivant notre logique cartésienne, si il y a un big bang, il y a un big crunch avant un autre big bang – {29.114} Des découvertes récentes démontrent le contraire – {29.115} Une explication serait que notre univers perceptible n’est qu’un épiphénomène-bourgeon – {29.116} Quid de l’antimatière ? – Quid de la théorie de l’accident à la loi de l’annihilation de la matière par l’antimatière qui aurait provoqué l’Univers ? - Plus on descend dans l’infiniment petit, plus on perd trace de sa matière qui prend l’apparence de « forces » - {29.116}Le LHC du Cern à Genève et le FERMILAB de Chicago - {29.117}Matières : épiphénomène de notre Univers ? - {29.118} Référence à Theilhard de Chardin - {29.119} Conclusions personnelles et synthèse de bon sens.
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16:47 Publié dans Culture |





